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Parodie olympique censurée: Radio-Canada vient à la rescousse d’Ariel Charest

Déposée vendredi sur les réseaux sociaux de la comédienne, la vidéo, où Ariel Charest personnifie son analyste chouchou pendant que l’acteur Tommy Lee Salvas campe son complice à la description, a très rapidement cumulé les visionnements.

En mortaise, des images de la performance des danseurs canadiens Piper Gilles et Paul Poirier qui ont arraché le bronze.

En moins 24 heures la «synchronisation oklabiale» du verbatim — oui, c’est comme ça qu’on appelle le lipsync en français — a été repérée par le CIO.

Le jour de la Saint-Valentin, Ariel Charest a donc annoncé la nouvelle à ses abonnés.

«Ouais, salut la gang, petite vidéo complètement improvisée ce matin pour vous dire que oui, vous ne rêvez pas: la vidéo a été supprimée à mon grand désarroi cette nuit. Elle a été “flaggée” par le Comité olympique… quand même, tu sais, ça s’est rendu jusqu’aux hautes instances», lance-t-elle, mi-amusée, mi-dépitée.

Protection juridique compliquée à faire respecter

En entrevue avec Le Soleil, la comédienne reconnaît puiser davantage dans l’élan créatif que dans la prudence juridique lorsqu’elle se lance dans une parodie. Un genre qui bénéficie d’ailleurs de certaines exemptions en matière de droits d’auteur, utilisation équitable ou fair use en anglais.

«Moi, je fais ça vraiment de manière ludique, pour le plaisir. Je la fais et je me dis: on verra ce qui arrivera et on avisera», dit-elle.

Au fil des années, Ariel Charest dit avoir multiplié les discussions avec des avocats spécialisés en droits d’auteur, consciente que l’étiquette de la parodie n’est pas un bouclier absolu.

«Les limites sont nichées, et ça laisse place à la subjectivité. Qu’est-ce qu’une parodie, exactement? C’est tout un monde qui me dépasse encore. Mais ça me donne envie de m’informer davantage, parce que je trouve ça vraiment intéressant.»

La main tendue de l’ayant droit

Cette fois, «il y a comme une affaire qui s’est mise en place», raconte-t-elle. Radio-Canada a vu la vidéo et a rapidement tendu la main.

«C’était un peu: mon Dieu, c’est tellement une belle vidéo… mais il y a deux ou trois choses à clarifier du côté des droits d’auteur», poursuit Ariel, qui a alors passé le dossier à son agence.

Conclusion: un revirement spectaculaire, ou comme le décrirait Alain Goldberg: «RÉUSSI !!! ÉMÔÔÔTION!!!»: Radio-Canada a pris la balle au bond.

«Comme la vidéo utilise des images de compétitions dont les droits sont strictement protégés par le Comité international olympique (CIO), elle risquait d’être retirée définitivement de ses plateformes», explique Marie Tétreault, cheffe de la promotion et des relations publiques à Radio-Canada, ayant droit des images olympiques ici.

Elle précise que la parodie avait d’abord été diffusée de façon indépendante par Ariel Charest.

«Nous avons conclu une entente avec Ariel et son équipe afin de régulariser l’utilisation de ces images pour que la vidéo soit autorisée par le CIO», ajoute-t-elle, soulignant que cette entente permet au public de continuer à visionner le contenu en conformité avec les règles olympiques.

Depuis lundi, la vidéo est donc de nouveau en ligne.

Contenu comique à fort potentiel

Pour la principale intéressée, l’épisode confirme surtout le potentiel de ce type de contenu.

«Il y a vraiment du stock là. C’est tellement une belle publication croisée. Ça permet de mettre les athlètes en valeur et les commentateurs de l’avant d’une manière créative.»

Ce nouveau partenariat fait l’évidence. Si elle regrette de ne pas y avoir pensé avant, Ariel Charest a surtout en mire la poursuite de cette collaboration à Los Angeles où auront lieu les prochains Jeux d’été. Peut-être un futur lipsync de Nils Oliveto et Kéven Breton aux épreuves d’athlétisme piste et pelouse?

Quant à Alain Goldberg, il n’est n’est pas un choix anodin pour la comédienne.

«Moi, j’ai fait du patinage artistique toute ma jeunesse à Saint-Félicien. Alain, c’est une voix qui me suit depuis ma tendre enfance, relate-t-elle. C’est une voix familière, réconfortante, intense. Elle était là quand j’ai vu le couple Salé-Pelletier à Salt Lake City en 2002, elle m’accompagne à tous les Jeux.»

Ce qui fascine, dit-elle, c’est cette théâtralité. «Il y a comme une poésie qui se mêle à des propos super techniques. C’est tellement chargé émotivement. C’est du bonbon pour moi.»

Après cinq ans à multiplier les parodies de verbatim, elle se dit encore surprise de l’ampleur du phénomène. «Juste de générer des rires, dans un moment mondialement lourd et difficile, pour moi, humainement, je suis comme: mon Dieu, ça peut être ça la petite part que je fais.»

Ariel Charest? Une microdose de bien-être.

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