Le recensement expliqué en cinq questions

Le recensement, cette grande récolte de données qui permet de dresser un portrait statistique de toutes les personnes vivant au Canada, est à nos portes. En tant que résident canadien, vous aurez à y répondre à partir de lundi. Comment s’y prendre et quelles sont les nouveautés ? Le Devoir répond à cinq questions sur son déroulement.
Comment fonctionne le recensement ?
À compter de lundi, tous les ménages canadiens recevront une lettre avec des indications sur la façon d’y répondre. Par défaut, c’est en ligne que vous aurez à remplir le questionnaire. Votre lettre contiendra un code d’accès sécurisé à inscrire dans la plateforme en ligne qui assurera que vous avez bien répondu au recensement.
Il est aussi possible de répondre au recensement avec une version papier du questionnaire ou au téléphone. Pour avoir accès à ces options, il faut appeler l’assistance téléphonique du recensement, indique Statistique Canada.
Participer au recensement est d’ailleurs obligatoire, mais les réponses sont confidentielles. Ne pas répondre au questionnaire est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 500 $.
Pour s’assurer que l’entièreté des ménages y répondra, plus de 30 000 agents recenseurs vont assurer des suivis, au téléphone et en personne, « auprès des ménages qui n’ont pas répondu au questionnaire avant la fin mai ».
Pourquoi y a-t-il deux questionnaires ?
Il est possible que votre questionnaire soit plus long que celui de votre voisin, et c’est bien normal. Il existe en effet deux versions du recensement : une abrégée, qu’obtiennent environ trois ménages sur quatre, et une détaillée, que recevront les autres.
La version abrégée compte une dizaine de questions qui couvrent des renseignements démographiques de base, comme l’âge ou la langue. La version détaillée, pour sa part, est d’une soixantaine de questions qui couvrent un éventail plus large afin de recueillir des renseignements sur la situation sociale et économique.
Comme « la distribution des questionnaires a été déterminée par échantillonnage statistique », il n’est pas possible de demander à recevoir un questionnaire abrégé ou détaillé, précise Statistique Canada. « L’ajout de personnes répondant au questionnaire détaillé fausserait les données. »
Quelles sont les nouveautés ?
Après chaque recensement, qui survient tous les cinq ans, Statistique Canada « évalue et passe en revue le contenu du questionnaire » afin de « maintenir [sa] pertinence ».
Pour l’édition 2026, les consultations menées ont indiqué que des lacunes existaient dans les données sur l’orientation sexuelle. Pour la première fois, donc, le recensement posera une question sur l’orientation sexuelle. En 2021, une question sur l’identité de genre avait notamment été ajoutée.
Si Statistique Canada détenait des données sur l’orientation sexuelle des personnes au Canada, le recensement permet un plus haut niveau de détails et de contexte, indique l’agence gouvernementale.
En plus de changements de formulations plus mineurs, le recensement 2026 voit ajouter une question sur la santé générale, permettant « une meilleure compréhension de la santé perçue de la population » et deux questions sur l’itinérance, permettant de combler des lacunes en matière de données.
Comment les données sur l’immigration sont-elles répertoriées ?
Bien que les données du recensement incluent des statistiques sur l’immigration au Canada, le questionnaire ne demande que très peu de détails sur le statut d’immigration des répondants. Comment Statistique Canada s’y prend-il ?
Afin d’alléger « le fardeau de réponse », l’agence gouvernementale utilise majoritairement les données des dossiers administratifs d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada : du nombre d’immigrants et de résidents non permanents au Canada au moment du recensement à la catégorie d’admission.
Les questions sur le lieu de naissance ou sur le statut de la citoyenneté se trouvent toutefois dans le questionnaire du recensement.
Quand aurons-nous les résultats ?
« Les premiers résultats seront diffusés au début de 2027 », affirme Statistique Canada en précisant qu’un « calendrier détaillé des diffusions à venir sera par ailleurs publié au cours des prochaines semaines ».
À titre indicatif, « pendant le cycle de diffusion des données de 2021, toutes les principales diffusions de données du recensement ont été effectuées dans les 18 mois environ après le jour du recensement ». Un échéancier semblable est visé pour le cycle en cours.
Une fois diffusées, les données sont publiques et accessibles à tous. Elles sont principalement utilisées par des services publics, comme des ministères, afin d’obtenir un portrait démographique fiable quand il est temps de faire un budget, par exemple.
Des citoyens et entrepreneurs peuvent aussi s’en servir, notamment pour choisir où s’installer.
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