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Leadership de Pierre Poilievre | Les défections au sein du Parti conservateur soulèvent des questions

(Ottawa) Un ancien proche collaborateur de Stephen Harper estime que la décision de Marilyn Gladu de quitter le Parti conservateur pour rejoindre les libéraux affaiblit le leadership de Pierre Poilievre.


Publié à
14 h 09

Sarah Ritchie et Catherine Morrison

La Presse Canadienne

« Ce changement de camp, plus encore que les précédents, affaiblit son leadership, a affirmé Dimitri Soudas, l’ancien directeur des communications de Stephen Harper. Non seulement parce qu’il s’agit d’une quatrième transfuge, mais aussi parce qu’il s’agissait d’une conservatrice pur jus. »

Mme Gladu, qui a été élue députée conservatrice à quatre reprises, a rejoint mercredi les libéraux du premier ministre Mark Carney.

Elle n’a pas critiqué directement M. Poilievre, mais elle a déclaré qu’elle rejoignait l’équipe de M. Carney parce que le pays a besoin d’« un leader sérieux ».

Sa défection offre la possibilité au gouvernement d’obtenir une majorité lors des trois élections partielles prévues lundi.

Mme Gladu est la quatrième conservatrice à faire défection depuis la fin de l’année dernière. Une cinquième députée de l’opposition, Lori Idlout, a quitté le NPD pour rejoindre les libéraux.

Le premier à avoir changé de camp, le député néo-écossais Chris d’Entremont, a cité le style de leadership de M. Poilievre comme l’un des facteurs ayant motivé sa décision de quitter le caucus conservateur.

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Le député Michael Ma

Le député ontarien Michael Ma a changé de camp en décembre, et le député albertain Matt Jeneroux a fait de même en février. Des rumeurs circulent depuis des mois selon lesquelles d’autres conservateurs envisageraient un changement d’allégeance.

Mme Gladu, cependant, ne figurait pas parmi les noms évoqués sur la Colline du Parlement comme futurs libéraux potentiels.

Pendant son mandat à Ottawa, Mme Gladu s’est insurgée contre les restrictions liées à la pandémie de COVID-19, s’est excusée publiquement d’avoir diffusé de fausses informations sur les vaccins, a voté contre un projet de loi interdisant les thérapies de conversion et a participé à des rassemblements pro-vie.

La députée néo-démocrate Leah Gazan a qualifié Mme Gladu de « conservatrice sociale d’extrême droite » dans une déclaration mercredi. Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé les libéraux de flirter « avec les opposants un peu intenses du contrôle des femmes sur leur propre corps ».

Amanda Galbraith, ancienne conseillère de M. Harper et associée au sein du cabinet de relations publiques Oyster Group, a soulevé le fait que les députés qui ont choisi de partir ne constituaient pas le noyau dur du caucus conservateur.

« C’est en fait un bon signe pour l’unité du caucus, a-t-elle déclaré. Mais évidemment, ce genre de situation est difficile et les partis politiques y sont confrontés. »

Mme Galbraith a ajouté qu’elle ne pensait pas que le leadership de M. Poilievre fût menacé et qu’elle n’avait entendu parler d’aucune opposition organisée contre lui.

Le stratège conservateur Jeff Rutledge a affirmé que M. Poilievre devait transmettre un message de confiance à son caucus — d’autant plus que le départ de Mme Gladu est survenu un jour après que la directrice de la communication de M. Poilievre, Katy Merrifield, eut annoncé qu’elle quittait son poste.

« On ne peut pas laisser toutes ces choses se produire et présenter pour autant l’image publique que tout va pour le mieux. C’est là que le rôle d’un leader consiste à communiquer honnêtement sur ce qui se passe, mais aussi à avoir un plan », a-t-il déclaré.

La mainmise de M. Poilievre sur la direction du parti a été remise en question à plusieurs reprises depuis les élections de l’année dernière, lorsqu’il a perdu la circonscription de la région d’Ottawa qu’il détenait depuis plus de 20 ans au profit d’un libéral.

Le chef conservateur a été écarté de la Chambre des communes au printemps dernier, mais il y est revenu à l’automne après avoir remporté une élection partielle dans un château fort conservateur de l’Alberta.

Pendant une grande partie de l’année écoulée, des experts ont appelé M. Poilievre à changer de ton et de message alors que sondage après sondage montrait qu’il était personnellement impopulaire auprès des Canadiens.

Le chef conservateur a obtenu le soutien de 87 % des délégués lors du congrès du parti fin janvier.  

« Il est facile de remporter la direction de son parti si l’on estime disposer du soutien de la base, a remarqué M. Rutledge. Il est bien plus difficile de s’assurer le soutien des membres de son caucus, qui doivent répondre aux préoccupations individuelles de leurs électeurs et qui ont leurs propres objectifs et aspirations en matière de politique. »

Mme Galbraith a remarqué que les efforts récents de M. Poilievre pour se présenter comme un futur premier ministre — en voyageant à l’étranger ou en participant à des balados très en vue comme The Joe Rogan Experience — ont été « globalement bien accueillis ».

« Quand on est chef de l’opposition […] tout le monde se permet de donner des conseils sur la façon dont on pourrait faire les choses différemment », a-t-elle ajouté.

M. Soudas s’attend à d’autres défections.

« À un moment donné, M. Poilievre devra sérieusement se demander s’il est la bonne personne pour mener ce parti aux prochaines élections et assurer la victoire des conservateurs ».

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