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Que ta lumière | Que nous inonde la lumière de Maude Audet

Après avoir confectionné des écrins pop orchestraux au parfum rétro sur ses précédents albums Tu ne mourras pas (2020) et Il faut partir maintenant (2023), l’autrice-compositrice-interprète renoue sur Que ta lumière, son sixième, avec l’indie folk de ses débuts en musique.


Publié le
11 avril

Caroline Bertrand

Collaboration spéciale

Un retour aux sources qui, « en même temps, n’en est pas un », nuance Maude Audet en entrevue, puisqu’elle s’exprime à l’aune de la femme qu’elle est devenue, plus d’une décennie après la sortie de son premier album, Nous sommes le feu, en 2015.

« Je ne suis pas accrochée au passé, mais je n’essaie pas d’être à la mode. Je suis qui je suis, et c’est le fun qu’il y ait toutes sortes de personnalités en musique : les plus fougueuses et les plus posées, comme la mienne », indique-t-elle, sereine. « J’essaie de donner de la valeur à ça. »

Enveloppant

Lorsque Maude s’est réattelée à la composition au cours de sa plus récente tournée, elle se souvient d’avoir « un peu heurté un mur » : s’alignant de nouveau vers une proposition très orchestrale, elle a senti qu’elle se répétait. « L’étincelle n’était pas là », se rappelle-t-elle.

Il lui fallait explorer une autre avenue. Des compositions intimistes ont alors émergé, chansons dont son collaborateur invétéré Mathieu Charbonneau, qui coréalise avec elle Que ta lumière, a saisi l’essence sur-le-champ. « Avec ses claviers, ses pianos, il a amené mes idées encore plus loin », raconte-t-elle.

Si Maude a d’abord enregistré l’album en groupe, entourée de fidèles complices aux guitares, percussions, violons et flûtes, elle a ensuite enregistré les voix chez elle, seule, où elle les a fignolées en prenant plus que jamais son temps, osant encore davantage la retenue – « comme si je parlais à quelqu’un ».

Afin de reproduire dans sa maison – très écho – au haut plafond l’acoustique d’un studio, elle a suspendu des catalognes tissées par sa belle-mère dans les années 1980 au Cercle des fermières. « Mathieu m’a dit que ça sonne super professionnel, que c’est mon meilleur set-up… mais fin juillet, c’était vraiment chaud ! », pouffe Maude, qui a passé des jours entre ces murs d’épais coton, y perdant la notion du temps, hors de toute contrainte inhérente au studio.

Extrait de Que ta lumière

J’étais dans ma tête, dans mes voix. Que ta lumière, c’est une bulle du début à la fin. Je voulais que ce soit enveloppant, feutré.

Maude Audet

Une atmosphère qui sied merveilleusement à sa plume, inspirée des « petites montagnes russes » de la vie, qu’elle a rapprochée de l’oralité, de la confidence, de sa vulnérabilité. « On dirait que l’âge fait réaliser que la vie est tellement fragile, tellement brève », constate Maude, qui se plaît à relater les parts d’ombre et de lumière coexistant en nous.

La chanson Me reposer de mon ombre, par exemple, évoque la pression à laquelle on peut s’astreindre. « Est-ce qu’on peut la lâcher un peu et vivre notre vie, être bien en acceptant que tout n’est pas parfait et qu’on n’est pas parfait non plus ? »

Extrait de Me reposer de mon ombre

Maude, la peintre

Que ta lumière fait découvrir une autre facette artistique de Maude Audet : la peinture. Les superbes toiles en pochette, ce sont les siennes, accompagnées de paroles calligraphiées. La créatrice ne voulant pas se voir de nouveau sur pochette, y apposer ses tableaux, réalisés en même temps qu’elle composait l’album, tombait sous le sens. « J’avais les idées et les émotions à la même place », précise-t-elle.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

L’autrice-compositrice-interprète Maude Audet

Maude a peint sa vingtaine durant, délaissant cette passion ainsi que son métier de scénographe afin de se consacrer à la musique, tout en s’occupant de ses jeunes enfants. Maintenant que ses fils ont grandi, Maude a repris les pinceaux, se redécouvre elle-même comme peintre, et prépare même une exposition.

Écrire des chansons, composer, travailler sur un spectacle, j’adore ça, mais c’est sain d’avoir des projets parallèles. Je ne peux pas écrire une chanson par jour. J’ai besoin de vivre, de laisser se déposer les choses.

Maude Audet

C’est pourquoi Maude accorde aujourd’hui une place de choix aux activités qui la nourrissent, que ce soit la peinture, le tricot ou encore la cueillette en forêt. « J’ai toujours aimé la nature, mais plus je vieillis, plus je l’aime. Maintenant, je reconnais les têtes de violon, les chanterelles, les coprins, l’ail des bois. Jamais je ne pensais que partir à la recherche de champignons pouvait me stimuler autant ! »

Comme la stimule le fait de s’impliquer dans tous les aspects de son métier, de la composition aux visuels en passant par les vidéos. « Ça fait que mon art me ressemble – c’est artisanal des fois, mais sincère. » Ce qui confère d’autant plus de sens à son travail, au sein d’un milieu « rendu tellement difficile ».

Elle ne s’épanchera toutefois pas sur les aspérités de l’industrie musicale. « Je veux qu’on dise aux gens que les artistes sont bons, pas juste que ça ne va pas bien, conclut-elle. Il faut nommer les dangers, la précarité, mais sans être dans l’apitoiement. Faisons plus de place à la musique ! »


Consultez la page de l’artiste

Indie folk

Que ta lumière

Maude Audet

Bravo

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