Québec | Des thermopompes gratuites pour 20 000 ménages à revenus modestes

Ceux qui ont moins d’argent pourront désormais bénéficier d’une maison plus écoénergétique. Des investissements d’Ottawa, de Québec et d’Hydro-Québec permettront à 20 000 ménages québécois moins nantis de faire des rénovations vertes sans frais, à commencer par une thermopompe dès cette année.
Publié hier à
11 h 00
À temps pour les premières vraies grandes chaleurs, les deux ordres de gouvernement ainsi qu’Hydro-Québec en ont fait une annonce commune lundi matin. Au total, plus de 243 millions de dollars seront consacrés à améliorer l’efficacité énergétique de 20 000 ménages à revenus modestes. C’est l’équivalent du nombre de familles qui vivent à Saint-Eustache.
Ces ménages seront sélectionnés à partir d’Éconologis, un programme existant du gouvernement québécois pour améliorer l’efficacité énergétique pour les propriétaires ou locataires moins nantis. Ils seront ensuite accompagnés vers un nouveau volet du programme Logis-Vert d’Hydro-Québec, consacré à la mesure.
Seuils de revenus maximaux (avant impôt) admissibles au programme Éconologis :
- 1 personne : 59 076 $
- 2 personnes : 83 541 $
- 3 personnes : 102 318 $
- 4 personnes : 118 148 $
- 5 personnes : 132 094 $
- 6 personnes et plus : 144 705 $
Source : Éconologis
La mesure vient bonifier le soutien déjà existant en permettant dès cette année l’installation de thermopompes pour les 20 000 ménages ciblés. Des portes et fenêtres et des thermostats intelligents seront ajoutés en 2027. Il s’agit d’un accompagnement clés en main, c’est-à-dire que les personnes admissibles n’ont pas à payer les travaux en amont : tout est gratuit.
PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE
La ministre de l’Environnement du Québec, Pascale Déry
« C’est une importante annonce pour la transition énergétique du Québec, autant pour la transition que pour le portefeuille des Québécois », a souligné lundi matin Pascale Déry, ministre de l’Environnement du gouvernement québécois. « Les retombées vont encore plus loin, car l’énergie économisée grâce à ces mesures pourra être réinvestie pour soutenir la décarbonation au Québec. »
« Chez Hydro-Québec, nous avons la conviction que la transition énergétique doit être inclusive, a renchéri Dave Rhéaume, vice-président exécutif de la société d’État. Nous avons annoncé au cours des dernières années une ambition sans précédent en efficacité énergétique. Nous allons investir plus de 10 milliards de dollars pour aider les entreprises, les citoyens et les grandes industries à économiser sur leur facture d’énergie. Et ça, ça ne peut pas se faire sans les ménages les plus vulnérables », a-t-il indiqué.
La mesure s’inscrit dans le cadre d’un accord de financement entre Ottawa et Québec, à travers le Programme canadien pour des maisons abordables plus vertes. Hydro-Québec investit dans l’annonce à la hauteur de 61,2 millions de dollars, et le gouvernement du Québec ajoute 9,7 millions de dollars.
Un pas en avant du fédéral
En plus du Québec, le gouvernement fédéral a annoncé lundi matin que le Programme canadien pour des maisons abordables plus vertes était élargi à trois autres provinces, soit la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. « Chauffer sa maison, la rafraîchir durant l’été, la garder confortable toute l’année : pour beaucoup de familles, c’est devenu l’un des postes de dépenses les plus importants du budget mensuel », a noté Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature du Canada. Au total, le gouvernement fédéral investit 300 millions pour étendre son programme d’un océan à l’autre.
Au Manitoba – où le coût de l’énergie est plus élevé qu’au Québec –, les économies d’un ménage qui bénéficie du programme peuvent s’élever à 1700 $ par année, a assuré la ministre.
« Les bâtiments sont la troisième source en importance d’émissions de gaz à effet de serre au Canada et 96 % de ces émissions proviennent du chauffage, a-t-elle aussi rappelé. En remplaçant un système vieillissant par un système efficace, la facture et les émissions diminuent en même temps. »
Les Canadiens n’ont pas à choisir entre limiter les coûts, améliorer la qualité de l’air et faire face aux changements climatiques.
Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature du Canada
À partir de cet été, la responsabilité de l’efficacité énergétique au pays transitionnera du ministère des Ressources naturelles du Canada à celui de l’Environnement, a aussi dévoilé le ministre des Ressources naturelles, Tim Hodgson. Julie Dabrusin pilotera donc la Stratégie nationale d’électrification, qui fera l’objet d’annonces à venir.
« À travers [cette stratégie], qui respecte les juridictions provinciales, nous sommes engagés à soutenir la modernisation des systèmes d’efficacité énergétique pour jusqu’à un million de maisons à travers le Canada », a-t-elle déclaré. « Donc il y a plus à venir ! »
Ces annonces ont été faites en parallèle de la 11e Conférence mondiale annuelle sur l’efficacité énergétique de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Plus de 600 décideurs et représentants de l’industrie sont réunis au Palais des congrès de Montréal pour deux jours. Montréal est la première ville en Amérique du Nord à accueillir l’évènement.



