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Ligue américaine | Assuré de jouer en séries, le Rocket se méfie des « mauvaises habitudes »

Alors que les matchs se succèdent à un rythme effarant pour le Canadien de Montréal et que la plupart de ses espoirs les plus prometteurs de l’organisation évoluent déjà dans la LNH, le Rocket de Laval passe davantage sous le radar cette saison. Le club-école du CH vient pourtant, avec encore 10 matchs à disputer, de se qualifier pour les séries éliminatoires de la Ligue américaine. État des lieux en huit points.


Publié à
18 h 20

Ça roule à Laval

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Jacob Fowler

Avant d’affronter les Thunderbirds de Springfield, vendredi soir, le Rocket avait signé 38 victoires en 62 matchs et récolté 81 points, ce qui est déjà suffisant pour terminer parmi les cinq premières équipes de la division Nord de la Ligue américaine et ainsi accéder aux séries éliminatoires de la Ligue américaine. Les Lavallois font belle figure sur le plan offensif, au 10e rang du circuit pour la moyenne de buts marqués par match, et paraissent encore mieux défensivement, au cinquième rang. Les gardiens de but, notamment, ont abattu du solide boulot, surtout Jacob Fowler, désormais à Montréal, quoique Kaapo Kahkonen (19-7-3 avant vendredi) n’ait pas été en reste. Bref, tout roule.

La structure à l’honneur

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Alex Belzile

En revenant chez le Rocket après deux saisons passées à Hartford, Alex Belzile a constaté combien le groupe d’entraîneurs dirigé par Pascal Vincent avait bâti une « structure solide ». En cette « année 2 » de Vincent derrière le banc, « on ne recommençait pas à zéro », a poursuivi le vétéran, croisé vendredi après l’entraînement matinal de son club. « La base était bonne, c’était facile de rajouter des choses et de prendre notre erre d’aller. » Le pilote, lui, a vanté la qualité de ses joueurs et leur leadership, décrivant leur constance comme leur « superpouvoir ». « On ne tient jamais rien pour acquis », a-t-il résumé.

Reinbacher s’affirme

PHOTO CHRISTOPHER KATSAROV, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

David Reinbacher

Déjà, l’une des histoires positives de cette saison, chez le Rocket, est celle de David Reinbacher. Dans un récent billet, notre collègue Mathias Brunet le décrivait d’ailleurs comme un défenseur « métamorphosé ». Le personnel d’encadrement a préparé un plan complet pour relancer l’Autrichien de 21 ans. Pari réussi. Désormais utilisé à profusion dans toutes les situations, Reinbacher a amassé 11 points à ses 19 derniers matchs. « C’était une question de temps, a insisté Pascal Vincent, faisant allusion aux antécédents de blessures du défenseur. C’est encore un jeune homme, il va prendre du coffre et de la maturité. Mais on commence à voir un gars confortable, qui sait à quoi s’attendre et qui sait ce qui marche pour lui. Il va juste continuer à s’améliorer. »


Lisez le billet de Mathias Brunet

Engström confirme

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Adam Engström

Si Reinbacher a été l’étoile de la deuxième moitié de saison en défense, Adam Engström l’a précédé dans la première portion du calendrier. Son brio lui a même valu un rappel de 10 matchs avec le Tricolore, dont il est revenu gonflé à bloc. « Ça m’a permis de jouer avec et contre des joueurs extrêmement talentueux, a noté le Suédois. L’approche est différente [dans la LNH], car tu sais que tu vas toujours affronter des joueurs incroyables. Chaque erreur est coûteuse. J’ai rapporté ça ici ; je pense que je gère mieux les risques. » À sa deuxième saison dans la Ligue américaine, Engström a jusqu’ici récolté 33 points en 41 matchs. Une blessure l’a récemment privé de quelques semaines d’activités, mais il a repris le collier mercredi.

Les jeunes gardent le cap

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Owen Beck

Les équipes de la Ligue américaine qui connaissent du succès sont souvent des groupes de vétérans. Le Rocket avait déjà défié cette tendance la saison dernière avec un effectif rempli de recrues ; ces joueurs ont aujourd’hui vieilli, mais demeurent verts à plusieurs égards. Parmi eux, les attaquants Owen Beck et Florian Xhekaj ont vu leur production offensive légèrement fléchir, mais ce n’est pas une mauvaise nouvelle, selon Pascal Vincent. Les deux ont plutôt vu leur identité se « définir » au cours des derniers mois. Le pilote veut faire de Xhekaj un « joueur complet », dont la robustesse n’est pas le seul atout. On l’emploie ainsi en désavantage numérique, en fin de match, dans les mises au jeu névralgiques, etc. Quant à Beck, attendu comme un centre à caractère défensif, « il a mis un peu de temps à découvrir qui il est à ce niveau-là », analyse Vincent. Après avoir élevé son jeu en séries éliminatoires le printemps dernier, il apprend cette année à générer de l’attaque « sans forcer les jeux ».

Farrell, la carte cachée

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Sean Farrell

Invité à dire quel joueur avait le plus retenu son attention jusqu’ici cette saison, Adam Engström a spontanément répondu : Sean Farrell. Le petit attaquant, à sa troisième année chez les professionnels, est en voie d’établir un nouveau sommet offensif. « Il est très talentueux, toujours bien positionné et excellent défensivement, a détaillé Engström. Il passe sous le radar. » Pas sous celui de son entraîneur, en tout cas, qui l’a décrit comme un élément essentiel aux succès de son premier trio. « S’il mesurait 6 pi 2 po, il serait dans la LNH et gagnerait des millions, a illustré Vincent. Il se donne toutes les chances d’avoir du succès au prochain niveau. On est chanceux de l’avoir. »

Et les plus vieux ?

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Laurent Dauphin

L’un des atouts du Rocket réside dans le mélange de jeunes et de vétérans. Les espoirs de l’organisation sont scrutés de près, mais Laurent Dauphin (4e) et Alex Belzile (10e) sont parmi les meilleurs pointeurs de la ligue. Samuel Blais, avec 26 points en 26 matchs à Laval depuis que le Canadien l’a rapatrié dans l’organisation, ajoute aussi du punch à l’attaque. Belzile, qui n’est qu’à 3 points de son sommet personnel (56), est comme un poisson dans l’eau. « C’est un système dans lequel c’était facile d’embarquer, dit-il. C’est motivant quand les choses sont structurées et qu’il n’y a pas de zones grises. Sur la glace, on peut travailler et laisser parler notre talent. »

Gare au piège

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Il reste 10 matchs à disputer au Rocket d’ici la fin de la saison.

Avec encore plusieurs matchs à disputer, joueurs et entraîneurs savent qu’un piège les guette : celui d’avoir un peu trop confiance en leurs moyens. Le travail n’est pas fini, martèle-t-on, et on vise maintenant un championnat de division, qui assurerait l’avantage de la glace pour les premiers tours des séries. « La chose la plus importante, c’est de ne pas créer de mauvaises habitudes de travail, a conclu Pascal Vincent. On va tester la maturité de l’équipe. […] On a une façon de jouer reconnue partout dans la ligue ; on est rapides, intenses, dans la face des adversaires… Une réputation, ça prend du temps à bâtir, mais ça change rapidement. On veut continuer à bâtir cette facette-là de notre identité. »

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