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Grand Prix du Canada | Le jeune prodige Kimi Antonelli s’invite chez les champions

L’image était attendrissante : le jeune prodige de 19 ans, Kimi Antonelli, qui prend dans ses bras le septuple champion du monde de 41 ans, Lewis Hamilton. Le premier venait de remporter son premier Grand Prix du Canada, alors que le deuxième s’apprêtait à monter sur le podium montréalais pour la 11e fois de sa carrière.


Mis à jour hier à
20 h 26

À côté d’Antonelli et Hamilton se trouvait Max Verstappen, qui a pris le troisième rang au terme d’une course endiablée, voire dramatique, sur le circuit Gilles-Villeneuve.

La foule montréalaise a encore une fois démontré tout son amour aux pilotes, mais surtout à Hamilton, dont on connaît l’historique à Montréal. Quand l’athlète Ferrari s’est avancé pour parler au micro de la F1, il peinait à entendre les questions de l’animateur.

« Ah ! man, je suis tellement heureux ! J’adore ce circuit. J’ai déjà hâte de revenir ! », s’est-il exclamé. Des propos qu’il a répétés une heure plus tard, en conférence de presse.

La vérité, c’est qu’on s’attendait à un doublé de Mercedes jusqu’à la mi-course. Quoique, à lutter aussi furieusement l’un contre l’autre comme ils le faisaient, tout pouvait arriver. Dans la salle de presse, les journalistes s’exclamaient en chœur chaque fois qu’une des deux voitures grises doublait l’autre.

Un peu comme lors de la course sprint de la veille, Antonelli s’est à un moment plaint dans sa radio lorsque l’équipe lui a demandé de redonner sa place à Russell après un mauvais dépassement.

« Pourquoi ? Il m’a poussé ! J’étais devant ! Quel est le but ? », a-t-il lancé avant de s’exécuter.

Puis, au 30e tour, Russell a eu un ennui de moteur et a dû s’immobiliser et abandonner. Visiblement frustré, le Britannique a lancé son équipement de protection avant de s’extirper de la voiture.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

George Russell

Antonelli, lui, a simplement filé vers la victoire sans aucune autre opposition ; c’est la première fois qu’un pilote signe ses quatre premiers triomphes en carrière de façon consécutive.

« Ce n’est pas la façon dont je voulais gagner parce que c’était une bataille serrée avec George, a commenté le jeune homme après la course. Ça aurait pu durer jusqu’à la fin, mais évidemment, je vais la prendre. »

Russell, justement, a dit avoir apprécié sa bataille en piste. « Je ne me souviens pas d’avoir eu une bataille comme ça depuis des années, a-t-il évoqué. Ces nouvelles voitures nous permettent cela. »

Le plaisir de la chasse

La course ne s’est pas déroulée comme prévu chez McLaren. Alors que Lando Norris a dû abandonner au 40e tour, Oscar Piastri a été en mode rattrapage du début à la fin en raison d’un mauvais choix de pneus au départ.

Qui en a profité ? Verstappen et Hamilton.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Lewis Hamilton et Kimi Antonelli

Les deux pilotes chevronnés se sont livré une belle bataille pour la 2e place. Après de longs tours d’attente, Hamilton a très proprement doublé Verstappen au 62e tour. La Ferrari s’est ensuite défendue contre les tentatives de la Red Bull, avec succès.

« C’était génial, absolument génial de me battre avec un des grands ! », a lâché Hamilton dans un sourire. « C’était un immense défi. Je pense que nos voitures sont relativement proches [en termes de performance].

J’ai été capable de le chasser, et j’adore cette chasse. Toute ma vie, ç’a été ça. Depuis que je suis jeune, je chasse, donc c’était génial d’être de retour dans cette position.

Lewis Hamilton

Ce podium est le deuxième de Hamilton cette saison, après sa troisième place en Chine. En sortant de sa voiture, le Britannique s’est dirigé vers sa mère, Carmen Larbalestier, qui a passé le week-end avec lui dans la métropole québécoise. « C’est mon porte-bonheur, maintenant ! », a-t-il plus tard dit au sujet de sa mère.

Dans le cas de Verstappen, il n’avait pas encore fait mieux qu’une cinquième place cette saison. En conférence de presse, il s’est dit « surpris » de monter sur le podium, surtout qu’il « se sentait mieux à Miami dans la voiture ». « C’est positif pour nous d’avoir un premier podium, et ça l’est d’autant plus dans ces conditions compliquées. »

Reste que les conditions ont été moins compliquées que prévu ; la course s’est finalement entièrement déroulée sur une piste sèche, comme à Miami, où on avait aussi parlé pendant plusieurs jours d’une possibilité de pluie.

C’est surtout le froid – il faisait quelque 17 degrés en piste au départ – qui a causé des ennuis aux pilotes. Charles Leclerc portait même une tuque avant de sauter dans sa voiture pour le départ. En piste, Verstappen s’est plaint, dans sa radio, de ses pneus qui refroidissaient. Et plusieurs équipes ont eu de la difficulté à choisir les bons pneus pour commencer la course.

La guerre est lancée

Avec tout ça, Antonelli a maintenant 43 points d’avance sur Russell au classement des pilotes. Leclerc et Hamilton ne sont pas bien loin derrière ; ils n’ont que 13 et 16 points de moins que Russell.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Charles Leclerc

Évidemment, vous n’entendrez pas Antonelli parler comme si le championnat était dans la poche.

« Pour être honnête, je ne pense pas au championnat. Je me concentre sur une course à la fois. Cet écart ne veut pas dire que je peux relaxer. Je dois continuer à élever la barre parce que ce ne sera pas facile. Les compétiteurs se rapprochent. »

Le plus grand de ces compétiteurs est d’ailleurs son propre coéquipier. Et on a bien vu ce week-end que la guerre entre ces deux-là ne fait que commencer. Il faut dire que plusieurs champions de F1 ont dû, un jour ou l’autre, gagner une chaude lutte contre un coéquipier : Norris contre Piastri, Lewis Hamilton contre Nico Rosberg…

Cette saison, c’est Antonelli contre Russell. Mais comme l’a bien dit Verstappen dimanche : ce qu’Antonelli « fait présentement fonctionne plutôt bien ».

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