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Antisémitisme et glorification du terrorisme: la visite de Rima Hassan doit être dénoncée

« Jean-Marie Le Pen est revenu, il s’appelle Rima Hassan ». Ce titre, tiré d’un éditorial au vitriol de l’hebdomadaire Le Point, vise Rima Hassan, députée européenne du parti « passionnément antisémite » La France insoumise. Elle sera prochainement l’invitée de deux conférences à Montréal — près d’un an après le passage de Jean-Luc Mélenchon. Comme cette dernière visite, celle-ci doit être dénoncée.

Le 31 mars, celle qui a affirmé que l’action du Hamas serait « légitime » viendra donner des leçons sur la « lutte contre le fascisme », aux côtés de Nima Machouf, Amir Khadir, Haroun Bouazzi et Émilie Nicolas. La veille, le 30 mars, elle s’affichera avec SPHR Concordia, lié à transformation du campus en un théâtre de tensions, d’intimidation et de dérives depuis plus de deux ans.

Celle qui s’inscrit dans une « gauche des ténèbres, vertige d’obscénité » — pour reprendre les mots de l’avocat français Richard Malka — est connue pour enchaîner les prises de position problématiques.

Violence politique

Elle a estimé que « tout Franco-Palestinien doit pouvoir rejoindre la résistance armée palestinienne ». Elle a repris et défendu le slogan « From the river to the sea », largement reconnu comme appelant à l’effacement total d’Israël. Elle a suggéré que certaines positions politiques seraient « dictées par le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) ». Elle a refusé de qualifier les massacres du 7 octobre 2023 comme des actes terroristes sans équivoque.

Cette liste — loin d’être exhaustive — révèle une trajectoire politique assumée que les faux-semblants ne suffisent plus à dissimuler. Une trajectoire qui ouvre la porte à une violence politique dont on ne peut plus ignorer les conséquences.

À deux reprises, des événements liés à Rima Hassan — elle-même familière des outrances— ont été marqués par des violences impliquant la milice de la Jeune Garde, groupe dissous par le Gouvernement Français pour violences répétées.

Le 27 mai 2024, huit membres de cette milice, qui assurait le service d’ordre d’un événement de l’eurodéputée, auraient agressé violemment dans le métro parisien un ado de 15 ans simplement parce que supposé juif. Récemment, la mort du sulfureux militant d’extrême-droite Quentin Deranque est survenue en marge d’une conférence à laquelle elle participait, dans un contexte impliquant ce dernier et des individus liés à la Jeune Garde.

Inviter Rima Hassan au Québec, c’est donc aussi inviter un écosystème contraire à nos valeurs communes. Un choix surprenant — et pourtant, tristement prévisible.

Tribune

Élue de La France insoumise, parti « modèle» pour Québec solidaire — qui sera représenté à cette conférence par son député non étranger aux polémiques Haroun Bouazzi — elle appartient à une formation visée par de graves accusations d’antisémitisme, qui refuse de qualifier le Hamas d’organisation terroriste et a été dénoncée pour avoir « rompu avec la longue tradition de lutte contre le racisme et l’antisémitisme de la gauche ».

Depuis plus de deux ans, la gauche radicale québécoise, aux affinités idéologiques évidentes avec LFI, se rapproche d’une mouvance en rupture croissante avec l’idéal démocratique. À force de jouer avec cette radicalité, elle s’éloigne des priorités des Québécois et révèle une déconnexion grandissante du réel — au cœur de laquelle s’installe une irresponsabilité assumée.

On ne banalise pas ce type de discours. On ne normalise pas ce type de trajectoire. On ne légitime pas ce type d’écosystème.

Sous couvert de militantisme, on offre une tribune à une figure politique ayant été entendue par la police dans le cadre d’une enquête pour « apologie du terrorisme ».

Accueillir Rima Hassan n’est donc pas un geste neutre, c’est un choix.

Et aujourd’hui, ce choix est une honte.

Julien Corona
Directeur des communications stratégiques et des relations publiques du CIJA

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