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Alouettes de Montréal | Un peu de lumière sur un record dans l’ombre

Samedi à Calgary, Alexandre Gagné a terminé son match avec un 0 dans la colonne des plaqués sur les unités spéciales. « J’ai fait exprès, je voulais le record à la maison ! », badine-t-il.

Mis à jour le
24 juillet

Les Alouettes reprendront l’action dimanche soir, à l’occasion de la visite des Tiger-Cats de Hamilton. Ce sera effectivement l’occasion pour Gagné d’inscrire son nom dans le livre des records des Alouettes, dans une catégorie qui attire rarement l’attention : les plaqués sur les unités spéciales. Il en totalise 93, soit un de moins que les 94 de Chip Cox.

Les responsables de la couverture sur les retours de bottés travaillent effectivement dans le plus grand anonymat. Ils sont l’équivalent du défenseur de troisième duo employé en désavantage numérique, du releveur en huitième manche qui prépare le terrain pour la fin du match. Ils sont les Rick Honeycutt dans l’ombre des Dennis Eckersley, les Andy McGaffigan dans l’ombre des Tim Burke.

À l’interne, leur travail ne passe toutefois pas inaperçu. Prenez la réaction de Byron Archambault, coordonnateur des unités spéciales, lorsque le nom de Gagné est prononcé.

« C’est une perle, Alex, lâche Archambault, après l’entraînement de vendredi, à Saint-Léonard. Il est central à nos unités spéciales. Je lui souhaite le record à la maison, j’espère être en mesure de le remarquer quand ça va arriver et célébrer avec lui. »

Un travail exigeant

Bon an, mal an, les meneurs de la Ligue canadienne pour les plaqués sur les unités spéciales finissent la saison avec une trentaine de plaqués. En revanche, les joueurs défensifs les plus productifs en récolteront plus de 100.

On pourrait donc croire instinctivement que le travail d’un joueur défensif est plus exigeant, parce que les jeux sont plus nombreux, comme les contacts physiques, forcément. Une déduction vite contredite par le secondeur Geoffrey Cantin-Arku, qui dispute maintenant tous les jeux défensifs.

« Quand tu joues les quatre unités comme je le faisais avant, c’est encore plus difficile sur le cardio », affirme-t-il. Les quatre unités étant les bottés de dégagement, les retours de bottés de dégagement, les bottés d’envoi et les retours de bottés d’envoi. « J’ai beaucoup de respect pour ceux qui font ça à temps plein. C’est sans arrêt », poursuit Cantin-Arku.

PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Geoffrey Cantin-Arku (9)

Gagné confirme. « Ça n’a l’air de rien, parce que nos séquences sont saccadées. Des fois, on n’est pas là pendant plusieurs jeux de suite. Par contre, ce sont de gros contacts, des jeux à long développement, très exigeants psychologiquement. Tu ne fais pas juste courir sur 40 verges, tu te tirailles pendant 40 verges ! Des fois, tu peux embarquer trois ou quatre fois en trois minutes de jeu. »

Gagné rappelle que les conditions sont parfois hostiles, comme justement le match de samedi, à Calgary. « Il faisait au-dessus de 30 °C, on était en altitude, il ne ventait pas, c’était très sec. Des fois, tu pognes ton deux minutes et tu aimerais ça qu’il y ait une couple de premiers essais de suite pour reprendre ton souffle ! »

On comprend donc en quoi le travail est ingrat. Mais à 34 ans, à sa sixième saison chez les Alouettes, il l’accomplit encore avec la même fierté.

Le maillon faible

Malgré ce record à venir, les unités spéciales ont été le talon d’Achille des Alouettes dans le premier tiers de la saison. L’équipe montre certes une fiche de 5-1, mais au cumulatif de toutes les phases de jeu des unités spéciales, elle se classe au neuvième et dernier rang de la Ligue canadienne.

« Ces dernières années, on a été une des meilleures équipes en couverture, pour limiter les jeux explosifs, a rappelé l’entraîneur-chef des Alouettes, Jason Maas. A-t-on accordé certains gros jeux ? Oui. À des moments inopportuns ? Oui. Mais ç’a aussi été de bons moments d’apprentissage. J’ai pleinement confiance en nos équipes de couverture. »

Archambault, responsable de cette phase du jeu, admet aussi que tout n’est pas parfait. « Il y a trois matchs, c’était en couverture sur les retours. Puis, au dernier match, c’était plus nos retours de bottés », relève-t-il parmi les problèmes.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Byron Archambault, coordonnateur des unités spéciales

L’entraînement de vendredi suggère que les coachs sont au fait de la situation. De longues minutes ont été consacrées aux bottés de dégagement. Puis, les membres des unités spéciales ont été conviés à un exercice où ils devaient plaquer de gros coussins en forme de beigne qui roulaient sur le gazon. Des exercices plus souvent observés au camp d’entraînement qu’à la semaine 8.

« Mais la saison est tellement longue, rappelle Gagné. Tu es dans les schémas, dans la stratégie, et tu oublies la technique. C’est de revenir à la base, et je pense que c’est apprécié des joueurs. »

L’équipe a aussi agi cette semaine pour redresser la barre sur les retours de bottés, en libérant le vétéran Mario Alford. Devonte Dedmon, embauché cet hiver, disputera son premier match de la saison dimanche, maintenant qu’il est guéri de sa blessure à une jambe subie au camp.

En bref

Deux bébés pour le prix d’un

Le receveur Alexander Hollins a raté un troisième entraînement de suite vendredi, pour des raisons « non reliées au football », selon le bilan médical de l’équipe. Or, Jason Maas a révélé que la conjointe de l’athlète de 29 ans avait donné naissance à des jumeaux. « Il va revenir et sera prêt à jouer », a estimé Maas. Par ailleurs, un nouveau venu a participé à l’entraînement du jour : Mehki Mews, un receveur de passes de petite taille (5 pi 8 po et 185 lb), sans expérience chez les professionnels, mais qui a agi comme spécialiste des retours de bottés dans la NCAA. Les plus immatures noteront que son nom ressemble drôlement à celui d’un personnage de Disney, mais nous ne nous abaisserons pas à un tel humour de bas étage.

Le plaidoyer de Maas

Malgré leur fiche de 5-1, les Alouettes ne montrent qu’un différentiel de +22. C’est que leurs six matchs se sont tous soldés par un écart de sept points ou moins. Jason Maas a tenu à défendre ses joueurs lorsque ces pointages serrés ont été évoqués. « Je le dis souvent, on ne s’excuse pas de gagner. On fait tout pour gagner. [L’important], ce n’est pas par combien, c’est de gagner. […] On n’a jamais dit qu’on allait massacrer tout le monde. De plus, les matchs serrés font partie de notre identité. Ce ne sont pas toutes les équipes qui sont capables de fermer un match. Notre équipe a un instinct pour ça. C’est de réussir les jeux quand ça compte. »

Un clin d’œil à Fajardo

Par ailleurs, la performance de jeudi de l’ancien quart des Alouettes Cody Fajardo n’est pas passée inaperçue, dans la victoire de 36-34 de ses Elks contre les Roughriders. Fajardo est devenu le quatrième quart de l’histoire de la LCF à réussir une performance de plus de 500 verges par la passe, avec au moins quatre touchés et aucune interception. Les trois autres à avoir signé une telle performance ? Tobin Rote, Danny Barrett et un certain Jason Maas, en 2004. « Je suis renversé de voir que cette statistique circule encore, a lancé Maas. Je suis content pour Cody. Le chiffre 500, c’est gros. Mais AC [Anthony Calvillo] l’a atteint deux fois ! »

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