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Incendie de forêt à Fontainebleau | Les Canadair entrent en Seine

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Quatre Canadair, « mythiques » avions-citernes d’origine canadienne, survolent le sud de Paris alors qu’un violent incendie fait rage près de la capitale française depuis dimanche soir. Un évènement qui rappelle que ces bombardiers d’eau – passés près de disparaître – demeurent essentiels dans la lutte contre les incendies de forêt, tant au Canada qu’en Europe.

Un avion inusité en région parisienne

Si, au Québec, il est rare d’entendre le mot « Canadair » – on parle plutôt d’avions-citernes ou de bombardiers d’eau –, ce mot est sur toutes les lèvres en région parisienne depuis lundi.

C’est que quatre de ces appareils ont été appelés en renfort pour aider à maîtriser un incendie qui ravage actuellement la forêt de Fontainebleau, située à 60 km au sud-est de Paris. Et bien qu’ils aient décollé du sud de la France, c’est la première fois qu’ils peuvent être observés si près de la capitale.

PHOTO THOMAS SAMSON, AGENCE FRANCE-PRESSE

Un avion bombardier d’eau Canadair remplit son réservoir à même la Seine, à Chartrettes, alors que les pompiers français luttent contre un incendie dans la forêt de Fontainebleau.

Depuis, des images de ces avions descendant vers la Seine pour s’approvisionner en eau avant de repartir vers le ciel ont envahi les médias et les réseaux sociaux français.

« C’est intéressant de voir la réaction des Parisiens », souligne, un brin amusé, John Gradek, expert en aviation et chargé de cours à l’Université McGill. « La plupart d’entre eux n’ont jamais vu ça ! »

Un incendie exceptionnel

La France possède une douzaine de ces appareils, mais habituellement, ils sont plutôt utilisés dans des régions où se déclenchent souvent des incendies l’été, soit dans l’ouest ou le sud du pays.

Mais l’incendie exceptionnel qui ravage depuis dimanche l’ancienne forêt royale a nécessité de faire appel à quatre Canadair, deux Dash et trois hélicoptères bombardiers d’eau, pour aider les pompiers au sol à lutter contre les flammes.

PHOTO THOMAS SAMSON, AGENCE FRANCE-PRESSE

L’arrivée des Canadair en région parisienne a de quoi faire le bonheur des badauds.

Au total, « 187 largages » d’eau ont été effectués dans la journée, a indiqué lundi soir à l’AFP le commandant des opérations de secours, Jean-Marc Sicard.

Cet incendie, qui frappe le poumon vert de Paris, est l’un des trois plus gros qu’a connus la moitié nord du pays en 20 ans.

Plus de 1300 hectares sont partis en fumée en 24 heures, nécessitant l’évacuation d’environ un millier de personnes. Deux individus suspectés d’avoir volontairement déclenché ces incendies ont été interpellés par les autorités.

Le Canadair renaît de ses cendres

« Ce sont des avions un peu mythiques », estime Mehran Ebrahimi, directeur à l’Observatoire international de l’aéronautique et de l’aviation civile. Leur agilité d’intervention et le remplissage rapide de leur réservoir en font des outils incontournables dans la lutte contre les incendies de forêt depuis leur création dans les années 1960.

Bombardier a fabriqué ces avions jusqu’en 2015, moment où la production a cessé, faute de commandes suffisantes. Dix ans plus tard, avec la multiplication des incendies de forêt dans le monde, l’entreprise De Havilland a acquis les droits du modèle pour relancer sa production. Celle-ci a déménagé de Montréal à Calgary.

Le plus récent modèle, le DHC-515, remplit son réservoir de 6000 litres en 12 secondes et s’approvisionne dans les lacs, les rivières et les océans. « On n’a pas juste déménagé l’usine, on a développé un modèle plus sophistiqué et plus moderne », explique M. Ebrahimi.

Des avions essentiels contre les incendies de forêt

La France a commandé deux nouveaux bombardiers à eau en juin auprès de De Havilland, portant à quatre le nombre d’avions-citernes qu’elle attend. Les premiers doivent être livrés en 2028. « Les feux deviennent de plus en plus intenses et sévères, alors la demande ne sera pas réduite dans les prochaines années, dit M. Gradek. C’est une opportunité pour le Canada de hausser la production. »

En mars, 22 DHC-515 étaient en production pour différents pays européens, affirmait De Havilland Canada dans un communiqué.

En attendant la livraison de ces nouveaux avions, les anciens modèles de Canadair sillonnent toujours le ciel européen en période d’intenses incendies. « L’appareil a fait ses preuves pendant les 20 dernières années en Europe. Il a sauvé des dizaines de milliers d’hectares de forêts et sauvé des centaines de vies », rappelle John Gradek.

Avec l’Agence France-Presse

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