Près de 500 vols annulés | Les agents de bord de WestJet en grève

Que ce soit dans la cohue de l’aéroport Montréal-Trudeau ou sur une plage paradisiaque d’une destination soleil, l’incertitude était un thème qui rejoignait dimanche beaucoup de voyageurs de WestJet. L’annulation de nombreux vols en raison de la grève des agents de bord occasionne des maux de tête et beaucoup de colère chez les passagers.
Publié à
6 h 57
Mis à jour à
15 h 24
« C’est vraiment ridicule », tranche Farah Chouqi, qui devait atterrir à Punta Cana vers 11 h dimanche, avec ses enfants et son mari. Pas de chance : c’est assise sur un fauteuil dans l’entrée de Montréal-Trudeau qu’elle passera son heure du dîner, et non pas sur une chaise longue au bord de la mer.
Près de 500 vols prévus dimanche ont été annulés, selon la plateforme de suivi des vols FlightAware. À Montréal-Trudeau, neuf départs et neuf arrivées étaient touchés par le conflit de travail.
Mme Chouqi affirme que la compagnie leur avait proposé un autre vol dimanche matin, mais qu’un problème a eu lieu dans la réservation de celui-ci. Elle devait donc attendre plus de 12 heures pour le prochain qui avait de la place. À ses côtés, sa fille dormait, couchée sur deux fauteuils. Son mari, lui, tentait de trouver un endroit plus confortable où patienter.
PHOTO DENIS GERMAIN, COLLABORATION SPÉCIALE
Farah Chouqi devait partir pour Punta Cana dimanche.
« Il n’y a aucun détail pour le remboursement, personne ne peut me répondre et il n’y a pas de bureau ouvert », déplore-t-elle. Au passage de La Presse à Montréal-Trudeau, en matinée, il n’y avait aucun comptoir WestJet en service.
Farah Chouqi n’est pas la seule voyageuse à critiquer la communication de la compagnie dans ce dossier.
« Découragé »
« C’est ce qui est le pire là-dedans, je dirais », lance Kévyn Gagné, joint au téléphone en République dominicaine. Il y est arrivé le 28 juillet sur un forfait de Sunwing, une filiale de WestJet, et devait initialement quitter le 4 août. Depuis que l’avis de grève a été envoyé, le 29 juillet, il tente de faire changer sa date de retour.
« Mon agente de voyage me dit de contacter Sunwing. J’appelle Sunwing, on me dit qu’ils ne sont pas responsables de ça et d’appeler la compagnie responsable du voyage sur place. Je les appelle, on me dit d’appeler WestJet. J’appelle WestJet, on me dit d’appeler mon agente de voyage », énumère-t-il.
Je ne suis pas frustré, je suis découragé. On est laissé à nous-mêmes.
Kévyn Gagné, Québécois coincé en République dominicaine
Cette situation a des impacts concrets, souligne Chantal Ostiguy, une Québécoise qui a dû allonger son voyage à Saint-Martin de trois jours en raison de la grève. Son retour était prévu lundi, mais elle a dû réserver un nouveau vol le 6 août, toujours avec WestJet. Elle n’a donc aucune garantie qu’il soit disponible le jour venu.
« Au final, nos vacances coûteront 800 $ de plus pour ces trois jours », estime-t-elle.
Une équipe sportive québécoise complète voit même son rêve de participer à un championnat canadien mis à mal par cette grève.
L’équipe du Québec de football féminin devait se rendre à Saskatoon pour participer au championnat national, mais a maintenant 48 heures pour trouver une solution de rechange pour ses 53 joueuses et membres du personnel. Une campagne de sociofinancement a été déployée pour aider les athlètes à se procurer de nouveaux billets.
Par communiqué, Alexis von Hoensbroech, chef de la direction du groupe WestJet, a souligné que son entreprise et lui sont « déçus d’en être arrivés là. Cette situation a des répercussions directes sur les plans de voyage de nos invités, sur nos WestJetters ainsi que sur les collectivités et les entreprises que nous desservons ».
Il fait valoir que WestJet avait déposé une offre aux syndiqués peu avant la grève, qui a été refusée.
PHOTO DENIS GERMAIN, COLLABORATION SPÉCIALE
Aucun comptoir WestJet n’était ouvert lors de notre passage dimanche.
Débrayage
Des actions de visibilité des agents de bord syndiqués de WestJet ont eu lieu dimanche, notamment à Toronto et à Montréal.
Ils étaient des dizaines à Montréal-Trudeau en matinée, mais avaient reçu l’instruction de ne pas parler aux médias.
Les syndiqués tenaient des affiches où on pouvait lire « Pas d’équipage, pas de décollage » ou encore « Le travail gratuit, c’est non ». Plusieurs voitures ont klaxonné à l’approche des manifestants.
PHOTO DENIS GERMAIN, COLLABORATION SPÉCIALE
Des agents de bord de WestJet se sont fait entendre à Montréal.
Selon Alia Hussain, présidente de la section locale 8125 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les agents de bord de WestJet, la dernière offre de la compagnie n’allait pas assez loin, d’où son refus.
« Nous sommes prêts à retourner à la table de négociation pour conclure une entente. Nous espérons que le gouvernement fédéral n’interviendra pas et laissera le processus de négociation suivre son cours », a indiqué par communiqué Mme Hussain.
Dans une entrevue avec La Presse samedi soir, John Gradek, coordonnateur du programme de gestion de l’aviation à l’Université McGill, évoquait la possibilité que WestJet puisse souhaiter une grève pour forcer une intervention d’Ottawa, avec à la clé des conditions insatisfaisantes pour le syndicat.
Peu après que les agents de bord d’Air Canada se sont mis en grève en août 2025 pour dénoncer ce qu’ils considéraient comme du travail non rémunéré, la ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, avait ordonné à la commission des relations du travail du pays de leur enjoindre de reprendre le travail.
Le syndicat a défié cette injonction, forçant Air Canada à revenir à la table des négociations, où les parties ont conclu un accord provisoire.
Cette initiative du syndicat a constitué un précédent extrajudiciaire qui a servi d’avertissement aux dirigeants des compagnies aériennes de tout le pays en vue de négociations futures.
Patty Hajdu a rapidement réagi à l’annonce de la grève de WestJet, réitérant ses propos antérieurs selon lesquels les meilleurs accords se concluent à la table des négociations, mais n’a pas précisé si le gouvernement prévoyait d’intervenir.
Avec La Presse Canadienne
Ce que comprend la proposition de WestJet
Quelques heures après le début de la grève, WestJet a publié les détails de sa dernière proposition.
- Des augmentations salariales, dont une hausse de 13 % en octobre 2026 et un salaire rétroactif à compter du 1er janvier ;
- Une nouvelle prime de service équivalente à 12 % de salaire supplémentaire ;
- Une augmentation immédiate de 13 % des indemnités journalières, des comptes de dépenses de santé annuels de 300 $, un allongement des congés payés et une majoration de 17 semaines du congé de maternité post-partum ;
- Des améliorations en matière d’horaires et de qualité de vie, notamment une réduction du nombre maximal de jours de service, des heures de repos supplémentaires à domicile et en déplacement, ainsi qu’une rémunération supplémentaire en cas de réaffectation ou de retard lors d’escales en hôtel, faisaient également partie de l’accord.
Selon le SCFP, le travail non rémunéré des agents de bord pour certaines tâches, telles que les services au sol, fait partie des principaux points de discorde.
Que faire si votre vol est annulé ?
- WestJet communiquera avec vous par courriel et par message texte à l’aide des coordonnées associées à votre réservation ;
- La compagnie réservera une place sur le prochain vol disponible, y compris auprès d’autres transporteurs aériens lorsque cela est possible ;
- Consultez la section « Gérer voyages » pour examiner si votre itinéraire a été mis à jour, les options de vol offertes ou pour demander un remboursement selon votre mode de paiement initial ;
- Communiquer directement avec l’agence de voyages ou l’autre tiers avec qui vous avez réservé pour obtenir de l’aide ;
- Pour un forfait vacances, le fournisseur de voyages communiquera directement avec vous pour vous informer des options offertes.




