Accusé de diffamation | Le jeune homme qui s’était filmé en train d’insulter une policière a été arrêté

Mohamed Bekkali, ce jeune homme qui s’était filmé en train d’insulter une policière, est maintenant accusé de diffamation envers des policiers. Une arrestation qui envoie « un message clair » d’après la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, qui planche toujours sur un règlement municipal empêchant les citoyens d’insulter les policiers.
Publié à
12 h 11
Mis à jour à
13 h 43
Mohamed Bekkali fait face à trois chefs d’accusation. Il est accusé d’avoir publié un libelle diffamatoire à l’endroit de deux policiers et une policière.
Les faits seraient survenus à Montréal les 13 et 14 juin derniers. Le jeune homme, qui a été libéré en attendant la suite des procédures sous promesse de ne plus publier de contenu sur le travail des policiers, s’expose à une peine d’emprisonnement maximale de deux ans s’il est déclaré coupable.
« Sale pute de merde », « sale chienne », « t’es mon esclave » : des injures proférées à une policière de Montréal par le jeune homme avaient déjà fait fortement réagir en mars dernier.
L’agente avait été la cible de ces propos violents alors qu’elle intervenait auprès de Mohamed Bekkali à l’été 2025. Le jeune automobiliste avait filmé une partie de l’interaction.
Dans la description sous la vidéo, Mohamed Bekkali, 24 ans, soutenait qu’il se fait intercepter quotidiennement sans raison. Il estimait être traité ainsi en tant que « Montréalais d’origine maghrébine qui roule régulièrement en voitures d’exception », avait-il ajouté dans une autre publication.
Or, ce sont des publications plus récentes sur les réseaux sociaux, dont certaines particulièrement violentes étaient faites avec l’intelligence artificielle, qui auraient finalement mené à son arrestation pour diffamation le 2 juillet dernier. La plupart de ces publications ont d’ailleurs dû être supprimées, sur ordre du tribunal.
Lisez « Une policière visée par une pluie d’insultes misogynes »
Au mois d’avril, La Presse avait révélé qu’au moins deux corps de police de la région de Montréal auraient Bekkali dans leur ligne de mire pour des fraudes totalisant quelques centaines de milliers de dollars. Il aurait utilisé de fausses identités et de faux documents, dont des permis de conduire contrefaits, pour frauder des institutions, notamment une compagnie d’assurances, avaient détaillé des sources policières qui ne sont pas autorisées à parler des enquêtes en cours.
Un message « clair »
En déplacement au Royaume-Uni pour assister au Salon aéronautique international de Farnborough, la mairesse Soraya Martinez Ferrada a de son côté réagi lundi en réitérant d’emblée que les propos tenus par Mohamed Bekkali envers la policière « sont inacceptables, misogynes et irrespectueux ».
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES LA PRESSE
Soraya Martinez Ferrada
« L’arrestation et les accusations portées aujourd’hui démontrent qu’il y a des limites à ne pas dépasser. C’est un message clair que le respect envers nos policières et policiers n’est pas négociable. […] C’était la bonne chose à faire », a-t-elle ensuite ajouté.
L’interaction filmée avait lancé le débat sur l’absence de règlement qui interdit d’insulter des policiers dans l’exercice de leurs fonctions à Montréal. Dans la foulée, Mme Martinez Ferrada avait clairement ouvert la porte ces derniers mois à une telle possibilité. Cela se fait déjà ailleurs au Québec, notamment à Québec, Laval, Longueuil et Sherbrooke.
Autrement dit, si cette situation s’était produite dans une de ces villes, la policière aurait pu donner une contravention pour ces insultes, puis arrêter l’homme s’il avait continué de tenir de tels propos
« Ce règlement, il est important, mais il doit être bien fait et nous aurons le temps de travailler avec la Fraternité des policiers et le SPVM. […] Il faut trouver une façon de bien le faire pour qu’il ne soit pas contesté en Cour, et qu’il soit facile, qu’on puisse l’appliquer », a prudemment souligné Mme Martinez Ferrada.
Une rencontre a déjà eu lieu entre la Ville, la Fraternité et le SPVM en juin dernier, mais rien n’est encore confirmé quant à la suite des choses. Un peu plus tôt, un sondage Léger, mené en ligne pour la Fraternité des policiers auprès de 600 personnes, avait révélé que 70 % de la population montréalaise serait favorable à un tel règlement.
Avec Marie-Ève Morasse, La Presse




