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Pénurie de kérosène sur l’île | Air Canada suspend ses vols vers Cuba

Même si les autorités cubaines ont annoncé dimanche qu’elles n’avaient plus de kérosène pour approvisionner les avions, les compagnies aériennes s’organisent pour maintenir la plupart de leurs liaisons avec Cuba, pour le moment. Air Canada a néanmoins annoncé la suspension de ses vols à destination de l’île.


Publié à
12 h 10
Mis à jour à
12 h 38

Cuba est aux prises avec une grave crise énergétique depuis la fin de l’approvisionnement en pétrole par le Venezuela, à la suite de la chute du président Nicolás Maduro. Et Washington menace de frapper de droits de douane tous les pays qui lui vendraient du pétrole, accentuant le problème.

En raison de cette crise, les autorités cubaines ont informé dimanche les compagnies aériennes desservant le pays que l’avitaillement en kérosène serait suspendu pour un mois à partir de mardi à minuit. Cette mesure pourrait contraindre les compagnies aériennes opérant des vols long-courriers à effectuer une « escale technique » sur les vols de retour pour assurer leur ravitaillement en kérosène, voire à suspendre leurs liaisons avec Cuba.

Les compagnies aériennes s’organisent

En réaction, plusieurs compagnies aériennes ont tenu à rassurer les voyageurs, lundi.

En milieu de journée, Air Canada a annoncé suspendre ses vols à destination de Cuba, mais maintenir ceux en provenance de l’île pour ramener les quelque 3000 clients déjà à destination. « On opère des vols à vide vers Cuba aujourd’hui pour ramener les passagers », a indiqué Christophe Hennebelle, porte-parole pour Air Canada, en entrevue avec La Presse.

« À compter du 10 février, le carburant d’aviation ne sera plus offert à la vente dans les aéroports de l’île. Pour les vols restants, Air Canada transportera du carburant supplémentaire et effectuera des escales techniques pour se ravitailler au retour si nécessaire », est-il précisé dans le communiqué à ce sujet.

Plusieurs vols initialement prévus lundi ont été annulés par la compagnie à la feuille d’érable, en provenance de Toronto et à destination de Varadero ou de Cayo Coco, « en raison de restrictions locales inattendues et indépendantes de notre volonté qui perturbent nos opérations ».

Air Canada permet également aux voyageurs qui ont acheté un billet avant le 5 février de modifier leur itinéraire, pour un voyage entre le 6 février et le 25 février.

PHOTO ALEXANDRE MENEGHINI, ARCHIVES REUTERS

L’entrée de l’aéroport international José Martí, à La Havane

« Malgré cette situation hors de notre contrôle, Air Transat prévoit opérer ses vols comme prévu », a affirmé sur son site internet la compagnie à l’étoile bleue. Les clients de Transat devant partir entre le 9 et le 28 février peuvent également changer de date de voyage sans pénalité ou demander un remboursement complet. Ceux devant partir entre le 1er mars et le 30 avril peuvent demander un changement de date ou de destination sans pénalité, avec émission d’un crédit voyage équivalant à la valeur du dossier initial.

Pour sa part, WestJet a indiqué avoir activé sa politique de modification et d’annulation sur son site, permettant aux passagers ayant un voyage à venir vers Cuba de modifier leurs plans sans frais. Elle a également offert des options de voyage flexibles aux clients de Vacances Sunwing. « Tous les vols de WestJet arrivent à Cuba avec une quantité de carburant suffisante pour assurer un départ sécuritaire du pays », a affirmé la compagnie aérienne dans un courriel adressé à La Presse.

Des voyageurs partagés

À l’aéroport Montréal-Trudeau, lundi après-midi, les voyageurs rencontrés par La Presse étaient partagés.

Juliana avait prévu voyager avec WestJet pour se rendre une semaine dans un tout-inclus. Elle a voulu modifier ses plans à la dernière minute, mais la compagnie aérienne a refusé de la rembourser, a-t-elle affirmé. « J’espérais qu’ils annulent mon vol. Je l’espère toujours », a-t-elle confié, valise à la main, devant les comptoirs d’enregistrement des bagages.

« C’est sûr que c’est inquiétant, mais on a confiance dans le fait que la compagnie aérienne fasse en sorte qu’on puisse revenir », a indiqué Sébastien Latulippe, avant d’embarquer sur un vol d’Air Transat.

Deux voyageurs croisés par La Presse n’étaient cependant pas au courant de la situation. « Ça ne m’inquiète pas du tout », a indiqué Riza. « Si on ne peut pas revenir, on restera là-bas ! », a lancé son ami.

Certains voyageurs déjà sur place et contactés par La Presse ont confié être inquiets.

« Nous avons appris la situation concernant les pénuries de carburant [dimanche] soir. J’ai ressenti beaucoup d’anxiété et je n’ai pas eu une belle nuit », a expliqué Isabelle Tremblay, qui est sur l’île depuis mercredi dernier.

Son agente de voyages lui a finalement écrit lundi matin pour lui confirmer que son vol avec WestJet était toujours prévu pour mercredi. Le message l’a beaucoup rassurée, mais elle reste préoccupée et espère que son vol sera maintenu.

D’autres, néanmoins, prennent plutôt bien la situation. « Pour nous autres, ça va très bien. On ne manque pas de nourriture, on est allés plusieurs fois en ville depuis qu’on est arrivés, il n’y a aucun problème », a indiqué Sonia Duchesne. Son vol de retour prévu avec WestJet est également maintenu pour mercredi.

En attendant, Éric Boissonneault, vice-président de l’Association des agents de voyages du Québec, recommande aux voyageurs de rester prudents. « Pour l’instant, ce n’est pas encore la catastrophe », a-t-il indiqué en entrevue avec La Presse. « Mais est-ce que je dirais à quelqu’un de réserver aujourd’hui un séjour à Cuba ? Non, je lui dirais d’attendre 24, 48 heures pour voir ce qu’il va se passer. »

Selon la firme Cirium, 49 vols sont prévus au départ de Montréal et à destination de Cuba, entre lundi et vendredi. Depuis l’ensemble du Canada, sur la même période, plus de 150 vols sont prévus.

Avec Julien Arsenault, La Presse

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