Élections québécoises 2026 | La nouvelle carte électorale officialisée

La carte électorale utilisée lors des élections du 5 octobre prochain comptera bel et bien une circonscription de moins en Gaspésie et à Montréal, au profit de deux nouvelles dans les Laurentides et dans le Centre-du-Québec.
Publié à
6 h 59
La Commission de la représentation électorale du Québec (CRE) a présenté mercredi la nouvelle carte électorale, dont l’objectif est de « refléter l’évolution du nombre d’électrices et d’électeurs sur le territoire ».
Le changement le plus important concerne la disparition d’une circonscription en Gaspésie et d’une autre dans l’est de Montréal. La CRE soutient que les électeurs de ces deux régions sont actuellement « surreprésentés » à l’Assemblée nationale.
Ainsi, en Gaspésie, les circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure sont réunies pour devenir Gaspé-Bonaventure. La circonscription de Matane-Matapédia, pour sa part, est agrandie, pour y ajouter la MRC de La Haute-Gaspésie.
La CRE tranche aussi que la circonscription de Matane-Matapédia conservera son appellation actuelle, même si une loi a été adoptée pour la renommer Matane-Matapédia-Mitis. Elle souligne que les modifications apportées à la carte font en sorte que la MRC de La Mitis ne se trouve plus entièrement dans la circonscription.
Dans l’est de Montréal, la circonscription de LaFontaine est scindée entre les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles et d’Anjou–Louis-Riel. Les nouvelles circonscriptions se nommeront, respectivement, Pointe-aux-Prairies et Anjou-LaFontaine.
Contestation
L’idée de retirer une circonscription en Gaspésie a suscité un tollé à l’Assemblée nationale : plusieurs députés, tous partis confondus, ont dit constater que la région perdait peu à peu son poids politique.
L’actuel député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a aussi fait valoir que la circonscription agrandie deviendrait « presque impossible à parcourir pour un seul élu » en raison de son vaste territoire.
Une loi a ainsi été adoptée à l’unanimité, en 2024, pour interrompre la révision de la carte électorale. Or, la Cour d’appel a jugé cette loi « inconstitutionnelle » et « inopérante », de sorte que le processus se poursuit.
Le gouvernement du premier ministre François Legault conteste cette décision. En décembre, il a demandé l’autorisation d’interjeter appel devant la Cour suprême du Canada. Le plus haut tribunal du pays n’a pas encore indiqué s’il entendra ou non cette cause.
Mercredi, le président de la Commission de la représentation électorale et directeur général des élections, Jean-François Blanchet, a défendu les changements à la carte électorale.
« Le retrait d’une circonscription fait toujours beaucoup réagir, mais c’est démocratique que le vote d’un électeur, d’une circonscription à l’autre, ait sensiblement la même influence sur les résultats d’une élection », a-t-il soutenu dans un communiqué.
Nombreux changements
La nouvelle carte prévoit l’ajout d’une circonscription dans la grande région des Laurentides et de Lanaudière, qui a vu son nombre d’électeurs augmenter de 11,6 % depuis l’établissement de la carte actuelle. La CRE note qu’il s’agit du taux de croissance le plus marqué au Québec.
La circonscription de Bellefeuille voit donc le jour. Elle comprend une partie des villes de Saint-Jérôme et Mirabel, ainsi que la municipalité de Saint-Colomban.
Pour la grande région de l’Estrie et du Centre-du-Québec, on ajoute la circonscription de Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, au nord du territoire de l’actuelle circonscription de Johnson – qui est d’ailleurs renommée Daniel-Johnson.
Au total, 51 des 125 circonscriptions de la province sont modifiées. Dans certains cas, on déplace les délimitations des circonscriptions, tandis que, dans d’autres, il s’agit d’un changement de toponymie.
De 125 à 127 ?
La Loi électorale prévoit une révision de la carte électorale après deux élections générales, puisque les mouvements de population créent des inégalités de représentation.
Cette révision est effectuée pour que le Québec soit divisé en 125 circonscriptions d’environ 51 000 électeurs qui ont, autant que possible, des caractéristiques communes.
Chez Québec solidaire, on propose, pour éviter de retirer des députés en Gaspésie et dans l’est de Montréal, de simplement faire passer le nombre d’élus à l’Assemblée nationale de 125 à 127.
« Passer de 125 à 127 députés permettrait d’accueillir les nouvelles circonscriptions dans les Laurentides et le Centre-du-Québec sans sacrifier qui que ce soit », a plaidé le député solidaire Alexandre Leduc dans un communiqué.
Le parti demande aux autres formations politiques de se joindre à lui pour faire adopter une loi qui confirmerait l’ajout net de deux circonscriptions à la carte électorale.
Avec des informations de Caroline Plante



