Julien Lacroix quitte l’humour

Julien Lacroix met fin à sa carrière d’humoriste. J’ai appris qu’il en fera l’annonce aujourd’hui sur ses médias sociaux. Deux semaines après avoir été largué par Juste pour rire, il se dit fatigué, aussi bien physiquement que mentalement.
L’humoriste, qui veut protéger sa famille avant tout, souhaite que sa situation serve au public et aux journalistes québécois de réflexion sur la question de l’annulation. Il quitte aussi son rôle de porte-parole pour Le Grand Chemin, un organisme qui aide les adolescents toxicomanes, et qu’il représentait depuis 2024.
Le dernier show
Dans ses publications sur les médias sociaux, l’humoriste de 33 ans reconnaît qu’il a déjà eu des comportements problématiques, mais réaffirme n’avoir jamais violé qui que ce soit et ne pas se reconnaître dans le portrait de prédateur que certains ont fait de lui.
On se rappelle que Julien Lacroix avait fait un retour progressif sur scène à partir de 2023 et que plus de 40 000 personnes avaient vu ses spectacles et choisi de lui donner une deuxième chance.
Le dernier spectacle à vie de Julien Lacroix aura donc été le vendredi 20 mars, au Vieux-Clocher de Magog. Un lecteur du Journal qui assistait à cet ultime spectacle m’a écrit ceci : « Après seulement une heure, il a fait son salut… puis a repris le micro pour annoncer qu’il souhaitait parler sérieusement. Il a expliqué que les derniers jours avaient été très difficiles pour sa famille et qu’il mettait fin à sa carrière, ajoutant que c’était son dernier spectacle. La foule a d’abord cru à une blague, ce qui aurait été plausible venant de lui. Mais non. Il a quitté la scène, les larmes aux yeux. Le public s’attendait à un retour, mais il n’est jamais revenu. »
Le 12 mars dernier, Juste pour rire annonçait qu’il allait produire le prochain spectacle de Julien Lacroix, pour changer d’avis 24 h plus tard, face au tollé soulevé.
Il semble que cette décision et la controverse qui a suivi ont provoqué une vague d’annulations chez les différentes salles qui devaient accueillir Julien Lacroix.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Or j’ai appris que ce qui a aggravé la situation, c’est un courriel envoyé par le Groupe Phaneuf, qui se spécialise exclusivement dans la production de spectacles d’humour, à de nombreuses salles de spectacles : « Il est fondamental pour nous qu’en aucun cas nos artistes se retrouvent dans une publicité, une publication, ou une promo conjointe avec toutes personnes soupçonnées, dénoncées, accusées ou condamnées pour crimes contre la personne. Merci de respecter notre position. »
Le Groupe Phaneuf produit entre autres François Bellefeuille, Louis-José Houde et Rosalie Vaillancourt.
Quelle salle voudrait risquer de perdre la présence de Houde, Bellefeuille ou Vaillancourt juste parce qu’elle a programmé Julien Lacroix ? Entre vous et moi, cela ressemble beaucoup à une condamnation à mort professionnelle.
Réhabilitation
En avril 2025, en entrevue à QUB, j’avais demandé à Julien Lacroix s’il comprenait que certaines personnes puissent ressentir un malaise face à son retour sur scène. Il m’avait répondu : « Je peux comprendre qu’il y ait un malaise, mais un spectacle, c’est des gens qui décident d’acheter des billets et de venir voir le show. Je n’ai aucun malaise avec des gens qui ont des malaises, j’ai un malaise qu’on décide pour des gens ce qu’ils ont le droit de voir ou pas ».
Finalement, on peut se demander si les citoyens qui sont condamnés à une peine de prison ne s’en sortent pas mieux que les « annulés », car après avoir purgé leur peine, ils peuvent être réhabilités et reprendre le travail.
Alors qu’avec les peines infligées par « le tribunal populaire », la sentence est une condamnation à vie.




