Les demandeurs d’asile devront payer une part de certains soins de santé

Partout au Canada, à compter du 1er mai, les demandeurs d’asile et autres personnes couvertes par le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) devront débourser une partie des coûts de leurs médicaments et de certains soins (notamment dentaires), a indiqué Ottawa mardi.
Le fédéral précise toutefois dans un communiqué que les soins de santé de base, comme les visites chez le médecin et les soins hospitaliers, demeureront entièrement couverts par le programme.
La nouvelle mesure, qui avait été annoncée dans le budget 2025 du gouvernement fédéral, vise à soutenir la « durabilité » du PFSI dans un contexte où les besoins sont croissants.
Le programme offre une couverture de santé temporaire limitée aux demandeurs d’asile et aux réfugiés réinstallés au Canada (reconnus réfugiés à l’étranger avant leur arrivée au pays), entre autres, en attendant qu’ils aient accès aux régimes provinciaux ou territoriaux d’assurance maladie.
Concrètement, dès le mois de mai, les bénéficiaires du PFSI devront ainsi payer 4 $ par médicament sur ordonnance délivré ou renouvelé. Ils auront également à couvrir 30 % du coût des produits et des services de santé dits « supplémentaires », qui incluent entre autres les soins dentaires, les soins de la vue, le soutien psychologique et le matériel médical destiné aux diabétiques.
« Impact majeur »
Cette nouvelle mesure pourrait freiner l’accès des demandeurs d’asile à certains médicaments et soins, avertit Janet Cleveland, chercheuse retraitée, mais toujours affiliée à l’Institut universitaire SHERPA.
« Leur exiger de payer 30 % du coût pour les produits et les services de santé supplémentaires, c’est énorme. Ce sont des gens qui peinent à payer leur loyer et à se nourrir. Ce sont, en général, des populations à très faible revenu », souligne-t-elle.
Selon Mme Cleveland, renoncer à des soins de santé ou à des médicaments faute d’argent peut entraîner des conséquences importantes tant pour la santé des personnes concernées que pour la collectivité. D’autant que bon nombre de demandeurs d’asile vont éventuellement obtenir un statut permanent au Canada, rappelle-t-elle.
« Un diabète mal soigné, c’est sûr que ça peut avoir des impacts à long terme graves pour l’individu. Mais c’est aussi coûteux pour la société plus tard », prévient-elle.
La nouvelle mesure est « profondément décevante », estime pour sa part Gauri Sreenivasan, codirectrice générale du Conseil canadien pour les réfugiés. « La santé de tous souffre lorsqu’un membre de notre communauté ne peut pas accéder aux soins dont il a besoin. »
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