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Victoire du Canada contre la Tchéquie | Inspirez, expirez. Inspirez, expirez.

(Milan) Grazie, Nick Suzuki. Grazie, Jordan Binnington. Surtout, grazie mille, Mitch Marner. Sans leurs trois jeux cruciaux dans les dernières minutes du match, mercredi, nous aurions débattu du déclin du hockey canadien pendant quatre ans, le Canada aurait chuté au 124e rang des pays les plus heureux, et j’aurais été affecté à la couverture du bobsleigh jusqu’à la fin des Jeux.


Publié hier à
18 h 44

C’est passé proche.

À la 55e minute, mamma mia, c’était la cata. La Tchéquie menait 3-2. Pas la grande Tchéquie d’antan, avec Jaromir Jagr et Dominik Hasek dans l’alignement. Une Tchéquie en mode mineur, dont la moitié des gars jouent ailleurs que dans la Ligue nationale. Dans le pool des journalistes où on pige un candidat pour l’auteur du but gagnant, mon voisin de table – appelons-le G. L. – est tombé sur Filip Chlapik. Son niveau de confiance frôlait celui des hockeyeurs français avant leur match contre les Canadiens.

Les Tchèques, donc, jouaient très bien. Lorsque Nick Suzuki a égalisé 3-3 en fin de troisième période, la foule canadienne à l’aréna Santa Giulia s’est enfin sentie libérée, délivrée.

Ses cris ont enterré ceux des nombreux partisans tchèques. Plus le temps passait, plus le stress montait. Et plus le stress montait, plus la productivité partout au Canada s’effondrait. Puis avec 75 secondes au cadran, un attaquant tchèque a bloqué un tir de Devon Toews, a récupéré la rondelle et s’est échappé.

Filip Chlapik ?

Non. Martin Necas, 62 points cette saison. Probablement le seul Tchèque, avec David Pastrnak, qui aurait percé l’alignement canadien. Tous les spectateurs ont retenu leur souffle. Leurs joues ont gonflé comme celles des poissons-globes lorsqu’ils se sentent menacés. Necas a tenté une feinte du revers. Jordan Binnington a sorti la jambière. Arrêt. Une petite brise est venue flatter notre visage. Tous les Canadiens venaient d’expirer en même temps.

Binnington a été « solide comme un roc », a commenté Toews. « Il a fait de gros arrêts », a dit Cale Makar. « Il nous a gardés dans le match », a ajouté l’entraîneur Jon Cooper.

Prolongation. Même scénario qu’en finale de la Confrontation des 4 nations – dans un climat géopolitique plus sain.

Cette soirée-là, Connor McDavid avait joué les héros, en comptant sur une passe parfaite de Mitch Marner. Mercredi, Marner s’est chargé lui-même de la victoire, avec un des buts les plus spectaculaires de l’année.

Il a tenté une entrée de zone à un contre trois. Un jeu à faible pourcentage de réussite qui, il faut le dire, fait généralement suer les entraîneurs. Surtout en prolongation. « Quand j’ai dépassé la ligne bleue, a expliqué Marner, j’avais Macklin [Celebrini] quelque part à ma droite. J’ai voulu faire un jeu vers lui, mais j’ai vu deux Tchèques tricher en sa direction. J’ai aperçu un trou et je suis parvenu à me faufiler. » Son tir du revers a déjoué Lukas Dostal.

Canada 4, Tchéquie 3.

Le chemin vers la médaille d’or se rouvrait.

« Ce fut un match en montagnes russes », a convenu Marner. « Encore plus intense que les septièmes matchs [des séries] auxquels j’ai pris part », a ajouté Thomas Harley. Les Canadiens jurent qu’ils n’ont pas pensé perdre. « Pas avec tous ces gars, a expliqué Brad Marchand. Avec cinq minutes au match, personne ne se sentait comme ça. »

PHOTO HASSAN AMMAR, ASSOCIATED PRESS

En douleur après un contact avec Radko Gudas, le capitaine Sidney Crosby (87) est rentré au vestiaire en deuxième période.

Sauf que l’équipe canadienne a tout de même été ébranlée par la perte de son capitaine Sidney Crosby, victime d’une blessure à une jambe subie lors d’une mise en échec de Radko Gudas, en deuxième période. L’auteur du but gagnant des Jeux de 2010 n’est pas revenu au jeu, mais il est retourné dans le vestiaire pendant l’entracte pour encourager ses coéquipiers.

« Allez la chercher, les boys ! », leur a-t-il demandé.

« C’est un vrai leader, a raconté Jon Cooper. Les gars ne voulaient pas que son tournoi se termine comme ça », sur une défaite contre la Tchéquie. On n’a pas su immédiatement la gravité de la blessure de Crosby, mais s’il devait rater le reste de la compétition, ce serait évidemment une mauvaise nouvelle pour les Canadiens.

On regretterait alors sa production et son expérience. La profondeur de la formation serait testée. Or, le Canada ne manque ni d’attaquants créatifs ni de joueurs qui ont disputé des matchs cruciaux. Presque toute l’équipe a participé à la partie la plus stressante des 15 dernières années, la finale de la Confrontation des 4 nations. Plusieurs joueurs – dont Binnington – ont gagné la Coupe Stanley. Drew Doughty a été champion olympique, Brad Marchand a remporté la Coupe du monde.

Macklin Celebrini pourrait aisément remplacer Crosby sur la première vague d’avantage numérique – ce qui a d’ailleurs été tenté mercredi.

Nick Suzuki est une doublure tout indiquée pour piloter le troisième trio. Le capitaine du Canadien nous a encore démontré, contre les Tchèques, qu’il était capable d’élever son niveau de jeu au moment où ça compte le plus.

« Dans un court tournoi comme celui-là, il y a toujours des hauts et des bas, a rappelé Brad Marchand. C’était un bon test. Le genre de match qui soude un groupe. »

Et qui force l’introspection, même au sein d’une équipe aussi talentueuse.

« Nous avons gagné nos trois premiers matchs facilement 5-0, 5-1, 10-2, a souligné Nathan MacKinnon. C’est bon d’avoir de l’adversité comme ça. Ça nous aide à rester humbles. »

Rectificatif
Dans une version préliminaire, il était écrit que Brad Marchand avait déjà été champion olympique. Il avait plutôt gagné la Coupe du monde de 2016. Nos excuses.

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