L’ex-boxeur Alex Hilton meurt à 61 ans

(Montréal) Le monde de la boxe montréalaise est en deuil. L’ex-pugiliste Alex Hilton s’est éteint à l’âge de 61 ans, a annoncé son frère, Jimmy Hilton, sur son compte Facebook mardi.
Publié à
14 h 59
Mis à jour à
17 h 10
On ignore pour l’instant la cause du décès, ainsi que les circonstances qui l’entourent.
« Les mots ne peuvent décrire le choc et la tristesse que nous ressentons tous à la suite de la perte de notre frère et fils adoré, Alex Stewart Hilton, un homme d’une grande bonté et d’une sincérité rare. Il s’est éteint paisiblement dans son sommeil aujourd’hui, à l’âge de 61 ans. Il était le meilleur fils, frère et ami qui ait jamais existé et il nous manquera terriblement. Je t’aime, mon frère », a écrit Jimmy.
L’information a ensuite été corroborée par l’associé et vice-président aux opérations et au recrutement de GYM, Bernard Barré, qui a appris son décès par texto d’un ami proche. Barré s’est surtout souvenu d’un jeune boxeur prometteur au début des années 1980.
« Alex, c’était le deuxième fils de la famille Hilton, celle qui a tenu la boxe professionnelle à bout de bras pendant plusieurs années », a d’abord déclaré Barré en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne mardi après-midi. « Alex, c’était un dur de dur.
« Je l’ai vu chez les amateurs et je peux vous assurer que ça n’était pas facile pour les boxeurs qui l’affrontaient. D’ailleurs, il avait eu une fiche incroyable chez les amateurs », a ajouté Barré, qui ne le côtoyait plus depuis quelques années.
L’ancien directeur technique d’InterBox a ensuite souligné son passage remarqué chez les professionnels, « où il a collé 20 victoires en ligne ».
Yvon Michel a abondé dans le même sens en soulignant dans un message publié sur la plateforme X qu’« il a livré 19 de ses 20 derniers combats sur des cartes que j’ai organisées, entre 1994 et 2004, bien encadré par son ami Gilles Proulx ».
« C’était un homme authentique, qui te regardait droit dans les yeux. Il avait aussi un excellent sens de l’humour. Sur le ring, il se battait avec fougue, courage et ne reculait devant personne même s’il ne l’a jamais eu facile », a indiqué Michel, en précisant l’avoir rencontré pour la dernière fois à la Place Bell, lors du combat de championnat du monde entre Kim Clavel et Evelin Nazarena Bermudez, en octobre 2023.
« Il m’avait semblé serein, bien dans sa peau et en paix avec lui-même, a-t-il évoqué. Mes sincères condoléances à Dave Jr., Matthew, Jimmy et tous les membres de sa famille. RIP Fighting Alex. »
PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
Hercules Kyvelos et Alex Hilton lors d’un combat le 15 décembre 2000
Durant sa carrière dans la boxe, Alex Hilton a rapidement fait sa marque en remportant à l’âge de 18 ans le titre canadien vacant des poids moyens lors d’un combat face à Ralph Hollett, en décembre 1983.
Il a par la suite perdu le titre en janvier 1985, après ne pas avoir été en mesure de respecter le délai pour organiser la défense de celui-ci. Puis, les choses ont commencé à tourner au vinaigre.
PHOTO ARCHIVES LA PRESSE
Matthew, Dave Jr. et Alex Hilton en décembre 1982
« Il a boxé contre Deano Clavet, au niveau local… Après ça, il est arrivé contre Stéphane Ouellet, et il s’est fait arrêter deux fois par lui. Là, on a vu ses limites. […] Il avait moins de talent que Dave, son frère aîné, et “Matty” (Matthew Hilton), qui sont d’ailleurs devenus champions du monde plus tard dans leur carrière », a rappelé Barré.
Ce dernier a également souligné sa fiche de 37-11, avec 23 K.-O., chez les professionnels, laquelle comprend six défaites subies en fin de carrière, alors qu’il « remplissait » les cartes des galas locaux.
À l’extérieur du ring, Hilton a eu plusieurs démêlés avec la justice au cours de sa vie, particulièrement durant les années 1980. Loin de le blâmer, Barré a préféré rappeler le contexte familial dans lequel Alex Hilton et ses frères avaient grandi.
« Ça n’a jamais été facile, car les Hilton n’ont pas été longtemps à l’école, a-t-il dit. L’éducation n’était pas vraiment une priorité dans cette famille-là. Donc, c’est sûr que pour Alex, c’était difficile, mais dans le fond, moi, la relation que j’ai eue avec lui, elle a toujours été bonne. Il avait toujours le sourire, il était content de nous voir, et il était toujours très poli. Je n’ai absolument rien à redire sur son attitude.
« C’est sûr que c’est décevant [de mourir à 61 ans], a-t-il poursuivi. C’est très jeune pour nous quitter. »




