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France | Marine Le Pen en attente d’une décision cruciale pour la présidentielle 2027

(Paris) La cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen est arrivée mardi en début d’après-midi à la cour d’appel de Paris pour connaître la décision dans son procès pour détournement de fonds européen, qui pourrait la priver de candidature à l’élection présidentielle de 2027.

Paul AUBRIAT et Tiphaine LE LIBOUX

Agence France-Presse

Marine Le Pen est arrivée au palais de justice de Paris vers 13 h 15 (7 h 15 heure de l’Est), sous les caméras des nombreux médias présents. Vêtue d’une veste rose pâle et d’un pantalon noir, elle a glissé « Ça va, ça va » et s’est tournée vers ses fidèles venus la soutenir : « Merci d’être là ».

Autant qu’une éventuelle condamnation, c’est la durée de sa peine d’inéligibilité qui sera scrutée : plus de deux ans et il lui sera impossible de se présenter une quatrième fois à la présidence, alors que l’extrême droite est donnée en tête des sondages.

Si la cour la déclare à nouveau coupable, les minutes paraîtront interminables jusqu’au prononcé de sa peine, qui devrait être dévoilée à la fin des plusieurs heures de lecture du délibéré. Dix autres cadres du parti sont également jugés.

Si elle ne peut se présenter, elle laisserait alors la place à Jordan Bardella, 30 ans, qui a pris en 2022 sa succession à la tête du parti du Rassemblement national (RN). Elle devrait officialiser sa décision sur une candidature au journal télévisé de 20 h de la chaîne TF1.

PHOTO STEPHANE MAHE, REUTERS

Jordan Bardella

« Nous avons anticipé tous les scénarios », a assuré lundi ce dernier depuis le Parlement européen à Strasbourg, se disant « sereins et prêts à assumer les conséquences » de la décision de la justice.

Le 31 mars 2025, Marine Le Pen a été reconnue coupable d’avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un « système » pour payer avec de l’argent du Parlement européen des salariés du Front national (l’ancien nom du parti), qui traversait alors des difficultés financières.

Elle a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, 100 000 euros (162 480 dollars canadiens) d’amende et surtout une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, brisant son élan vers la présidentielle.

Elle avait dénoncé une décision « politique » des juges et une « chasse aux sorcières ».

« Libre de ses mouvements »

Après ses échecs au second tour en 2017 et 2022 contre Emmanuel Macron (et au premier tour en 2012), la fille de Jean-Marie Le Pen – figure historique de l’extrême droite française et fondateur du Front national (devenu Rassemblement national en 2018) – a le vent en poupe pour le scrutin de l’année prochaine, couronnement d’années de « dédiabolisation » du parti.

Les sondages la donnent en tête du premier tour, prévu le 18 avril. Fin mai, un institut l’annonçait même gagnante au second tour, le 2 mai, quel que soit l’adversaire.

Quelle que soit la décision, « nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu’au bout, jusqu’à la victoire », a-t-elle lancé samedi, aux côtés de Jordan Bardella, dans son fief électoral du nord de la France.

Théoriquement, une inéligibilité réduite à deux ans ou moins lui permettrait de se présenter, car elle serait éligible au jour du premier tour – le décompte de la peine débute au 31 mars 2025.  

Mais Marine Le Pen, 57 ans, a également évoqué l’hypothèse d’un bracelet électronique, estimant qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne si elle était condamnée à en porter un. « Quand on est candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements », a-t-elle affirmé mercredi sur la chaîne LCI.

En première instance, elle avait écopé de quatre ans de prison, dont deux ans ferme sous surveillance électronique.

À l’issue du procès en appel, les trois magistrats de la cour d’appel ont eu près de cinq mois pour répondre à une première question : Marine Le Pen est-elle coupable d’avoir détourné des fonds publics en faisant embaucher par les eurodéputés de son parti des assistants, payés par le Parlement européen, dont les activités n’étaient en fait qu’au seul bénéfice du parti ?

Lors des nouveaux débats, elle a fait valoir sa « bonne foi » et rejeté toute idée de « système » de détournement de fonds.

Le parquet a, lui, fustigé une « organisation », d’abord « artisanale » lors de sa mise en œuvre par Jean-Marie Le Pen en 2004, puis « professionnalisée » à partir de 2012 par sa fille, qui lui avait succédé un an plus tôt à la tête du parti.

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