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Quart de finale Norvège – Angleterre | Deux équipes, des vedettes, une journée chargée !

(Miami) La journée a commencé avec le sourire d’Angela. Et c’est aussi comme ça qu’elle s’est terminée.

Mais entre-temps, la chauffeuse de la navette de la FIFA à Miami avait autant, sinon plus, de pain sur la planche que moi. Angela devait mener les journalistes affectés à la couverture de la veille du match de quart de finale entre la Norvège et l’Angleterre à travers la grande région de la ville floridienne, vendredi.

PHOTO JEAN-FRANÇOIS TÉOTONIO, LA PRESSE

Angela, la chauffeuse de la navette médias de la FIFA à Miami

Elle nous a fait monter à bord de son autocar à notre hôtel de Hallandale Beach, en matinée. Sa run de lait l’a fait rouler jusqu’à Miami Gardens, au stade des Dolphins – où se jouent les matchs du Mondial – pour les conférences de presse d’avant-match. Ainsi qu’à Fort Lauderdale, au stade de l’Inter Miami – où se sont entraînées les deux équipes. Pour ensuite nous ramener à Hallandale Beach en toute fin de journée.

Le hic, c’est que les entraînements et les conférences de presse des deux équipes n’étaient pas consécutifs. Il fallait faire l’aller-retour entre Miami Gardens et Fort Lauderdale à chaque fois. Mais pour Angela, qui compte 10 ans de carrière, pas de problème. « Je préfère être occupée que l’inverse ! », m’a dit la chauffeuse, dont le regard restait chaleureux en fin d’après-midi.

Le premier arrêt, quelques heures plus tôt, était à Fort Lauderdale afin d’assister à l’entraînement de la Norvège, qui a vaincu le Brésil 2-1 pour atteindre les quarts pour la première fois de son histoire. Les caméras étaient plus nombreuses que jamais depuis le début du tournoi, du moins en ce qui me concerne. Et elles étaient majoritairement tournées vers Erling Haaland. Qui d’autre ?

PHOTO PATRICIA DE MELO MOREIRA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Erling Haaland et la sélection norvégienne à l’entraînement vendredi

Haaland, cet artilleur qui semble venu d’un autre monde, a déjà inscrit sept buts dans ce Mondial. Non seulement ça, mais le joueur de Manchester City a aussi conquis le cœur des Américains aux États-Unis cet été. Grâce à son talent, certes. Mais aussi en raison de son authenticité, sur le terrain comme sur les réseaux sociaux.

Haaland est né en Angleterre en 2000, alors que son père Alf-Inge évoluait avec Manchester City, justement. « C’est vraiment spécial, a-t-il dit jeudi. Je joue en Angleterre, je suis né en Angleterre et je vais jouer contre des coéquipiers […], donc c’est un peu étrange. »

Une « génération dorée » en Norvège ?

Je retrouve Angela, et l’air climatisé de son autocar, pour faire les 45 minutes de route jusqu’à Miami Gardens et assister à la conférence de presse de Ståle Solbakken, le sélectionneur norvégien.

Solbakken a confirmé que tous ses joueurs étaient « en santé et en forme », un atout aussi important qu’impressionnant à ce stade-ci de la compétition. Il a aussi été question du duel entre Harry Kane et Erling Haaland, et de la possibilité d’un affrontement particulièrement offensif ce samedi.

PHOTO CHANDAN KHANNA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le sélectionneur norvégien Ståle Solbakken

« C’est la Norvège contre l’Angleterre, a répondu Solbakken. Mais je ne pense pas que c’est un secret que Kane est leur joueur le plus décisif, et que Haaland est notre joueur le plus décisif. »

Selon le technicien, la Norvège ne vit pas nécessairement avec une « génération dorée » actuellement, puisqu’il y a un écart important dans l’âge de ses joueurs.

« Nous avons des joueurs de 30 ans et plus, dit-il. Nous avons des jeunes de 18 à 20 ans. Et nous avons ceux du milieu, qui atteignent leur apogée en ce moment, comme Haaland, Martin Ødegaard et Sander Berge. Ça vient d’un travail acharné de la fédération et des clubs. Tout le monde en Norvège aime le sport. Les clubs travaillent vraiment bien au quotidien. C’est pour ça que nous sommes ici aujourd’hui. »

Sous le regard de Beckham

Fidèle au poste, Angela m’attend pour un autre aller-retour à Fort Lauderdale. Cette fois, ce sont les Anglais qui vont s’entraîner.

Les joueurs des Three Lions entrent sur l’un des terrains du complexe de l’Inter Miami. Et une figure emblématique les observe. Non, pas moi. Mais bien David Beckham, propriétaire de l’Inter Miami. Et accessoirement… légende du soccer anglais.

PHOTO PATRICIA DE MELO MOREIRA, AGENCE FRANCE-PRESSE

David Beckham (à droite) a assisté à l’entraînement de la sélection anglaise en compagnie de ses fils, vendredi.

« Il est venu nous dire bonne chance », dira Harry Kane à côté du sélectionneur Thomas Tuchel, quelques heures plus tard, après que nous aurons fait la route de retour vers le stade de Miami.

« Pour être honnête, après la plupart des matchs, il m’envoie un message et on reste en contact. On sait tous à quel point ça comptait pour lui de représenter l’Angleterre, d’être le capitaine et de jouer comme il l’a fait chaque fois qu’il a porté le maillot. »

PHOTO MARTA LAVANDIER, ASSOCIATED PRESS

Harry Kane et l’entraîneur Thomas Tuchel

Harry Kane le porte depuis 2015, lui. Et il en est le capitaine depuis la Coupe du monde 2018. S’il y avait « moins d’attentes » envers cette « jeune équipe inexpérimentée » en Russie, avance Kane, les récents succès de cette Angleterre finaliste aux deux derniers Euros a bien « préparé » ses joueurs à la « situation » actuelle.

Mais il n’y en aura pas de facile devant la Norvège de Haaland, auteur de 56 buts toutes compétitions confondues en 2025-2026, avec Manchester City et la Norvège. D’ailleurs, Kane pense que les deux attaquants sont « deux joueurs complètement différents », même si leurs statistiques respectives se retrouvent dans une autre stratosphère : Kane a inscrit 73 buts (!) cette saison, avec le Bayern Munich et l’Angleterre.

« Je sais qu’on est vus tous les deux comme des attaquants, dit l’ancien de Tottenham. Mais on joue presque deux positions différentes, pour être honnête. Erling a été incroyable. C’est une machine, une bête. Sa finition est au plus haut niveau. […] J’aime toucher le ballon et être impliqué dans le jeu un peu plus. Mais c’est difficile de se comparer. Je le respecte beaucoup en tant que joueur et professionnel. J’espère qu’il aura un match tranquille [samedi] ! »

On sort de la conférence de presse en soirée. Le soleil qui a chauffé ma peau toute la journée est en train de se coucher. Angela attend sa troupe de médias. Je m’assois dans son véhicule pour écrire les mots que vous lisez présentement.

Moins d’une heure plus tard, j’en sors pour la dernière fois de la journée. « On se voit demain ! », lance la chauffeuse, avec le même entrain qu’au petit matin, avant de disparaître derrière ses vitres teintées.

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