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Premier match de David Reinbacher | Un appel attendu depuis longtemps

(Long Island) C’est une grosse semaine pour les pères émotifs. Après que les images de Paul Caufield en larmes eurent fait le tour de l’Amérique lorsque fiston a marqué son 50e but de la saison, David Reinbacher a lui aussi fait pleurer son paternel samedi soir.


Publié hier à
22 h 49

Il faisait nuit en Autriche, où ses parents ont été réveillés en sursaut par leur fils qui tentait furieusement de les joindre pour leur annoncer qu’il était rappelé pour la première fois par le Canadien de Montréal, presque trois ans après avoir été repêché, et après avoir surmonté des dizaines d’embûches sur sa route.

Le grand défenseur tentait à la fois de boucler ses valises, de parler à son monde et de partir pour l’aéroport pour rejoindre ses nouveaux coéquipiers afin d’attraper l’avion pour New York. La communication a finalement été établie et elle a fait son effet.

« J’ai vu mon père en pleurs et c’est venu me chercher instantanément », a raconté le jeune homme dimanche soir, après avoir vécu son baptême de la LNH contre les Islanders de New York.

J’ai pensé à tous ceux qui m’ont aidé pour arriver ici. C’était beau.

David Reinbacher

Cette première chance, Reinbacher ne l’a pas volée. Débarqué à Laval à la fin de la saison 2023-2024, il a mis presque deux ans avant de disputer une saison complète en Amérique du Nord et de voir son jeu s’élever à la hauteur des attentes de l’organisation qui l’a sélectionné au cinquième rang du premier tour en 2023.

Des blessures ont miné sa progression, la direction l’a sermonné après un camp ordinaire en 2025 et le personnel d’entraîneurs du Rocket de Laval a dû user de renforcement positif pour l’aider à retrouver sa confiance et ses moyens sur la glace. Le pilote Pascal Vincent lui a même présenté des séquences vidéo de l’époque où il évoluait en Suisse pour lui rappeler pourquoi il avait été repêché aussi tôt.

Puis, au cours de l’hiver qui vient enfin de s’achever, il a vu ses responsabilités augmenter dans la Ligue américaine, profitant notamment de l’absence d’Adam Engström pour prendre du galon. Les minutes se sont accumulées, les points aussi.

Lorsque Noah Dobson s’est blessé au « haut du corps » samedi en bloquant un tir contre les Blue Jackets de Columbus, et lorsque la direction a constaté qu’il en avait pour au moins deux semaines de convalescence avant que son cas soit réévalué, l’heure de Reinbacher a sonné.

Il était étendu sur le sofa à regarder le duel entre le Canadien et les Jackets, après avoir disputé deux matchs en deux jours avec le Rocket, lorsque son téléphone a sonné et que sa vie a changé.

À peine 24 heures plus tard, et après avoir disputé son premier match « en haut », le principal intéressé peinait à prendre la pleine mesure de ce qui lui arrivait. « Le chemin a été long pour me rendre ici, a-t-il reconnu. Je profite de chaque minute en ce moment. Je ne le réalise pas tout à fait encore. Je vais regarder ce match et ça va sûrement me frapper. »

En contrôle

Sur la glace, David Reinbacher n’a pas semblé déboussolé par son nouvel environnement.

PHOTO NOAH K. MURRAY, ASSOCIATED PRESS

David Reinbacher suivi par Kyle MacLean en deuxième période

Sans surprise, il a été le défenseur le moins utilisé du Tricolore (11 min 17 s), mais il ne s’est jamais retrouvé dans une situation trop inconfortable. On l’a vu utiliser ses forces, à savoir son coup de patin et son contrôle de la rondelle. Dès la première période, il a contribué à étirer une présence du trio de Nick Suzuki en zone offensive.

« Je l’ai trouvé très bon ! », a d’ailleurs dit le joueur de centre à son sujet. « Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu jouer en personne. Il était différent du joueur aperçu pendant le camp d’entraînement. Il a affiché beaucoup de calme et il a été efficace pour sortir la rondelle de notre territoire. Il a priorisé du jeu simple et intelligent. »

Le gardien Jacob Fowler, coéquipier du défenseur pendant une bonne partie de la saison à Laval, semblait aussi emballé que Reinbacher lui-même.

On a été repêchés ensemble et on s’est rendus à notre premier camp d’entraînement ensemble. On a convergé vers ce moment-là ensemble. Je suis content d’avoir partagé ça avec lui et d’avoir gagné le match.

Jacob Fowler

« Ce qui le démarque, c’est son amour du jeu et le soin qu’il y apporte, a repris le portier. Son éthique de travail est irréprochable. Quand j’ai su qu’il était rappelé, je l’ai texté tout de suite. J’espérais être assis avec lui dans l’avion, mais ça n’a pas marché. Je suis vraiment content pour lui. »

Martin St-Louis a apprécié le fait que Reinbacher ait paru « en contrôle » pendant toute la rencontre. Dès qu’il est devenu disponible, il n’a pas hésité à l’envoyer dans la mêlée même s’il s’agissait pour lui d’un troisième match en trois soirs. « Je ne pense pas que ce soit trop pour un jeune comme lui, a précisé le pilote. Il n’allait pas non plus arriver et jouer 25 minutes. On sait que David joue avec beaucoup de calme, et plus il va jouer, plus il en aura. »

Il n’empêche que la journée de congé de lundi fera du bien, a admis en souriant le nouveau 64 du Canadien. Malgré ses 21 ans, c’était beaucoup de hockey en peu de temps.

Il ferait mieux de profiter de ce rare répit. Car en l’absence de Dobson et d’Alexandre Carrier, il pourrait être appelé, rapidement, à chausser de grands souliers.

Il ne s’en plaindra pas. En fait, il n’attendait que ça.

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