Journée nationale des patriotes | Des centaines de militants marchent à Montréal

Des centaines de citoyens ont marché à Montréal, lundi après-midi, pour souligner la Journée nationale des patriotes. Citoyens, militants engagés et politiciens ont partagé un trajet où histoire et indépendantisme étaient à l’honneur.
Mis à jour hier à
16 h 54
Les participants se sont rejoints au parc Laurier, à l’angle des avenues Laurier et Christophe-Colomb, pour marcher jusqu’au parc Molson à quelques kilomètres de là.
L’évènement annuel, organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) à chaque 18 mai, avait pour mission de mettre en lumière les « femmes patriotes trop souvent oubliées ».
« Elles organisaient des assemblées secrètes, contribuaient à la sortie des patriotes, confectionnaient les vêtements, faisaient fondre des ustensiles pour en faire des balles et nourrissaient les prisonniers », a énuméré Marie-Anne Alepin, présidente générale de la SSJB, à La Presse.
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Marie-Anne Alepin, présidente générale de la SSJB.
Ainsi, la marche de lundi constituait non seulement un hommage à leur courage et à leur engagement, mais marquait aussi « une volonté de faire reconnaître leur grande valeur » alors qu’elles ont « trop souvent été reléguées dans l’ombre ».
Pour y remédier, Mme Alepin propose qu’un effort toponymique plus important soit fait au Québec pour reconnaître ces personnages féminins, à travers des noms de rues et de lieux publics.
Elle nomme entre autres Julie Bruneau, Marie-Reine Harnois, Henriette Cadieux, Marie-Victoire Félix, Théophile Barbeau, Eugénie Saint-Germain, Thérèse et Marie-Louise Dormicour et Esther Alaire, des figures méconnues du courant patriote.
La partisanerie de côté
Avant que la petite foule n’amorce son chemin, des élus de différentes bannières à l’Assemblée nationale se sont exprimés pour cette cause qui leur est commune.
Les patriotes se sont battus pour la liberté, la langue et la culture, puis contre les taxes colonialistes de l’Angleterre, a rappelé Jean-François Roberge, ministre caquiste de la Langue française.
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Le ministre Jean-François Roberge a prononcé un discours avant la marche.
Avec conviction, il a soutenu que le « modèle multiculturaliste canadien est toxique pour le Québec », vantant la mise en vigueur en 2025 de sa Loi sur l’intégration à la nation québécoise qui « renvoie le multiculturalisme dans les limbes de l’histoire ».
Ruba Ghazal a ensuite offert un plaidoyer pour le maintien de la démocratie, rappelant qu’elle a vécu au Liban et aux Émirats arabes unis, sachant ainsi « c’est quoi d’habiter dans un pays où on ne peut s’exprimer librement ».
« On le voit même dans les démocraties occidentales, les reculs. Il ne faut pas nous asseoir sur nos lauriers. Sinon on crée du cynisme et de l’impuissance », a soutenu la cheffe parlementaire de Québec solidaire.
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Ruba Ghazal, cheffe parlementaire de Québec solidaire
« Au-delà de nos couleurs, on peut tous reconnaître le bien-fondé du combat des patriotes pour la démocratie, l’affirmation nationale et la justice », a enchaîné Catherine Gentilcore, députée du Parti québécois.
La cause à cœur
Chez les participants, on pouvait observer bon nombre de drapeaux du Québec et aux couleurs vert-blanc-rouge des patriotes. Quelques ceintures fléchées et habits traditionnels se mêlaient également au groupe.
Le groupe Les tambours du patrimoine, établi dans la ville de Québec, a fait la route pour « saluer le courage de nos ancêtres et souligner une histoire qui n’est pas assez connue ». Le collectif musical existe depuis plus de 25 ans.
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La troupe Les tambours du patrimoine a assuré le rythme musical de la marche, lundi.
Des Kabyles, peuple berbère autochtone originaire du nord-est de l’Algérie, se sont aussi présentés pour montrer leur soutien à la cause de l’indépendance québécoise face au Canada.
« Nous sommes un mouvement, un État en exil. Chez nous, on ne peut même pas montrer notre drapeau. On se doit d’être solidaire entre nous », a dit Aghiles Hemadi, qui portait le drapeau bleu et jaune de la Kabylie.
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Aghiles Hemadi, au centre, avec ses collègues du groupe Amitié Québec-Kabylie.
En parallèle, deux autres groupes idéologiquement opposés, l’un de gauche et l’autre de droite, se sont confronté verbalement au parc Laurier. Ils étaient séparés par des rangées de policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
D’un côté, le Front populaire antifasciste scandait « antifasciste, Québec libre » et de l’autre, la Nouvelle Alliance, criait « patrie, nation, tradition ». Les deux camps étaient tenus à l’écart de la marche principale par les autorités.




