Commencer à investir après 60 ans: «Quand j’avais 20 ans, ce n’était juste pas possible»

Dans l’espoir d’avoir un peu plus d’argent de côté pour sa retraite, une résidente de la Montérégie vient de se lancer dans l’investissement boursier… à l’âge de 62 ans!
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«On dit toujours qu’il faut commencer tôt. Mais moi, quand j’avais 20 ans, ce n’était juste pas possible. J’étais monoparentale, tout mon argent était calculé», explique Nicole Lussier en entrevue avec Le Journal.
L’intervenante sociale de carrière confesse en riant qu’elle a longtemps été une «analphabète de la finance». À son corps défendant, il n’y a pas que l’argent dans la vie, et ce n’est pas un crime de penser à autre chose.
«Et puis on a longtemps vécu de paye en paye mon mari et moi, on avait peu de marge de manœuvre», ajoute-t-elle. «On vient de finir de payer la maison, et c’est ma fille qui m’a un peu allumée sur l’investissement en Bourse.»
Déclic
Depuis, Mme Lussier dévore les lectures à propos des finances personnelles, et elle a investi une part de ses économies dans cinq fonds négociés en Bourse (FNB). Elle a également commencé à y mettre un peu d’argent à chaque paye.
«Je ne veux pas avoir un deuxième emploi à mon âge, j’aimerais plutôt ralentir. Alors c’est la façon que j’ai trouvée de faire fructifier mon argent», explique celle qui prévoit prendre sa retraite à 66 ans.
«Tout le monde dit que ça va prendre un million de dollars pour la retraite… Je sais que je n’en aurai pas autant de côté, mais si ça peut aider juste un peu… Mieux vaut tard que jamais!» conclut-elle avec philosophie.
Prudence
Commencer à investir si tard est peu commun, observe le planificateur financier Fabien Major, qui rappelle que la plupart des gens commencent dans la quarantaine, même si le plus tôt est le mieux.
«À 60 ans, c’est mieux que rien, mais on ne peut pas faire de miracle», souffle-t-il en entrevue. «Puis, le danger en commençant tardivement est de vouloir rattraper le temps perdu en augmentant le risque. Et là, ça pourrait avoir l’effet inverse de celui qu’on recherche.»
«Dans ce contexte, il faut prioriser des investissements plus stables. C’est possible de ramasser des montants et de se donner un peu de lousse, mais ça ne rattrapera pas les années perdues», ajoute-t-il.
À titre indicatif, M. Major a calculé qu’une personne dans la situation de Mme Lussier qui commencerait à investir à 62 ans une somme de 500$ par mois en espérant un rendement à long terme de 7%, amasserait en 10 ans une cagnotte d’environ 87 000$.
«Ça peut donner du bon temps, mais il ne faut pas compter seulement là-dessus pour sa retraite», conclut le planificateur financier.
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