Hurricanes de la Caroline | Prisonniers de la toile de Jaccob Slavin

Plus d’un mois après l’élimination des Sénateurs d’Ottawa aux mains des Hurricanes de la Caroline, la contribution offensive de Tim Stützle et de Brady Tkachuk, au premier tour des séries éliminatoires, continue de susciter les railleries sur les réseaux sociaux.
Publié le
28 mai
Au tour suivant, sans qu’on en parle trop, ce sont Travis Konecny et Trevor Zegras, des Flyers de Philadelphie, qui sont tombés au point mort. Et depuis trois matchs, Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovský ont été tenus au silence absolu à cinq contre cinq.
Toutes ces vedettes offensives ont un point commun. Celui d’avoir joué contre les Hurricanes, évidemment. Mais surtout celui d’avoir été contraintes d’affronter Jaccob Slavin.
Le défenseur américain a connu, lors du premier match de la série contre le Canadien, l’une des pires soirées de sa carrière.
Rien ne fonctionnait pour celui qui a été aux premières loges des quatre buts adverses à forces égales, et son entraîneur-chef Rod Brind’Amour a dit ne l’avoir jamais vu jouer ainsi en huit années derrière le banc des Canes.
On peut affirmer que le grand numéro 74 s’est repris depuis.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Josh Anderson et Jalen Chatfield
Lors des affrontements 2, 3 et 4, son partenaire Jalen Chatfield et lui, en quelque 60 minutes de jeu à cinq contre cinq, n’ont été présents sur la glace pour aucun but du Tricolore.
Et ce, bien que leur tâche principale ait été d’affronter le trio de Suzuki – combinaison qui comprend un marqueur de 51 buts et un joueur de centre ayant amassé 101 points pendant la saison, si quelqu’un l’avait oublié.
Depuis que Slavin a repris ses esprits, les attaquants montréalais sont comme des insectes qui, malgré toutes leurs bonnes intentions, se retrouvent prisonniers de sa toile. Bien servi par son gabarit et habile avec son bâton, le défenseur neutralise ses adversaires un à un, le long de la bande ou ailleurs, et s’assure que la rondelle sorte rapidement de son territoire.
PHOTO MATT SLOCUM, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Jaccob Slavin
« C’est notre plan de match en général, mais personne ne le fait mieux que lui », a avancé Jordan Staal, jeudi matin, juste avant de s’envoler avec son équipe en direction de Raleigh, où aura lieu le cinquième match de la série vendredi.
« C’est un défenseur qui devrait remporter le trophée Norris, a poursuivi le capitaine des Hurricanes. Il est exceptionnel. À chaque présence, il rend la vie difficile aux meilleurs joueurs des autres équipes. Il ne leur laisse pas de temps ou d’espace, son bâton est incroyable et est tout le temps dans le chemin… C’est beau de le voir aller ! »
Méritoire
Parlons-en, du trophée Norris. Au cours des cinq dernières saisons (en incluant 2025-2026), Jaccob Slavin a systématiquement terminé entre le 84e et le 99e percentile de toute la ligue pour la qualité de son jeu défensif, selon le site spécialisé Evolving Hockey.
Or, puisque le titre de défenseur par excellence de la LNH revient systématiquement (et ironiquement) à un arrière à caractère offensif, et que lui-même n’amasse que 30 à 40 points par campagne, il n’a encore jamais fait mieux qu’une cinquième place au scrutin.
PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
L’entraîneur-chef des Hurricanes, Rod Brind’Amour
Qu’à cela ne tienne, il n’a plus à démontrer « à quel point il est important pour nous », a insisté Rod Brind’Amour, jeudi matin, qualifiant son poulain de « joueur élite ».
Les performances qu’il livre depuis le match numéro 2, « c’est ce qu’on attend de lui », a poursuivi le pilote, qui a par ailleurs tenu à « rendre hommage » à Jalen Chatfield, qui excelle dans l’ombre de son partenaire. Lors de la joute inaugurale contre le CH, « il a eu une mauvaise soirée, et tout le monde en a ». « C’est très rare dans son cas, et ça en dit long sur le joueur qu’il est », a encore dit Brind’Amour.
Plutôt que de parler de lui, le principal intéressé a préféré souligner les « 60 minutes complètes » disputées en « unité de cinq » la veille par son club, qui a dominé le Canadien du début à la fin d’un match conclu par une marque de 4-0 en faveur des Hurricanes.
En souriant, ce double gagnant du trophée Lady-Bing remis au joueur le plus gentilhomme de la LNH invoque en substance l’argument de celui qui ne fait que son travail. « On me demande d’affronter les meilleurs trios, je veux le faire comme il faut », a-t-il résumé.
Néanmoins, il ne cache pas que le premier match contre le Canadien a été éprouvant. Chrétien endurci, il rappelle que « beaucoup de prières » ont précédé le match suivant, qu’il a disputé avec « la confiance et l’espoir » de faire mieux que l’avant-veille.
On connaît la suite. Son brio lors des derniers duels est-il le résultat d’une intervention divine, ou simplement l’œuvre de l’un des meilleurs arrières défensifs de la LNH ? Slavin a choisi son camp en préférant s’en remettre au grand mystère de la foi.
Qu’il ait raison ou non, le résultat est le même. Pour les Hurricanes, qui pourraient accéder à la finale de la Coupe Stanley dès vendredi, cela est juste et bon.




