Harry et sa famille en Angleterre : les coulisses d’un voyage qui a (presque) viré au fiasco

D’un charme fou et d’une empathie qui ne ment pas, Harry serre dans ses bras chacun des participants, se met à hauteur des athlètes en fauteuil roulant, distribue sourires et encouragements… Il sait donner de sa personne, s’essaie à toutes les activités, se lance dans un sprint au premier coup de sifflet, marque des essais au rugby-fauteuil. « Je serai toujours un membre actif de la famille royale », déclarait-il récemment. Comme s’il avait oublié qu’en 2020, il avait décidé, de son plein gré, d’en démissionner.
Des regrets ? Assurément. Depuis quelque temps, il multiplie les efforts pour réparer ses torts, effacer ses erreurs passées, apaiser les Windsor qu’il a si souvent déçus et qui ne sont pas prêts à lui pardonner. Car si Harry a d’abord cru que ce nouveau séjour en Angleterre serait celui de toutes les réconciliations, il a été, au contraire, l’énième démonstration d’une famille dysfonctionnelle où il n’est jamais facile de recoller les morceaux.
« Au bord des larmes »
Début juin, aussi surpris qu’enthousiastes, plusieurs médias anglo-saxons annonçaient que, pour la première fois depuis 2022, le duc de Sussex ne ferait pas le voyage seul, mais avec son épouse et leurs enfants. Un véritable événement puisque Meghan n’a pas mis les pieds dans cette Grande-Bretagne qu’elle a tant maudite depuis les funérailles d’Elizabeth II en septembre 2022. Quant à Archie et Lilibet, cela remonte au printemps de la même année, à l’occasion des célébrations des soixante-dix ans de règne de la regrettée souveraine.
Le prince Harry, le 11 juillet.
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L’aîné n’avait alors que trois ans, la cadette juste douze mois : autant dire qu’ils ne se souviennent de rien, ni de la splendeur des châteaux de leurs ancêtres, ni du thé trop amer, ni même du visage de leur grand-père, Charles III. Quelques jours plus tard, retournement de situation : privé de protection policière dans son ancien pays depuis qu’il s’est exilé en Californie, le duc de Sussex espérait bénéficier d’un dispositif particulier. Mais sa demande a été rejetée par la RAVEC (Royal and VIP Executive Committee). Vexé, blessé, et même « au bord des larmes » selon un proche, Harry a jugé que les conditions n’étaient donc pas réunies pour que sa famille vienne avec lui.
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Autre déconvenue : à vingt-quatre heures de son arrivée à Londres, le duc de Sussex fait savoir, par la voix de son porte-parole, qu’il accepte de dormir dans des appartements de Buckingham Palace, comme le lui a proposé Charles III. Mais immédiatement, le palais vient le désavouer : « Le duc n’avait pas formellement répondu à l’offre d’hébergement dans une résidence royale avant la date limite, fixée à la fin de la semaine dernière, et a été informé durant le week-end qu’il ne pouvait plus séjourner à Buckingham Palace. » Le pire des camouflets pour Harry, qui est alors déjà dans un avion à destination de la vieille Europe.
Obligé de trouver en urgence un endroit où loger, le duc comprend que ce déplacement vire au fiasco quand, à peine le pied posé sur le sol anglais, il apprend qu’il a perdu le long et laborieux procès intenté – avec d’autres célébrités, dont le grand ami de Lady Di, Elton John – contre le « Daily Mail », pour atteinte à la vie privée. Dès le lendemain de ce verdict, le tabloïd affiche un « INNOCENTÉ » en lettres capitales à sa une. Harry, lui, s’offusque de cette croisade judiciaire perdue, qui pourrait désormais lui coûter cher : « L’acharnement dont le tribunal a fait preuve pour disculper ce journal est aussi choquant qu’injustifié. » Une rancœur vite oubliée puisque le « Daily Mail » sera accrédité pour venir assister au lancement des Invictus.
La consigne pour Meghan et les enfants : rester discrets, si ce n’est cachés
C’est avec le sourire que le prince a honoré le programme qu’il s’était fixé, dont la visite d’un hôpital pour enfants, en tant que parrain de l’association WellChild. Car malgré son retrait de la Firme, le duc a conservé des patronages à titre privé. À chacune de ses sorties, Harry s’est bien gardé de s’exprimer sur l’absence de sa femme et de ses enfants. L’heure n’est plus aux paroles assassines, pas plus qu’aux coups d’éclat. D’autant qu’il ne pouvait pas confirmer que sa famille était finalement du voyage. Car au même moment, Meghan, Archie et Lilibet étaient vraisemblablement au Portugal, plus précisément à Melides, où les Sussex ont acheté une maison en 2024, voisine de celle de la princesse Eugénie, la cousine de Harry. Une façon comme une autre de se rapprocher du Royaume-Uni, car dans l’esprit d’un Américain, il n’y a qu’un pas entre Lisbonne et Londres.
Harry très à l’aise avec les biquettes.
PA Photos/ABACA
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© PA Photos/ABACA
Ainsi, en un éclair, Meghan et les petits sont arrivés en Angleterre, le 10 juillet en début d’après-midi, quelques heures après la conférence de presse des Invictus Games menée par Harry. Avec une consigne : rester discrets, si ce n’est cachés. Ce n’est donc que plus tard dans la soirée qu’il a été confirmé par Buckingham Palace que les Sussex avaient été reçus par Charles III et Camilla à Highgrove House. Cette maison de campagne, sise dans le Gloucestershire, que le roi a acquise dans les années 1980 et où Harry a conservé de si doux souvenirs d’enfance.
La visite n’était pas prévue au calendrier officiel. Elle est d’autant plus surprenante par la présence de Camilla, qui n’a pas digéré le contenu de l’autobiographie d’Harry (Le Suppléant, Fayard, 2023), où ce dernier n’avait pas de mots assez durs contre elle. Entre les hauts murs protecteurs de la propriété, la rencontre s’est déroulée en un huis clos absolu, dont le secret n’a permis à aucun détail de filtrer. Si ce n’est que le roi a trouvé ses petits-enfants bien changés. Lui qui, ces dernières années, ne les avait vus que sur quelques photos réclamées à Harry.
Pacification
Grand-père attentif pour la progéniture de William et Kate, il voudrait l’être tout autant pour celle de son fils cadet. Il ne cesse, d’ailleurs, de vouloir combler Archie et Lilibet de cadeaux. Tout récemment, il souhaitait faire acheminer en Californie une superbe cabane de jardin, dotée de tout le confort moderne, mais le duc de Sussex a refusé cet excès de générosité.
Le roi Charles III.
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Ces retrouvailles à Highgrove marquent une étape importante dans la pacification, que l’on croyait impossible, entre les Sussex et le reste du clan Windsor. Seul bémol ? Le très rancunier William n’a pas daigné faire une place à son frère cadet dans son agenda surchargé. Pour la suite et fin de leur séjour, Harry et les siens auraient donc trouvé refuge chez le comte Spencer, frère de Lady Di, à Althorp.
Habituellement ouvert au public durant tout l’été, le domaine était exceptionnellement fermé les 10 et 11 juillet. Le duc de Sussex aurait eu envie de faire découvrir à ses enfants cet endroit qui a tant compté pour Diana et où elle est enterrée. Ainsi, si Archie et Lilibet n’auront jamais la chance de connaître leur regrettée grand-mère, ils savent désormais qu’ils peuvent rattraper le temps perdu avec leur grand-père.




