Conduite d’eau Atwater | Incursion sur un chantier névralgique pour Montréal

Les Montréalais devront continuer à limiter leur consommation d’eau jusqu’à la fin de l’été, voire jusqu’au début de l’automne. Si la réfection de la conduite fragilisée alimentant le principal réservoir « avance bien », la Ville de Montréal prévient qu’elle n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise.
« Personne ne va vous donner une date, parce qu’on est dans une situation avec des infrastructures vieillissantes, donc on découvre des surprises à chaque étape. Et on va être très prudents », a fait valoir mardi le responsable des infrastructures au comité exécutif montréalais, Alan DeSousa.
La municipalité avait convié les médias à un « état d’avancement du chantier Atwater », deux mois après avoir appelé plus de 1 million de Montréalais à diminuer leur consommation d’eau cet été.
Une « détérioration avancée » avait alors été relevée sur une conduite datant de 1984, sur l’avenue Atwater, lors d’une inspection. C’est l’une des quatre conduites qui alimentent le réservoir McTavish, une pièce centrale du réseau de canalisations qui alimente 1,3 million de Montréalais en eau potable.
Des travaux d’urgence ont finalement été lancés sur la conduite fragilisée début juillet, après diverses opérations préparatoires en juin.
Ils dureront au moins huit semaines, deux de plus que ce qui avait d’abord été évoqué par la Ville. Pour l’heure, seules deux sections du tuyau endommagé ont été retapées.
Tout porte à croire que le chantier sera terminé d’ici la fin de l’été, mais des retards sont possibles. « Si on a besoin d’aller jusqu’au 21 septembre, on va le faire », a noté M. DeSousa.
Au centre-ville, la réfection des conduites sous le tunnel Viger avait donné lieu à plusieurs découvertes, a rappelé l’élu pour se justifier. « On a trouvé 11 autres places qui étaient vulnérables, ce qui a exigé de ne pas mettre le tuyau en service tout de suite. […] À date, ici, ce n’est pas le cas, mais on croise les doigts. »
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, LA PRESSE
Le président du comité exécutif, Claude Pinard, et le responsable des infrastructures, Alan DeSousa
Un peu moins d’eau
Depuis l’appel lancé par les autorités municipales, la consommation d’eau a été stable à Montréal, avec une baisse de 0,9 % de la production hydrique totale, pour une moyenne d’environ 1,2 milliard de litres d’eau traités chaque jour.
Règle générale, le seuil de production quotidienne d’eau potable à ne pas dépasser est de 1,45 milliard de litres. Quand les températures sont chaudes et humides, la Ville peut traiter jusqu’à 1,6 milliard de litres d’eau quotidiennement.
« En temps normal, la quantité d’eau aurait augmenté […], mais les gens sont conscientisés, parlent avec leurs voisins, et réalisent l’importance de l’eau », a avancé M. DeSousa. Il reconnaît cependant que Dame Nature a aidé, avec de fortes pluies reçues à Montréal ces dernières semaines.
Si les journées les plus chaudes demeurent les plus sollicitées, certains facteurs peuvent faire baisser la consommation. Le 20 juin, par exemple, jour où les pluies importantes ont engendré des inondations dans l’ouest de l’île, à peine 1,12 milliard de litres d’eau ont été utilisés par les Montréalais.
Aussi sur place, le président du comité exécutif, Claude Pinard, a salué l’effort de la population. « Pour le moment, les gens répondent à l’appel, et ça permet de donner un coup de main à la Ville. Ça se déroule exactement comme on le souhaitait », a-t-il lancé, ajoutant que les commerces et industries apportent aussi leur contribution.
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Déjà une demande électorale
Le coût des travaux ne sera rendu public qu’après la levée de toutes les entraves à la circulation. N’empêche, les deux élus n’ont pas manqué de souligner mardi qu’il faudra des engagements pour financer le déficit d’entretien des infrastructures, à l’automne, durant la campagne électorale.
On a besoin d’un financement récurrent et stable. On ne peut pas toujours se retourner sur un dix cennes. Ça prend quelque chose de prévisible.
Alan DeSousa, responsable des infrastructures au comité exécutif montréalais
Des défis majeurs attendent la métropole dans les prochaines années. Au total, le déficit d’entretien du réseau d’eau potable est évalué à approximativement 3 milliards de dollars.
Près du tiers de l’eau potable que Montréal produit ne se rend jamais dans les robinets des Montréalais, en raison du grand nombre de fuites qui gangrènent le réseau.
En moyenne, chaque Montréalais consomme 306 litres d’eau par jour, ce qui dépasse la moyenne canadienne de 220 litres par jour. En invitant ses résidants à réduire leur consommation, la métropole vise à économiser environ 100 millions de litres d’eau par jour, l’équivalent de 2500 camions-citernes.




