Les adieux au Forum, le bonjour au Centre Molson de Jocelyn Thibault

Déjà 30 ans.
Le 11 mars 1996.
Après une victoire face aux Stars de Dallas, les tapis rouges sont déployés sur la glace du Forum, pour que les grands capitaines de l’histoire du Canadien de Montréal se transmettent le flambeau, tout en le portant bien haut.
Maurice Richard, Jean Béliveau, Yvan Cournoyer, Henri Richard, Émile Bouchard, jusqu’à Pierre Turgeon, capitaine du CH il y a 30 ans.
Pour ce dernier match au Forum, et pour le premier disputé quelques jours plus tard au tout nouveau Centre Molson, Jocelyn Thibault était aux premières loges.
Acquis il y a quelques semaines à peine lors du fameux échange qui a fait passer Patrick Roy du Canadien à l’Avalanche, il se souvient de tout.
Deux soirées exceptionnelles, qui demeureront gravées dans la mémoire du p’tit gars de Laval, fan fini du Canadien lorsqu’il était enfant, avoue-t-il.
«Je suis débarqué à Montréal en décembre 1995. Déjà, il y avait une différence entre être un joueur visiteur et un joueur local. Je jouais avec les Nordiques, avant, j’ai donc joué à Montréal dans cet uniforme. Déjà, avec la rivalité, c’était quelque chose!», rigole l’ancien choix de première ronde des Nordiques de Québec (#10 en 1993).
«C’est la première chose que j’ai fait, avec les Nordiques, entourer les dates où on jouait au Forum contre le Canadien. C’était un privilège, une soirée spéciale. On avait hâte à ces matchs-là. Les amis, la famille y étaient.»
«Dans l’uniforme du Canadien, c’est tellement autre chose. Mon premier match avec le CH, c’était un samedi soir, on avait annulé 2-2. Pendant l’hymne national, j’étais très émotif; c’était la première fois que je mettais le chandail du Canadien, sur la glace du Forum, wow!»
«J’étais un fan, fan, fan du Canadien quand j’étais jeune. Quand tu grandis, tu regardes les matchs à la télévision, tu vois les joueurs entrer sur la glace, par le corridor, donner des entrevues dans le vestiaire. Quand c’est toi qui est là, dans le vestiaire, dans le corridor, c’est vraiment cool. C’est un privilège pour un p’tit cul qui réalise un rêve», se rappelle-t-il.
Le flambeau, Maurice, l’émotion, les longues ovations, les coupes Stanley, l’histoire qui se déroule sous les yeux.
«On savait que ce serait une grosse semaine, avec deux grosses cérémonies. Le dernier match contre Dallas au Forum et le premier contre les Rangers, au Centre Molson. Et on ne voulait pas perdre ces matchs-là!»
«Toutes les légendes étaient là. On nous avait communiqué le scénario des deux soirées et on a passé notre temps avec un gros sourire dans le visage! J’ai embarqué sur la glace avec Gump Worsley, de mémoire, un gardien légendaire. C’était vraiment cool pour nous. Tous ces grands joueurs, c’est un peu, beaucoup l’histoire du Québec devant nous.»
Une victoire de 4-1 contre les Stars de Ken Hitchcock et de Bob Gainey, une solide équipe qui comptait aussi Guy Carbonneau dans ses rangs.
«On avait vraiment joué un bon match, je n’ai pas eu à voler le match, les gars avaient super bien joué devant moi.»
La fermeture du Forum s’est effectuée le 11 mars 1996, et l’ouverture officielle du Centre Molson, le 16 mars.
Des matchs disputés en fin de saison.
«En mars, on approche des séries, il y a des enjeux. Ça amène une grande énergie, un petit kick avant la fin de la saison. On a eu des rencontres avec l’organisation, pour les scénarios des deux soirées. C’est du gros positif, une grande dose d’adrénaline. Au Centre Molson, on jouait devant le premier ministre du Québec et du Canada. C’est l’fun de participer à des matchs significatifs comme ça», indique Jocelyn Thibault.
Le ressenti, entre le Forum et le Centre Molson, était différent, dit l’ancien gardien de la LNH. Mais pas tant.
«Le Centre Molson, ça reste encore à ce jour un des bâtiments les plus le fun à jouer. Le Forum, c’était petit, intimidant, ça sentait l’histoire. Comme au Garden à Boston, au Stadium à Chicago. C’est dur de comparer. Mais le Forum, ce sont toutes les coupes Stanley, l’histoire, la gloire.»
Vivre l’histoire, côtoyer les légendes du passé, fait aussi partie des souvenirs impérissables liés au Forum et au Canadien, précise Jocelyn Thibault.
Des souvenirs qui resteront gravés.
«Ce sont des moments marquants, dans une carrière. Pour un gars du Québec. Je me ferme les yeux, et c’est le genre de souvenirs qui revient rapidement.»



