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REPORTAGE. Voitures électriques : “Dans les années à venir, les gens vont se battre” En période de grands départs, la crainte des incivilités sur les bornes de recharge

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Les bornes de recharge vont tourner à plein régime en ce weekend de grand départ en vacances. Les aires d’autoroutes pourraient concentrer tensions et incivilités, et plus particulièrement au niveau des bornes de recharge électrique.

Yannick regarde d’un œil mauvais l’utilitaire venu se garer à côté de sa Tesla. Il a bien remarqué qu’il s’agissait d’un véhicule thermique. “Vous voyez, ça, c’est un mauvais élève.” Ce vendredi 10 juillet, classé rouge par Bison Futé, sur l’aire de péage du Frontonnais (Haute-Garonne) comme partout ailleurs, des véhicules non électriques viennent stationner au niveau des bornes de recharge. Manque d’attention, volonté de se garer à l’ombre… Pour cet utilitaire immatriculé dans l’Hérault, l’erreur est pourtant volontaire. “Eh Michel, oublie pas de brancher la prise”, lui glisse son passager, hilare.

Le “mauvais élève”, ce Peugeot Boxer stationné sur une place dédiée aux véhicules électriques.
DDM

À côté d’eux, Yannick souffle : “Je suis en vacances, je n’ai pas envie de m’énerver. Heureusement qu’il y a de la place ailleurs, sinon je leur aurais dit quelque chose.” Les incivilités sont partout, même aux bornes de recharge de l’aire de péage du Frontonnais. Il y a aujourd’hui 192 000 bornes ouvertes au public dans le pays, soit douze fois plus qu’en 2016. Mais cela n’empêche pas de créer des files d’attente en période de forte affluence. Et lorsque les véhicules thermiques se garent en plus sur une place dédiée à la recharge, il y a de quoi râler. “Une fois, j’ai dit à un mec que j’allais le suivre jusqu’à la pompe à essence et poireauter devant pour qu’il voie ce que ça fait”, poursuit Yannick.

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Un trajet rallongé par les temps de charge

Dotée de 13 charges Engie dites “super-rapides”, l’aire d’autoroute haut-garonnaise se prépare à l’assaut des vacanciers roulant à l’électrique ce week-end. Pour l’heure, l’affluence est encore faible. Un homme sort de sa Kia Sportage en se tenant le dos. “Aïe, j’ai mal aux fesses.” Il descend de Bretagne pour aller jusqu’à Perpignan. C’est son troisième arrêt. “On s’arrête le temps de manger un peu. On en a pour 20 minutes de charge à peu près”, nous dit-il. Propriétaire depuis deux ans d’un véhicule électrique, il ne regrette pas son achat mais parle de “sacrifices” lorsqu’il part en vacances. “Je peux prendre environ 1 heure à 1 h 30 en plus sur des longues distances en comptant le temps de charge. Pour les enfants, ce n’est pas trop grave parce que ça leur fait des pauses-pipi mais pour le conducteur, le temps est un peu long.” Le fait que la station du Frontonnais ne soit pas saturée le soulage un peu : “Ce n’est pas partout comme ça. C’est demain que ça deviendra compliqué.”

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Stationné à côté de lui, un couple d’Allemands déguste des sandwichs dans leur Seat électrique. De Barcelone au gouffre de Padirac (Lot), Stefanie et Sven ont eu le temps d’en voir, des bornes. “La France est mieux dotée que l’Allemagne”, estiment-ils. Au cours de leurs pérégrinations, ces touristes n’ont eu aucune peine à trouver de quoi recharger leur véhicule.

Une électrification massive mais suffisante ?

Aujourd’hui, les 180 aires du réseau Vinci Autoroutes sont équipées de stations de recharge ultrarapides. “Et 44 aires de repos le sont également, pour continuer à densifier le maillage sur les plus grands axes”, nous explique Carole Mezy, responsable communication du concessionnaire autoroutier. Une électrification massive qui n’est pas “suffisante” au regard de Jean-Michel, électromobiliste depuis 2 ans. “Dans les années à venir, on va avoir un problème. Les gens vont se battre.” Lui aussi a remarqué quelques comportements peu civiques en période d’affluence. “Il arrive que des propriétaires de voitures électriques restent branchés même après la fin de la charge, le temps de manger.” Certains opérateurs facturent des pénalités pour ces occupations prolongées. Mais les bons réflexes ne sont pas connus de tous.

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C’est pour cette raison que des équipiers “gilets bleus” veillent à la bonne rotation des véhicules sur les aires les plus prisées. “On accompagne les nouveaux usagers sur les différentes options de charge”, détaille Raphaël Delachaux, chef du district Midi-Toulousain pour Vinci Autoroutes. Et quand il y a de l’électricité dans l’air, “on rappelle les règles de courtoisie”.

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