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Conflit au Moyen-Orient: une hausse de 6 cents le litre d’essence à partir de mercredi minuit

Le conflit en Iran fait flamber le prix du baril de pétrole et l’essence pourrait bondir de 6 ¢ le litre dès mercredi à minuit.

• À lire aussi : Conflit en Iran : Macron évoque un « embrasement possible à nos frontières »

Depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran samedi, les marchés pétroliers s’emballent. Le baril de Brent a bondi de près de 10 % lundi matin, frôlant 80 $.

Si le baril atteint 100 $, scénario jugé plausible par plusieurs experts, préparez-vous à payer entre 20 et 30 ¢ de plus le litre à la pompe.

Sur un plein de 60 litres, ça représente de 12 $ à 18 $ de plus à chaque arrêt.

« Ça va monter de 6 ¢ le litre mercredi à partir de minuit, prédit l’expert Dan McTeague, président de Canadians for Affordable Energy. Pour le diesel, la hausse sera de 13 ¢ le litre. Et le pire est à venir. »

« On doit s’attendre à une hausse du prix de l’essence dans les prochaines semaines, surtout si le confilt perdure », confirme Yvan Cliche, chercheur et spécialiste en énergie au CÉRUM

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Files d’attente

Au Costco de Lebourgneuf, à Québec, de nombreux automobilistes attendaient pour faire le plein à 134,9 $ le litre d’essence.

Une longue file d’attente longeait l’entrepôt du géant des aubaines avant même qu’on puisse s’approcher de l’emplacement où se trouvent les pompes.

« Habituellement, il y a moins de monde que ça, mais avec la [semaine de] relâche et ce qui se passe en Iran, y’a des chars », constate Marc Rousseau, qui devra patienter au moins 15 minutes pour mettre de l’essence.

Pour Vanessa Brousseau également, l’occasion était belle pour remplir le réservoir de sa voiture avant que le coût du carburant ne grimpe cette semaine, comme le prévoient les experts.


Les automobilistes étaient plus nombreux que d’habitude au Costco de Lebourgneuf, à Québec, lundi midi. Vanessa Brousseau en a profité pour faire le plein de sa Volkswagen.


Photo LOUIS DESCHÊNES

« Oui je suis l’actualité […] je mets de l’essence en prévision d’une hausse, si on peut économiser un peu, on en profite », dit-elle.

À la station Harnois de Repentigny, Benoît Tremblay était « pas trop inquiet ». 

« Le prix a même baissé ce matin ! Moi, si ça monte, ça n’affectera pas trop mon budget, mais je sais que pour d’autres, ça peut faire mal », dit-il. 

Dans la grande région de Montréal, le prix de l’essence ordinaire était 152,9 $ le litre lundi matin.


L’automobiliste Benoît Tremblay fait le plein d’essence à la station Harnois de Repentigny: «Je suis pas trop inquiet, le prix a même baissé ce matin!» «Moi si ça monte ça n’affectera pas trop mon budget, mais je sais que pour d’autres, ça peut faire mal.»


Photo DAVID DESCÔTEAUX

Le détroit d’Ormuz

Au cœur de la crise : le détroit d’Ormuz. Ce corridor maritime de 50 kilomètres de large, qui longe la côte iranienne, est le passage obligé de 21 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale.

Deux pétroliers y ont déjà été touchés par des missiles en fin de semaine. Des dizaines d’autres navires se sont immobilisés à l’entrée, en attente.

Lundi après-midi, Téhéran annonçait qu’il bloquait le détroit d’Ormuz : tout navire sera pris pour cible, ont prévenu les Gardiens de la révolution.

Lundi matin, Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants, a expliqué à QUB, ce qui attendait les consommateurs.

« Il ne faudrait pas être surpris dans les prochains jours de voir un impact. La relation est assez directe entre le prix de la matière première et le prix à la pompe. Les compagnies fonctionnent sous le système qu’on appelle last in, first out: le dernier baril qui rentre, c’est le premier qui sort. Il n’y a pas de jeu d’inventaires. À la hausse ou à la baisse, ça se produit très rapidement. »

« Les gens ne comprennent pas pourquoi les bateaux ne passent plus. Les coûts d’assurance, dans les derniers jours, ont augmenté d’environ 100 000 $ par voyage, de 250 000 $ à 350 000 $ pour assurer un seul transport. Les compagnies d’assurance avisent les transporteurs, et les transporteurs disent à leur capitaine : “Les bateaux restent garés au port”. Donc, même si le détroit était ouvert, en pratique, il n’y a personne qui va s’aventurer là. »

Hausses du printemps

Par ailleurs, chaque printemps, les automobilistes québécois ont l’impression que le prix de l’essence grimpe sans raison apparente. Pourtant, deux facteurs bien connus de l’industrie expliquent en grande partie cette hausse saisonnière : l’arrivée de l’essence d’été et la période d’entretien des raffineries.

Dès mars, les raffineries commencent à produire une essence adaptée aux températures plus chaudes. L’essence dite d’été est moins volatile afin de limiter l’évaporation et de réduire la formation de smog.

Cette formulation respecte des normes environnementales plus strictes, mais elle est aussi plus coûteuse à fabriquer. Les ajustements techniques nécessaires et la moindre flexibilité d’approvisionnement font augmenter les coûts de production.

Au même moment, plusieurs raffineries d’Amérique du Nord entrent en période d’entretien planifié, souvent entre février et avril.

Ces « arrêts » annuels permettent d’inspecter et de moderniser les installations, mais ils réduisent temporairement la capacité de production. Résultat : l’offre d’essence diminue précisément au moment où les distributeurs commencent à se préparer pour la forte demande estivale.

Cette combinaison crée de la pression sur les prix à la pompe.

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