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Référendum ou autonomisme, qui doit craindre l’échec?

Depuis l’annonce du départ de François Legault, vous entendez un concert de voix souverainistes chanter le même refrain: la troisième voie représente un immense échec et doit disparaître. En politique comme dans les médias, les souverainistes profitent du moment pour passer leur message avec un sentiment d’urgence suspect. 

Réglons d’abord une chose: si l’autonomisme a été nommé la «troisième» voie, c’est parce que les Oui et les Non monopolisaient le débat politique depuis 40 ans. Ils étaient deux, l’autre option devient la troisième. Je pourrais plaider que le premier ministre Daniel Johnson, qui a publié Égalité ou indépendance en 1965, était sous l’Union nationale un pionnier de la pensée autonomiste. Alors ce serait la première voie.

Ce n’est que du langage, les gens de la CAQ devraient d’ailleurs toujours parler d’autonomisme et éviter de reprendre cette notion de «troisième», même si elle est passée dans le langage courant. Quoiqu’il en soit, selon les souverainistes, cette troisième voie serait un échec retentissant, total, pathétique et tragique.

Attention aux faits

C’est faux. Même si on répète assidûment un mensonge, il ne devient pas vérité. L’autonomisme consiste à s’affirmer, avec notre langue, notre culture, nos valeurs, et à occuper tout l’espace d’autonomie permis par le système canadien. Étirer tous les élastiques de la Constitution canadienne pour prendre notre place.

Avec ces critères, peut-on juger que la politique autonomiste de François Legault ait été un échec sur toute la ligne? Pas du tout. Ce n’est pas un succès complet non plus. Il y a eu des erreurs et des échecs. Décortiquons.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

La loi 21 sur la laïcité et le renforcement de la Charte de la langue française sont des gestes d’affirmation fondamentaux. Pour ce qui est des garderies, François Legault a frappé un coup de circuit en rapatriant tout l’argent sans se faire imposer de conditions par le fédéral.

Le Québec a réussi un coup de maître en faisant ajouter dans la Constitution canadienne le texte suivant: «Les Québécois et les Québécoises forment une nation. Le français est la seule langue officielle du Québec. Il est aussi la langue commune de la nation québécoise.» Sans avoir à demander la permission à Ottawa.

Dans d’autres domaines comme l’immigration, ce fut moins réussi. Aucun transfert de pouvoirs accordé, le Québec a à peine fini par être entendu pour réduire le nombre de demandeurs d’asile. Le Québec, comme les autres provinces, est aussi resté déçu par le refus de rehausser les transferts en santé. Deux exemples d’échecs.

Troisième référendum?

Ceux qui concluent à un échec complet et qui suggèrent la disparition de la CAQ proposent quoi? Un troisième référendum sur la souveraineté. Ils proposent de refaire, sur le même modèle, la même chose qui a fini deux fois par un échec. Et qui deux fois a conduit à un affaiblissement du Québec.

Si le PQ est encore bien légitime malgré l’échec total de son approche, un parti avec des succès incomplets devrait bien avoir le droit d’exister.

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