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Coupe du monde | Les Argentins victorieux font vibrer la Petite Italie

La rue Dante de la Petite Italie s’est parée des couleurs de l’Argentine lundi après-midi : entre les nuages de fumée bleus et blancs des fumigènes, portés par leurs chants, les partisans de l’Argentine – et de Lionel Messi – ont fêté bruyamment leur victoire de 2-0 face à l’Autriche.

Publié hier à
19 h 45

Avant le match, l’ambiance est déjà au rendez-vous au café Conca d’Oro, reconnu depuis plusieurs années comme un quartier général des fans de l’équipe argentine. À l’intérieur, une musique latine invite au déhanchement. Ça rit, ça parle, empanadas dans une main et fernet – une boisson alcoolisée herbacée typique du pays – dans l’autre.

Mais l’ambiance change dès que l’Albiceleste entre sur le terrain. Dans le café, certains ont déjà l’air concentrés, le regard rivé sur les téléviseurs, les bras croisés, prêts à ce que l’action commence. Mais pour la plupart, c’est l’heure de crier « Argentina » à pleins poumons comme le Montréalais d’origine argentine Felipe Ansaldo et ses amis. Drapeaux sur le dos, ces derniers animent la centaine de fans installés sur la terrasse par leur entrain contagieux.

PHOTO SIMON LALIBERTÉ, LA PRESSE

De nombreux supporters étaient présents autant à l’intérieur que sur la terrasse du café.

« On n’a peur de rien, mais on est toujours sur les nerfs. Si tu veux être champion, tu ne peux rien tenir pour acquis », affirme Felipe en parlant de son pays d’origine, l’Argentine, grand gagnant de la dernière Coupe du monde.

Pour lui, l’ambiance n’est pas tout à fait celle d’un stade au pays, mais le café Conca d’Oro reste « le plus proche qu’on puisse trouver » ici, à Montréal.

Le propriétaire, l’Italo-Uruguayen Gino Dini, abonde en ce sens. « Si tu veux t’asseoir et être tranquille, [il ne faut] pas venir ici », avertit-il en riant. Il se rappelle encore la foule délirante de plus de 1000 personnes rassemblées autour de son commerce lors du triomphe de l’Argentine contre la Colombie à la Copa América en 2024.

PHOTO SIMON LALIBERTÉ, LA PRESSE

Selon Gino Dini, l’ambiance de son café se compare à celle d’un stade : « on ne peut pas s’asseoir, on danse, on a chaud, on crie dans les oreilles ».

M. Dini pensait tout de même que le café serait plus tranquille en ce début d’après-midi. Or, il faut croire que la réputation de son bar le précède. Une foule de quelque 300 fans de soccer était au rendez-vous.

Une percée de La Pulga 

Au début du match, la foule est sur le qui-vive, penchée vers l’écran. Les cris de déception – ponctués par moments de quelques jurons – s’enchaînent, à mesure que le ballon frôle le but.

PHOTO SIMON LALIBERTÉ, LA PRESSE

Assises, au centre, les deux amies Mika et Valentina ont déjà « hâte » au match de l’Argentine contre la Jordanie samedi prochain.

« Aujourd’hui, leur jeu est plus tranquille », déplorent les deux amies d’origine argentine Mika et Valentina, qui travaillent à la boutique spécialisée en soccer Evangelista, juste à côté. « Mais ça va, on a tellement bien gagné le premier match [contre l’Algérie], on ne va pas perdre », lance l’une d’elles.

Leur confiance a été récompensée. À la 38e minute du jeu, Lionel Messi, surnommé La Pulga – la Puce, en français – fidèle à son surnom, marque le premier but. La foule du Conca d’Oro scande son nom en chœur. « On est arrivés juste à temps pour le premier but ! On est là pour l’émotion », se réjouit Lyne Ratthy. Elle et son mari sont venus spécialement de Terrebonne pour profiter de la célèbre ambiance du café Conca d’Oro.

PHOTO SIMON LALIBERTÉ, LA PRESSE

Lyne Ratthy et son mari, fans de soccer, se sont déplacés de Terrebonne pour profiter de l’ambiance du café Conca d’Oro.

Les hymnes emblématiques des supporters argentins s’enchaînent jusqu’au dénouement du match à la 95e minute de jeu : un nouveau but de Messi.

Dès le coup de sifflet final, la foule se rue hors du café pour célébrer dans la rue la qualification de l’Albiceleste en seizièmes de finale. Aux rythmes de tambours, les partisans dansent et sautent en chœur.

« La dernière fois, les célébrations ont duré un bon deux heures », se souvient Ginda Girolamo, accoudée au comptoir du café. Elle habite en face de ce dernier. Le bruit ne la dérange pas : elle se réjouit plutôt d’être témoin de cette « joie » collective.

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