Lyon. La voyageuse “malade” du TGV fait vivre l’enfer aux contrôleurs, la justice s’en mêle

Par
Rédaction Lyon
Publié le
7 févr. 2026 à 5h50
Le tribunal correctionnel de Lyon a condamné ce mardi 27 janvier 2026 une femme âgée de 42 ans suite à la violente altercation qu’elle avait eue avec des policiers qui voulaient contrôler son titre de transport en gare de Lyon-Saint-Exupéry (Rhône).
Le 26 novembre 2025, Sandrine X. était en fait montée à bord d’un train Nice-Paris pour « rejoindre ses parents » ultérieurement dans le Nord. Mais peu de temps avant l’arrivée du train à Lyon, elle s’était réfugiée dans les toilettes de son wagon : elle assurait « être malade », mais refusait d’en sortir pour se soumettre au « contrôle des titres de transport ».
Les contrôleurs SNCF pris pour cible et frappés
À leur arrivée en gare, les contrôleurs SNCF avaient donc appelé pompiers et policiers en renfort. Mais cette passagère « très nerveuse » les avait insultés et leur avait assené « des coups de pied dans le thorax et dans les jambes ». Elle avait aussi regretté de ne pas avoir « tapé plus fort » sur un policier en direction duquel elle avait « craché ». L’un des collègues de l’intéressé s’en était tiré avec une « entorse du pouce droit ».
Sandrine X. avait donc été placée en garde à vue, avant d’être présentée une première fois en comparution immédiate le 28 novembre 2025. Mais l’examen de son dossier avait été renvoyé : les magistrats avaient réclamé une « expertise psychiatrique ».
Après deux mois de détention provisoire, Sandrine X. revenait donc ce mardi 27 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel de Lyon pour « violences sur un fonctionnaire de police », « rébellion » et « outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique ».
Une femme « aux tendances dépressives »
Cette passagère « agressée » par « les policiers » a répété n’avoir agi ce jour-là que « pour [se] défendre ». Quant à son titre de transport – qui n’a « jamais été retrouvé » – elle pense qu’il « a dû se perdre » dans l’altercation. « En quelle année on est pour agir de cette façon ? En 1940, j’aurais compris, mais là… », s’est-elle agacée. « J’avais juste besoin de prendre l’air, je n’ai pas compris cette interpellation. »
Reste que cette femme actuellement sans travail est décrite comme ayant des « tendances dépressives » et avec une « possibilité d’un passage à l’acte hétéroagressif », a diagnostiqué un psychiatre. C’est d’ailleurs « elle qui commence à agresser les policiers », a souligné l’avocate des fonctionnaires, Me Marie-Pierre Dominjon, alors que « cela aurait dû être un simple contrôle ». « Elle n’était aucunement victime, elle n’est pas irresponsable, elle doit en assumer la responsabilité pénale et personnelle », a appuyé le procureur de la République.
« Pas une délinquante » mais une femme qui veut simplement « reprendre sa vie en main »
Sandrine X. n’est pourtant « pas une délinquante » mais une femme qui veut simplement « reprendre [sa] vie en main ». « On peut se sentir particulièrement agressée quand les policiers essaient de vous sortir des toilettes alors que vous êtes en train de vomir », a expliqué son avocate. Elle s’est d’ailleurs interrogée sur « la proportionnalité dans tout ça ».
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« A la base, on lui reproche de frauder dans le train, mais quatre policiers vont lui mettre les menottes… Ce n’est absolument pas proportionné », trouve l’avocate de la prévenue. Cette dernière a aussi fait observer que les « caméras piéton » des forces de l’ordre étaient éteintes lors de l’intervention, « faute de batterie », mais qu’elles sont parvenues à se rallumer « à la fin de l’intervention ». Sandrine X. avait alors « des blessures aux côtes ».
« Vos déclarations ne sont pas compatibles avec celles des policiers », ont toutefois dit les juges à la quadragénaire, qui a écopé de six mois de prison avec sursis probatoire. Elle devra accomplir un « stage de citoyenneté » et verser 1.300 € au total aux quatre policiers visés par ses violences, pour leur « préjudice moral » et leurs frais de justice.
MJ et GF (PressPepper)
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