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Rapprochement avec la Chine | Washington met Ottawa en garde

(Ottawa) Après avoir encaissé les critiques du premier ministre de l’Ontario, Mark Carney doit maintenant composer avec la réprobation de l’administration Trump à la suite de l’annonce d’une entente commerciale entre le Canada et la Chine.


Mis à jour hier à
16 h 08

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré que la décision du gouvernement Carney d’autoriser l’importation de 49 000 véhicules électriques chinois à un faible taux tarifaire était « problématique » et que le Canada pourrait regretter cette décision.

PHOTO PIROSCHKA VAN DE WOUW, ARCHIVES REUTERS

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer

« Je pense que c’est problématique pour le Canada », a affirmé M. Greer vendredi. « Il y a une raison pour laquelle nous ne vendons pas beaucoup de voitures chinoises aux États-Unis : nous avons des droits de douane pour protéger les travailleurs de l’industrie automobile américaine. »

Pour sa part, le président Donald Trump a laissé entendre en mêlée de presse que le premier ministre canadien avait bien fait de s’entendre avec Xi Jinping.

C’est correct. C’est une bonne chose que [Carney] signe. S’il peut conclure un accord avec la Chine, il devrait le faire.

Donald Trump, président des États-Unis

Le rapprochement entre le Canada et la Chine pourrait avoir un impact sur les négociations à venir entre le Canada, les États-Unis et le Mexique en prévision de la révision de l’accord commercial entre les trois pays.

Au pays, cette annonce de Mark Carney a fait vivement réagir. Dans une déclaration écrite, le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre a demandé au premier ministre d’expliquer « comment il est passé de déclarer avant les élections que la Chine était “la plus grande menace pour la sécurité” du Canada à conclure après les élections un “partenariat stratégique” avec Pékin ».

Une économie « intégrée » à celle des États-Unis

Le dégel entre Ottawa et Pékin survient alors que le Canada est plongé depuis près d’un an dans une guerre commerciale avec son principal allié, les États-Unis. Mark Carney a multiplié les efforts pour diversifier les marchés d’exportation du Canada et réduire la dépendance du pays face à son voisin américain.

Le président-directeur général du Conseil canadien du canola, Chris Davison, a déclaré à La Presse qu’il s’agissait d’une « évolution très positive et concrète » dans ce dossier et que « la suite des évènements sera importante pour continuer à tirer parti de l’élan créé par l’annonce d’aujourd’hui ».

Mais le président et chef de la direction de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, Brian Kingston, s’est dit inquiet de la portée de cette entente entre le Canada et la Chine au moment où le gouvernement Carney devrait concentrer ses efforts sur la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.

« L’économie canadienne, et notamment l’industrie automobile, est profondément intégrée à celle des États-Unis. Le renouvellement de notre accord commercial trilatéral doit être notre priorité absolue, et poursuivre les échanges avec la Chine à l’heure actuelle compromet cet objectif », a dit M. Kingston.

Pour sa part, Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces automobiles, a indiqué qu’il ne souhaitait pas qu’on ouvre la porte aux voitures électriques chinoises. « Mais nous sommes là », a-t-il laissé tomber. Il a dit espérer qu’Ottawa exige que les voitures chinoises soient construites au Canada.

Avec la collaboration de Mylène Crête, La Presse

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