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Au tour du Québec de remettre en question le changement d’heure ?

Les États-Unis ont franchi une nouvelle étape vers l’abolition du changement d’heure : la Chambre des représentants a voté mardi en faveur du Sunshine Protection Act (loi sur la protection de la lumière du soleil), qui rendrait l’heure d’été permanente chez nos voisins du Sud. Si le président américain, Donald Trump, a ouvertement appuyé l’idée, le Sénat doit encore adopter sa propre version de la loi avant de voir la tradition bisannuelle qui date de la Première Guerre mondiale prendre fin.

Qu’est-ce que cela signifie pour le Québec, qui continue chaque année d’avancer ses horloges en mars avant de les reculer en novembre ?

« La question de la fin du changement d’heure est effectivement toujours en analyses et celles-ci tiennent évidemment compte de ce que font les États-Unis et les autres États fédérés du Canada à ce sujet », souligne le cabinet du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, dans une déclaration écrite transmise au Devoir.

En mars 2025, M. Jolin-Barrette avait révélé les résultats d’une consultation publique sur le changement d’heure. Résultat : 91 % des plus de 214 000 répondants au sondage en ligne souhaitaient cesser de changer d’heure, et 72 % d’entre eux ont indiqué avoir une préférence pour l’heure d’été.

À noter que le texte de loi adopté par la Chambre des représentants des États-Unis donne le droit à chaque État de s’en retirer et de conserver le changement d’heure.

Un potentiel avantage économique

L’argument de s’arrimer aux États-Unis et aux autres provinces canadiennes a maintes fois été évoqué par le monde des affaires, qui craint des problèmes si notre heure diffère de celle de nos voisins au fil de l’année.

Pour Norma Kozhaya, économiste en chef du Conseil du patronat du Québec — qui représente de grandes entreprises —, si les États-Unis venaient à abolir le changement d’heure, le Québec et le reste du Canada auraient tout à gagner à suivre le pas, économiquement parlant du moins.

« Les États-Unis, ça demeure notre principal partenaire commercial, soutient-elle. Donc c’est clair que c’est plus pratique d’avoir une heure qui est harmonisée. Si on pense notamment au marché financier, au transport logistique et puis à tout ce qui est dans le domaine de l’informatique, c’est plus facile et c’est plus productif. »

Un point de vue partagé par Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président de la recherche de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. « Ce n’est pas quelque chose qui empêche les entreprises de faire des affaires — de toute évidence, on fait le changement d’heure présentement —, mais un peu de la même façon que ça représenterait un bénéfice très pragmatique pour l’ensemble de la population, c’est quelque chose de moins à gérer pour les entreprises. »

Quelle heure choisir ?

M. Gaudreault cite également un avantage à la productivité, comme « plusieurs études montrent que des employés vont être moins productifs dans les jours suivant le changement d’heure ». « Donc, juste de s’enlever des bâtons dans les roues qu’on se met nous-mêmes, d’un point de vue d’affaires, c’est toujours souhaitable », résume-t-il en mentionnant que lors d’un sondage réalisé en 2024, la majorité des membres ont dit vouloir la fin du changement d’heure.

Se coordonner avec nos voisins commerciaux fut d’ailleurs une préoccupation qui est maintes fois revenue dans ce sondage. Les opinions divergeaient toutefois quant à quelle heure privilégier.

Mais, si les États-Unis gardent l’heure d’été à jamais, le Canada va sûrement lui aussi choisir l’heure avancée, estiment Norma Kozhaya et Simon Gaudreault. « Ce ne serait pas optimal de garder la même heure toute l’année, mais que celle-ci soit différente des États-Unis, dit ce dernier. Il va probablement y avoir une espèce de coordination naturelle qui va se faire à partir de la décision américaine. »

La Saskatchewan, le Yukon, la Colombie-Britannique et l’Alberta ont d’ailleurs tous déjà adopté des lois pour mettre fin au changement d’heure. En 2020, l’Ontario a aussi adopté un projet de loi visant à l’abolir… à condition que le Québec et l’État de New York fassent de même.

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