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Fils : nuit magique, nuit héroïque

Celle-ci, il s’en souviendra, et nous avec lui. Cela valait le coup d’attendre. D’attendre qu’il prenne son temps pour revenir à la compétition, piaffant de se jeter à nouveau dans l’arène après des mois à ronger son frein et son dos mal en point. D’attendre pour briser ce début de plafond de verre des Masters 1000. Quatre quarts de finale et quatre défaites jusqu’ici. La cinquième aura donc été la bonne. Que ce fut juste, que ce fut dur, mais qu’est-ce que c’est bon pour Arthur Fils ! C’est après un bijou de match, un des plus beaux de cette première partie de saison, qu’il a fini par vaincre un Tommy Paul pas moins méritant, mais finalement du mauvais côté de l’histoire.

Trois sets et pas loin de trois heures (2h48 exactement) pour une grande première. Mais c’est surtout le chiffre quatre qui restera. Quatre, comme le nombre de balles de match surmontées par Arthur Fils dans le tie-break du dernier acte, le troisième de ce duel intense. Mené 6-2, il a réussi à trouver des ressources invraisemblables pour rester en vie. Il a sauvé ces quatre balles de match, refusant la défaite. De 2-6 à 8-6, le Francilien a aligné les six derniers points pour sidérer le Hard Rock Stadium.

Qu’il aura été solide pour tenir sur ces quatre points pas comme les autres. Comme sur la première, sur un revers croisé joué quasiment en demi-volée, à la desperado. Puis avec ce passing en en deux temps, alors que Tommy Paul avait pris l’ascendant à l’échange et en était à 16 sur 17 au filet depuis le début de la partie. Il a tenu bon sur la troisième, encore, alors que l’Américain le secouait à nouveau. Avant de sortir une énorme première balle pour revenir à 6-6 et lever les bras pour savourer, déjà, cette première victoire qui couvait la suivante, la vraie.

36 jeux de service, pas un break

C’est dur pour Tommy Paul, magnifique toute la soirée, mais finalement lâché (surtout par son coup droit) au moment décisif. La petite moue admirative du gars du New Jersey au filet lors de l’accolade témoignait de son ressenti. Lui aussi est un sacré guerrier, sans avoir l’air d’y toucher. À la fin de l’été dernier, il avait livré à l’US Open, contre Alexander Bublik, un combat tout aussi ébouriffant, un des plus marquants de l’année. Il l’avait perdu, déjà. Il n’aura pas été plus heureux plus au sud, en Floride, mais il a lui aussi affiché un niveau de jeu impressionnant.

On a d’ailleurs cru que c’est lui, Tommy Paul, qui allait tenir le rôle du miraculé. Car au bout de ce match où les serveurs ont fait la loi, le 36e et dernier jeu de service de la rencontre a failli être fatal à l’Américain. A 6-5 dans le troisième set, Arthur Fils a ainsi obtenu sa… première balle de break, en forme de balle de match. Mais son coup droit lui a alors glissé de la raquette et, compte tenu du scénario initial du tie-break dans la foulée, on se préparait à raconter comment le Français allait quitter les États-Unis avec une ambition retrouvée, mais aussi d’immenses regrets. Et ce plafond de verre des quarts de finale qui commençait, décidément, à se muer en malédiction…

C’est donc une autre histoire que l’on peut raconter. Une de celles qui se finissent bien. L’histoire d’un petit miracle. L’histoire d’un joueur qui s’est tenu debout dans la tempête, qui a eu le mérite de ne pas sortir d’un match où son adversaire ne lui a rien laissé ou presque pendant trois sets sur son service. Une histoire dont il aura donc été, in fine, le héros. Au-delà du scénario, il restera un niveau de jeu maousse, ces coups droits à 160km/h tombés d’on ne sait où. L’histoire, aussi, d’un joueur en demi-finale du Masters 1000 de Miami sans avoir perdu une seule fois son service depuis le début du tournoi. Une histoire qui, sait-on jamais, n’est pas encore terminée. Le prochain chapitre le mènera vers Jiri Lehecka, vendredi. C’est peu dire que l’on a hâte d’y être.

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