Hurricanes 4 – Canadien 0 | Le Tricolore dominé de bout en bout

Dur à croire dans un vestiaire où les joueurs n’avaient que du positif à dire, mais ces mêmes Hurricanes ont déjà eu le caquet bas eux aussi.
Mis à jour hier à
1 h 05
Un an jour pour jour avant leur convaincante victoire de 4-0 sur le Canadien, mercredi, ils subissaient une défaite aux mains des Panthers, défaite qui mettait fin à une finale de l’Est remporté par la Floride en cinq matchs, sans trop de mal. Les Hurricanes avaient subi des défaites de 5-2, 5-0, 6-2 et 5-3 ; leur seule victoire avait été un 3-0, pointage dopé par deux buts dans un filet désert.
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Logan Stankoven s’en souvient très bien. On lui demandait s’il pouvait comprendre comment les joueurs du Canadien doivent se sentir d’affronter une machine de hockey aussi bien huilée, aussi épuisante. Et c’est précisément à cette série qu’il a pensé.
« C’est probablement le style de jeu le plus difficile que j’ai affronté, par leur façon de jouer, leur robustesse, et c’est pourquoi ils ont gagné deux Coupes Stanley de suite. On a tiré des leçons et j’espère que c’est notre tour de jouer comme eux le faisaient », a raconté Stankoven, après la rencontre.
Et quelles sont donc ces leçons ? « La robustesse, le calme, à quel point ils se tiennent en équipe et la constance dans leur jeu, a énuméré le petit attaquant. On a montré dernièrement qu’on peut fournir un effort constant de 60 minutes et faire rouler notre effectif. La Floride nous l’a fait. C’est dur quand ça arrive par vagues, c’est dur de se défendre, c’est très usant. »
Effort constant
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Jakub Dobeš fait un arrêt sur un tir de Jordan Martinook en deuxième période.
Le menu d’après-match était affiché dans le tableau du vestiaire : fajitas au poulet, barbacoa au bœuf, riz, patates douces, zucchinis. Quiconque regardera simplement les statistiques se demandera pourquoi manger après une victoire si facile.
Or, il n’en est rien. S’ils ont à ce point dominé le Canadien, c’est qu’ils ont patiné avec hargne toute la soirée.
Que ce soit dans leur pression sur le porteur de la rondelle, le peu d’espace qu’ils laissaient au CH en sortie de zone ou leur capacité à placer un bâton dans le chemin dès qu’un Montréalais tentait un tir ou une passe, les Hurricanes ont effectivement été constants dans leur effort, jeudi.
« Ça commence par nos attaquants, a estimé le défenseur Shayne Gostisbehere. Ils font des présences prolongées en zone adverse, qui forcent des revirements. Ça crée du momentum. Ça peut être ennuyant, mais on s’en fiche. L’idée est de rendre la vie désagréable aux autres équipes. »
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Jalen Chatfield et Alex Newhook
Les tirs bloqués sont un exemple probant de cet effort constant. Les patineurs ont bloqué 18 des 45 tentatives de tirs du CH. Dans leurs trois victoires dans cette série, ces mêmes patineurs ont stoppé 56 des 129 tentatives de tirs des Montréalais, soit 43 %.
L’une de ces actions a mené au but massue des Hurricanes. Ils venaient de prendre une avance de 2-0, le Canadien tentait de répliquer par l’entremise de Lane Hutson. C’est là que Gostisbehere a plongé pour bloquer le tir de Hutson, avec succès. Il a du même coup relancé l’attaque des Nord-Caroliniens, et huit secondes plus tard, Stankoven faisait 3-0.
On se fait souvent dire qu’on tire tous sur la corde ensemble. On fait tout le nécessaire pour gagner.
Shayne Gostisbehere, défenseur des Hurricanes
« Regarde [Sebastian Aho] et les gars de talent : ils bloquent aussi des tirs. C’était mon moment, je n’avais pas le choix et ça a bien fini », a reconnu Gostisbehere.
« Les deux équipes le font. Des erreurs, ça arrive. Mais quelle est l’action suivante ? Tout le monde doit le faire », a martelé l’entraîneur-chef des Hurricanes Rod Brind’Amour, dans une réponse qui ressemblait drôlement à certains concepts prêchés par son homologue montréalais.
Cet effort constant offre maintenant aux Hurricanes la chance de confirmer leur billet pour la finale devant leurs partisans, vendredi. À l’unisson, les joueurs sondés ont tous rappelé que la suite allait se décider « une action à la fois », de peur de se projeter trop loin dans l’avenir.
À voir la façon dont ils dominent le Canadien, on pourrait d’ailleurs les comprendre de croire que la présence en finale est dans le sac. « On sait comment on doit jouer pour parvenir à nos fins. On n’est pas trop confiants, mais on est confiants », a résumé Brind’Amour.




