Conflit au Moyen-Orient | La guerre contre l’Iran s’étend, l’ambassade américaine à Riyad est touchée

(Washington) Donald Trump a averti que la guerre contre l’Iran pourrait durer un mois ou plus, au moment où le conflit s’étend sur de multiples fronts avec de nouveaux raids américains et israéliens, et où Téhéran a visé mardi l’ambassade des États-Unis à Riyad.
Publié à
9 h 38
Mis à jour à
22 h 16
Au quatrième jour de la guerre, le conflit ne donne aucun signe de répit, chaque camp affichant, au contraire, sa détermination à poursuivre les hostilités.
Un incendie s’est déclaré dans la nuit de lundi à mardi au sein de l’ambassade américaine à Riyad à la suite d’une attaque de deux drones iraniens, a annoncé le ministère saoudien de la Défense, alors que les États-Unis ont incité leurs ressortissants au Moyen-Orient « à partir maintenant ».
Selon le ministère saoudien de la Défense, huit drones ont été interceptés dans la nuit à Riyad et la ville d’Al-Kharj, située au sud-est de la capitale.
Interrogé sur la riposte à cette attaque, le président américain, Donald Trump, a déclaré : « vous le découvrirez bientôt ».
Les Gardiens de la révolution – armée idéologique de la République islamique – ont revendiqué l’attaque d’un pétrolier, présenté comme lié aux États-Unis, dans le détroit d’Ormuz, et de nouveau visé les riches pays du Golfe, qui abritent plusieurs bases militaires américaines.
Un général iranien a menacé lundi de « brûler tout navire » tentant de franchir le détroit, passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial, fermé de facto en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Israël a de son côté étendu ses opérations au Liban, y menant des frappes meurtrières massives, en riposte à une attaque du mouvement chiite Hezbollah en soutien à Téhéran.
PHOTO RABIH DAHER, AGENCE FRANCE-PRESSE
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne qui a ciblé le village d’Habbouch, dans le sud du Liban, le 2 mars 2026.
Dans un communiqué mardi matin, l’armée israélienne a dit frapper « les centres de commandement et les entrepôts d’armes du Hezbollah à Beyrouth ».
La chaîne de télévision libanaise Al-Manar, affiliée au Hezbollah, a dit que ses locaux dans la banlieue sud de Beyrouth avaient été bombardés.
Télévision publique attaquée
En Iran, l’armée israélienne a affirmé dans la nuit avoir « frappé et démantelé » le siège de la radiotélévision publique iranienne (IRIB) dans le nord de Téhéran, mais celle-ci a dit poursuivre ses émissions.
De puissantes explosions ont retenti dans plusieurs quartiers à Téhéran, selon des journalistes de l’AFP.
« Ils frappent très fort aujourd’hui. Toutes les deux-trois heures, et cela dure environ une demi-heure. Les fenêtres tremblent. Presque tout le monde cède à la peur », a déclaré lundi à l’AFP Elnaz, une habitante de Téhéran de 39 ans.
Dans une entrevue à la chaîne américaine Fox News, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a justifié l’opération militaire par la nécessité de frapper le programme nucléaire de Téhéran avant qu’il ne devienne « intouchable ».
PHOTO MAJID ASGARIPOUR/WANA, FOURNIE PAR REUTERS
Des débris jonchent le sol après une frappe israélo-américaine contre un commissariat de police à Téhéran, en Iran, le 2 mars 2026.
Après la guerre de 12 jours et les frappes israélo-américaines en juin 2025, les Iraniens « ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d’arme atomique intouchables d’ici quelques mois. Si aucune action n’avait été entreprise maintenant, aucune action n’aurait pu l’être dans le futur », a assuré M. Nétanyahou, un grand allié de Donald Trump.
Pas de « guerre sans fin »
« Et alors ils auraient pu viser l’Amérique. Leur faire du chantage », a-t-il ajouté.
« Vous n’allez pas avoir une guerre sans fin » contre l’Iran, a-t-il insisté, promettant une « action rapide et décisive ».
Donald Trump mise, lui, sur une campagne militaire de « quatre à cinq semaines », tout en assurant que les États-Unis peuvent « aller bien au-delà ».
Le président américain a également affirmé qu’il n’hésiterait pas à envoyer des troupes au sol « si nécessaire ».
PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS
Le président américain, Donald Trump
La République islamique a continué de lancer des missiles et drones en direction d’Israël, qui a prolongé la fermeture des écoles, des bureaux et l’interdiction des rassemblements jusqu’à samedi. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.
Selon les Gardiens de la Révolution, l’Iran a « attaqué 60 cibles stratégiques et 500 cibles militaires » américaines et israéliennes depuis samedi, dont les bureaux du premier ministre Benyamin Nétanyahou.
Au Qatar, l’armée a intercepté deux missiles balistiques tôt mardi, a annoncé le ministère de la Défense après que des journalistes de l’AFP ont entendu de fortes détonations à Doha, la capitale.
Le Koweït a été parmi les plus touchés.
Trois avions de combat américains qui se sont écrasés dans ce pays ont été abattus « par erreur » par sa défense aérienne, a indiqué l’armée américaine.
Des journalistes de l’AFP ont également constaté des explosions en Arabie saoudite, au Bahreïn et aux Émirats arabes unis, où l’aéroport de Dubaï a suspendu tous ses vols.
« On attend de pouvoir partir et surtout, on attend d’avoir des informations », a témoigné auprès de l’AFP Raphaëlle, Française de 37 ans, confinée dans son hôtel.
Six Américains tués
Face à l’extension d’un conflit protéiforme, l’inquiétude a gagné les marchés financiers, faisant grimper les cours des hydrocarbures et du dollar. Les bourses internationales affichent des pertes conséquentes pour leur premier jour d’ouverture depuis le début des hostilités, sans toutefois céder à la panique.
Malgré la mort de nombreux responsables iraniens, dont celle du guide suprême Ali Khamenei, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a rejeté toute négociation avec Washington et affirmé que son pays se battrait « quel que soit le prix », pour « défendre farouchement » sa « civilisation vieille de 6000 ans ».
Six militaires américains ont été tués depuis le début de la guerre avec l’Iran samedi, a annoncé lundi le Pentagone, alors qu’un précédent bilan avait fait état de quatre morts.
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Après l’annonce de la mort d’Ali Khamenei, qui a dirigé l’Iran d’une main de fer durant près de 37 ans, le gouvernement iranien a appelé la population à se rassembler lundi soir à travers Téhéran, pour lui rendre hommage.
Des rassemblements se sont tenus dans différentes villes du pays, selon des images de la télévision iranienne.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a lui déclaré que les États-Unis « aimeraient » voir le peuple iranien renverser son gouvernement, mais que cela n’était pas « l’objectif » de la guerre.




