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Ce qu’il faut savoir sur le tremblement de terre ressenti à Québec

La cause la plus fréquente d’un tremblement de terre est le mouvement entre deux plaques tectoniques. Or, la région de Québec ne se situe pas à la jonction de deux plaques.

Le tremblement provient plutôt d’un «mouvement de forces transmis des plaques tectoniques modernes vers l’intérieur du continent découlant d’un léger mouvement de ces plaques», explique Fiona Ann Darbyshire.

Considérant cela, pourquoi ces forces se sont-elles manifestées dans la région de Québec plutôt qu’ailleurs?

«Il existe des zones que l’on qualifie de non uniformes dans la croûte terrestre. C’est le cas de toute la vallée du Saint-Laurent, en raison de son ancienne configuration tectonique. Les forces tectoniques se sont donc concentrées le long d’un réseau de nombreuses petites failles, qui ont été réactivées hier.» 

—  Fiona Ann Darbyshire, sismologue et professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’UQAM

Malgré tout, le séisme est demeuré de faible intensité. Il a atteint une magnitude de 2,8 sur l’échelle de Richter, un niveau où les secousses sont généralement peu perceptibles et ne causent pas de dommages. Alors, comment expliquer les puissants bruits entendus par plusieurs citoyens?

«C’est un phénomène très fréquent qui provient des interactions entre les ondes sismiques et l’environnement, qu’il soit naturel ou constitué d’infrastructures. Parfois, ce sont même ces bruits qui permettent d’identifier qu’il s’agissait d’un tremblement de terre», précise Mme Darbyshire.

Pourquoi une telle variation d’un quartier à l’autre ?

Les secousses enregistrées par les sismographes hier soir n’ont pas été ressenties par l’ensemble de la population. Selon Séismes Canada, l’épicentre du tremblement se situerait entre l’aéroport international Jean-Lesage de Québec et Saint-Augustin-de-Desmaures, ce qui explique pourquoi certaines zones de Québec ont davantage ressenti les effets des secousses.

Cependant, plusieurs personnes qui se trouvaient à proximité de l’épicentre affirment ne pas avoir ressenti les secousses. Selon Mme Darbyshire, cette différence s’explique notamment par la nature du sol, qui peut amplifier ou, au contraire, atténuer les ondes sismiques.

«Les roches très dures transmettent très bien les ondes sismiques, mais ça ne cause pas nécessairement de grandes secousses à la surface. À l’inverse, les sols non consolidés amplifient les secousses. C’est pourquoi, dans une même région, on peut ressentir les secousses de façon très différente.» 

—  Fiona Ann Darbyshire, sismologue et professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’UQAM

Mis à part la nature du sol, quels autres facteurs peuvent influencer la perception d’un tremblement de terre?

«Si on se trouve dans une voiture ou en marchant dans la rue, il est presque impossible de ressentir les effets d’un tremblement de terre de 2,8. C’est vraiment lorsqu’on se retrouve dans un environnement calme, qu’on ressent davantage les secousses. L’étage où l’on se trouve peut aussi faire une différence, puisque les vibrations seront généralement plus faibles en hauteur», indique la sismologue.

À quelle fréquence ce type de phénomène se produit-il dans la Capitale-Nationale ?

Loin des tremblements de terre de 1988 et de 1997, qui ont marqué l’imaginaire de ceux qui les ont vécus, Québec demeure une région plutôt tranquille en matière d’activité sismique. À quelle fréquence ce genre de phénomène se produit-il dans la région?

«Ce type de secousses peut arriver en moyenne une à deux fois par année, mais elles touchent davantage la région de Charlevoix que Québec.»

—  Fiona Ann Darbyshire, sismologue et professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’UQAM

Est-il possible de ressentir à nouveau un tremblement dans les prochains jours?

«Le choc principal est souvent suivi de petites répliques, qui sont toutes plus faibles que la secousse ressentie lors du premier choc. Donc, s’il y en a, elles ne seront probablement pas ressenties par la population», conclut Mme Darbyshire.

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