Des hôtels de Cuba ferment sans préavis et des vols sont annulés

La pénurie de carburant à Cuba force les hôtels à fermer sans préavis et des vols prévus dans les prochaines semaines pour l’île des Caraïbes ont été annulés.
«C’est pas facile actuellement à Cuba et des clients nous appellent pour exprimer leur inquiétude. Certains annulent au dernier moment pour ne pas être pris sans vol de retour», explique Matthieu Wallace, directeur de l’agence Matthieu Cuba Resort, de Trois-Rivières.
Les autorités de Cuba ont procédé à la fermeture temporaire de certains hôtels dès vendredi en raison d’un faible taux d’occupation, et ce, jusqu’à la fin du mois d’avril. Au moins huit hôtels de Cayo Santa Maria, Cayo Coco, Varadero et Holguin sont touchés par cette mesure.
Les services consulaires du Canada ont aussi mis à jour leur avertissement aux voyageurs plus tôt cette semaine. En raison des «pénuries d’électricité, de carburant et de produits de première nécessité qui s’aggravent», les vols à destination de Cuba peuvent être perturbés «à très court préavis».
Matthieu Wallace, président de Matthieu Cuba Resort. Photo courtoisie
Matthieu Cuba Resort
M. Wallace souligne que des clients lui ont signalé que des vols d’Air Canada en direction de Holguín prévus en avril ont été annulés. Christophe Hennebelle, porte-parole de la compagnie aérienne, confirme que celle-ci a dû «ajuster son programme vers Cuba en fonction des conditions de marché».
Dès la fin du mois de février, certains vols seront touchés, précise-t-il.
Clients relocalisés
William Plante, un touriste québécois arrivé à l’hôtel Valentin Perla Blanca de Santa Maria dans la nuit du 4 au 5 février, a eu la mauvaise surprise d’être invité à refaire ses valises, car il était déplacé à l’hôtel Playa Cayo, à 9 km à l’ouest. Son hébergement initial a été fermé en après-midi.
«Au début, je me demandais si ce n’était pas une blague», a confié le Québécois de 26 ans.
Malheureusement, non. Et pas question de choisir lui-même son hôtel.
La situation semble avoir pris de court même le personnel de l’établissement. Selon M. Plante, la décision de fermer l’hôtel aurait été prise à la dernière minute.
En raison de ces incertitudes, Michel Rumi, un Colombien d’origine qui demeure au Québec depuis 30 ans, a annulé le voyage qu’il devait faire à Cuba avec ses deux filles dès dimanche. Il a d’abord vu l’information circuler sur les réseaux sociaux et a contacté son agence de voyages.
Michel Rumi, un Colombien d’origine qui demeure au Québec depuis 30 ans, a annulé son voyage à Cuba prévu le 8 février 2026 en raison de la fermeture d’hôtels. Capture d’écran TVA Nouvelles
Capture d’écran TVA Nouvelles
«L’agente m’a donné différentes options dont relocalisation dans un hôtel juste à côté ou annuler le tout avec remboursement», a-t-il expliqué.
Il a choisi d’annuler et s’est tourné vers la République dominicaine. Il s’y rend mardi pour une semaine. Tout cela l’a un peu stressé, mais il est satisfait de sa décision.
Réalité récurrente
Pour Moscou Côté, président de l’Association des agents de voyages du Québec, il faut relativiser les problèmes rapportés sur les réseaux sociaux.
«Oui des hôtels cubains procèdent à des fermetures, mais c’est pour augmenter le taux d’occupation et réduire les coûts d’exploitation», explique-t-il au Journal.
Le gouvernement cubain a annoncé vendredi un paquet de mesures d’urgence dans les domaines de l’éducation, du travail et du transport pour faire face à la crise énergétique que traverse le pays sous la pression des États-Unis.
Ces pressions «nous poussent à appliquer un ensemble de décisions, en premier lieu pour assurer la vie de notre pays, les services de base, sans renoncer au développement», a déclaré le vice-premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga, à la télévision d’État.
«Le carburant sera destiné à la protection des services essentiels à destination de la population et aux activités économiques indispensables», a-t-il résumé.
Parmi les mesures annoncées figurent la réduction de la semaine de travail dans les entreprises d’État à quatre jours, du lundi au jeudi, des restrictions à la vente de carburant, une réduction des services de bus et de trains entre provinces, ainsi que la fermeture de certains établissements touristiques.
Ces mesures doivent permettre d’économiser du carburant pour favoriser «la production de nourriture et la production d’électricité» et permettre «la sauvegarde des activités fondamentales qui génèrent des devises», a précisé M. Pérez-Oliva Fraga.
Alors que l’île de 9,6 millions d’habitants, sous embargo économique américain depuis 1962, est enferrée depuis six ans dans une sévère crise économique, Washington a accru la pression ces dernières semaines sur le gouvernement communiste de La Havane.
Après avoir tari les livraisons depuis le Venezuela à la suite de la capture du président Nicolas Maduro début janvier, Donald Trump a signé la semaine dernière un décret indiquant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane.
Il a par ailleurs a assuré que le Mexique, qui fournit Cuba en pétrole depuis 2023, allait cesser de le faire.
– avec l’AFP




