EXCLUSIF. Cédric Jubillar passe aux aveux et reconnaît sa responsabilité dans la disparition de son épouse Delphine, cinq ans après les faits

Coup de théâtre dans l’une des affaires criminelles les plus retentissantes de ces dernières années en France : Cédric Jubillar, accusé d’avoir tué son épouse Delphine et condamné en octobre 2025 à trente ans de réclusion criminelle, vient de faire des aveux auprès de l’un de ses avocats, Me Pierre Debuisson. Dans une lettre manuscrite, il reconnaît pour la première fois sa culpabilité dans la disparition de sa femme, en décembre 2020 dans le Tarn. Tout est à refaire à la veille d’un second procès.
C’est un véritable coup de tonnerre. Un rebondissement hors norme dans le dossier criminel le plus retentissant de ces dernières années. Le mystère sur l’affaire Jubillar vient d’être percé par le principal mis en cause, cinq ans après le placement en détention de Cédric Jubillar pour le meurtre de son épouse, Delphine, en décembre 2020, dans le Tarn.
Les avocats de Cédric Jubillar, Guy et Pierre Debuisson./DDM.
Alors que Cédric Jubillar doit être rejugé dans deux mois, en appel, à Toulouse, accusé du meurtre de sa femme, le peintre-plaquiste de 38 ans vient de faire des révélations fracassantes. Dans une lettre manuscrite remise ces dernières semaines à l’un de ses deux avocats, Me Pierre Debuisson, il reconnaît formellement son entière responsabilité dans la disparition de sa femme, Delphine Jubillar, née Aussaguel. “Il m’a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité”, confirme en exclusivité à La Dépêche du Midi le pénaliste toulousain Pierre Debuisson, avec qui Cédric Jubillar a noué une relation de confiance depuis janvier 2026, derrière les barreaux de la maison d’arrêt de Seysses (31).
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Cinq ans passés en isolement
Une lettre, mais aussi de nombreuses déclarations venant corroborer son récit auprès de Guy Debuisson lors de ses dernières visites au parloir de la prison. Ces deux avocats, père et fils, dont les noms sont associés aux dernières grandes affaires criminelles de la région (Viguier, la joggeuse de Bouloc ou la disparition d’Amandine Estrabaud), sont parvenus à libérer la parole d’un homme qui s’était jusqu’alors verrouillé face à la surmédiatisation de cette affaire et à la prise de médicaments. Des neuroleptiques et antipsychotiques qui auraient contribué à le fragiliser après cinq années passées à l’isolement, depuis le 18 juin 2021, date de son incarcération.
“Il a reconnu sa participation”
“Durant ces derniers mois, j’ai pu créer un véritable lien de confiance avec Cédric Jubillar. J’ai senti un homme affaibli, mais qui avait besoin de parler. Et au fil de nos rencontres, il a reconnu sa participation dans cette affaire, avec soulagement, après toutes ces années où il s’est senti maltraité par les enquêteurs et harcelé par la pression médiatique. Dans cette démarche, il veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants. Je suis fier de ce travail effectué pour la manifestation de la vérité et dans l’intérêt de la justice”, ajoute Pierre Debuisson, grand artisan de ce coup de théâtre judiciaire.
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Dans cette lettre, que nous avons pu consulter, Cédric Jubillar revient sur cette soirée du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines (Tarn). Une énième dispute éclate ce soir-là au sein du couple, sur fond de crise conjugale, alors que l’infirmière tarnaise de 33 ans envisage de refaire sa vie avec son amant. La dispute dégénère dans un climat extrêmement tendu où des insultes auraient fusé. “Pour l’heure, Cédric Jubillar réserve les détails des circonstances de la disparition de son épouse à la justice et se met entièrement à sa disposition pour livrer toutes les précisions nécessaires”, poursuivent ses deux avocats.
La voiture Peugeot 207 bleue a bel et bien été utilisée pour transporter la dépouille de Delphine Jubillar. Sur la localisation du corps, le détenu se dit également prêt à donner tous les éléments utiles à la vérité. Mais selon lui, plusieurs éléments constitutifs du faisceau d’indices graves et concordants ne correspondent pas à la réalité. Notamment la position de la voiture. Un véhicule qui, malgré son déplacement, n’a pas changé de sens de stationnement, contrairement à ce qu’ont toujours affirmé de nombreux témoins, dont la “meilleure” amie de Delphine Jubillar.
Le procès aura-t-il lieu en septembre ?
Ces aveux consignés par écrit constituent un tournant majeur plus de cinq ans après les faits. Un revirement de situation qui va désormais contraindre la justice à repartir de zéro, puisque tout est à refaire.
Ni les enquêteurs de la gendarmerie, ni les magistrats instructeurs, ni les différents juges de la cour d’appel n’ont pu obtenir en cinq ans d’enquête, malgré leurs convictions, ce que les nouveaux avocats de Cédric Jubillar parviennent aujourd’hui à mettre au jour. Un supplément d’information pourrait être ouvert par la présidente, Marie Leclair, avec à la clé plusieurs actes à réaliser.
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Retrouver le corps de son épouse disparue
D’abord entendre Cédric Jubillar et consigner dans un procès-verbal d’audition ses aveux sur la disparition de sa femme. Une étape essentielle à laquelle le principal intéressé s’est déjà préparé. Ensuite, des recherches devraient être entreprises, sur les propres indications du détenu, pour retrouver les restes de la dépouille de son épouse. Sera-t-il possible, en fonction des analyses effectuées, de déterminer les causes de la mort ? C’est évidemment tout l’enjeu de ces nouvelles investigations qui risquent de prendre du temps. Le nouveau procès, qui doit s’ouvrir devant la cour d’assises d’appel de Toulouse le 21 septembre pour durer quatre semaines, prendra forcément une autre dimension. En première instance, à Albi, Cédric Jubillar avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour meurtre. Jusqu’ici, il avait toujours clamé son innocence.
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Ses avocats de l’époque, Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, avaient fait appel de cette condamnation. En début d’année 2026, Cédric Jubillar a mis fin à la collaboration avec ce duo pour saisir Mes Pierre et Guy Debuisson. En reconnaissant sa culpabilité, le peintre-plaquiste est désormais libéré d’un poids. On peut imaginer le soulagement du côté des parties civiles qui n’ont – quant à elles – jamais douté de son implication dans toute cette affaire.




