Tempête à la SAAQ: une restructuration majeure après une année tumultueuse

Ça brasse à la SAAQ depuis le ménage amorcé par l’ex-ministre des Transports, Geneviève Guilbault, à la suite du fiasco SAAQclic. Le secteur des communications a été secoué et le nouveau PDG annonce une restructuration.
Notre Bureau parlementaire a appris que le nouveau président-directeur général de la Société de l’assurance automobile du Québec, Serge Lamontagne, procède à une réorganisation en profondeur de la haute direction.
Le PDG abolit notamment le poste de vice-présidente aux Affaires juridiques, occupé par Marie-Ève Beaulieu « en réponse aux rapports et aux recommandations des audits et des enquêtes qui ont été menées au cours des derniers mois relativement aux activités de la SAAQ, dont le rapport de la commission Gallant » (voir plus bas).
La vice-présidente aux Affaires publiques de la SAAQ, Marie-Claude Lavigne, quittera également ses fonctions. Elle a démissionné mercredi de la société d’État.
Mme Lavigne était « en absence indéterminée » depuis novembre dernier à la suite d’une enquête déclenchée par une plainte pour harcèlement et incivilité.
Le 2 avril dernier, elle a toutefois été blanchie.
Selon nos informations, le rapport d’une firme indépendante a conclu que sa conduite ne constituait pas du harcèlement au sens de la loi.
Nommée en janvier 2025, Mme Lavigne est arrivée en poste en pleine crise, tout juste avant le dépôt du rapport accablant du Vérificateur général du Québec, qui révélait un dépassement de coûts de 500 millions $ dans le fiasco SAAQclic.
Avant d’y être nommée, Mme Lavigne était la directrice de cabinet de la ministre de l’Habitation de l’époque et actuelle présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau.
Quelques mois plus tard, la ministre Geneviève Guilbault s’était montrée irritée par la couverture médiatique négative entourant la SAAQ. Elle souhaitait des dirigeants pleinement conscients de l’ampleur de la crise.
Le message était clair : les communications de la SAAQ devaient hausser le ton et relever la barre.
Or, les méthodes de Mme Lavigne à la vice-présidence des communications auraient provoqué des frictions à l’interne.
« Ça brassait pas mal », ont confié des sources. Il y avait visiblement un conflit de personnalités.
« Elle souhaite poursuivre sa carrière dans un autre domaine d’activité, considérant notamment les changements législatifs récents touchant les vice-présidents de la Société », a déclaré la porte-parole de la SAAQ, Geneviève Perron.
À partir de 2027, le gouvernement pourra nommer directement les vice-présidents de la SAAQ.
Témoignage clé à la commission Gallant
Marie-Ève Beaulieu, elle, retournera au ministère du Conseil exécutif. Le public l’a connue lors des audiences de la commission Gallant, où son témoignage était très attendu.
Mme Beaulieu avait notamment participé à une rencontre cruciale entre l’ex-PDG de la SAAQ, Denis Marsolais, et l’ex-secrétaire général du gouvernement, Yves Ouellet.
Lors de cette rencontre à l’automne 2022, M. Marsolais avait remis au plus haut fonctionnaire de l’État une pochette contenant un tableau détaillant les dépassements de coûts du projet SAAQclic.
Plusieurs scénarios y étaient présentés, notamment l’idée de fractionner les contrats afin de dissimuler au public un ajout de 222 millions $.
Mme Beaulieu a confirmé que la pochette avait bel et bien été remise, mais qu’aucune discussion approfondie n’avait eu lieu à ce sujet durant la rencontre.
Les vice-présidences aux Ressources humaines et aux Affaires juridiques relèveront directement du PDG de l’organisation alors qu’une nouvelle vice-présidence à la gouvernance, à la performance, à l’intégrité et à la conformité sera créée.
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