Bernard, lâche-nous avec le gouvernement des régions

Petit matin de semaine, entre deux toasts et les boîtes à lunch des enfants, on a les nouvelles régionales dans les oreilles. Au bulletin, le directeur du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue nous raconte que le budget d’entretien des infrastructures a fondu de moitié depuis 2024, passant de 3,4 M$ à 1,7 M$. Carrément, les murs de certains pavillons sont tapissés de broche à poule pour éviter qu’ils ne s’effritent. Les toits coulent. Et notre cégep est loin d’être une exception au Québec.
Sauf que les cégeps, ce n’est pas juste une bâtisse ni même juste un lieu d’apprentissage absolument essentiel, c’est un facteur de rétention de nos jeunes en région dont l’exode pour les études postsecondaires nous prive d’une relève existentielle. Quand vient le temps de se magasiner des études postsecondaires, les établissements de partout au Québec sont alléchants. Étudier là où la moisissure menace et où les murs ont l’allure d’une basse-cour, ça fait franchement dur.
Lundi, le président du syndicat local de la FIQ dénonçait les ratios catastrophiques dans nos hôpitaux pour économiser de l’argent. Sous la bonne gouverne de Santé Québec, notre réseau de la santé baigne dans l’austérité totale. Les directions locales ont moins de pouvoir que jamais alors que la promesse de cette nouvelle institution était de décentraliser les décisions. Quelle fumisterie!
Drainville et les régions
«La CAQ doit rester fidèle à ses racines. Un parti proche des régions qui défend leurs intérêts.» Mais les intérêts de qui? Nos services publics sont en lambeaux. La CAQ n’a absolument aucune vision pour le développement et le dynamisme des régions depuis qu’ils ont pris le pouvoir sauf pour se lécher les babines quand vient le temps de parler des mines.
On nous avait promis une décentralisation, mais aucun ministre ne semble en comprendre le sens.
Drainville devra se trouver d’autres arguments pour se distinguer, parce que là, c’est d’un ridicule consommé.



