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Encore à l’Antwerp il y a 4 ans et aujourd’hui au PSG, Willian Pacho est-il en train de devenir le meilleur défenseur central du monde ?

Pour ceux qui l’auraient oublié, c’est le Great Old qui avait réussi à attirer ce diamant défensif d’alors 20 ans chez nous, en janvier 2022. L’Antwerp avait payé 3 millions €, avant de le revendre pour un montant record de 16 millions à Francfort 18 mois plus tard. Le club allemand le cédait à l’été 2024 contre 40 millions € au PSG. Aujourd’hui, le CIES l’estime à 70 millions.

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En Belgique, il a disputé beaucoup de duels. En Allemagne, il a appris à gérer les grands espaces.

“Il a connu une belle progression dans son développement, analyse notre consultant Alex Teklak. En Belgique, il a découvert un championnat avec beaucoup de duels. Puis en Allemagne, un travail défensif axé sur la transition, avec des grands espaces. Au PSG, il a appris la défense positionnelle haute où il faut pratiquer de l’homme contre homme mais aussi savoir passer en mode couverture. Enrique ne l’a pas choisi par hasard ; c’est parce qu’il sait bien défendre haut, ce qui est compliqué.”

Pacho lors de sa saison avec Francfort. ©Witters

19 fautes sur toute sa saison

Les statistiques de ce gaucher de 24 ans sont élogieuses. Elles ne disent jamais tout d’un joueur, mais elles en racontent pas mal quand même, tant au niveau quantitatif que qualitatif, dans son cas. Avec 1 440 minutes au compteur, il est celui qui a le plus gros temps de jeu en Ligue des champions cette saison. Et personne n’a récupéré plus de ballons que lui (101) en C1.

Toutes compétitions confondues, il n’a commis que 19 fautes en 47 rencontres. Parce que la Ligue 1 est un championnat “facile” ? Il fait aussi bien en C1, avec à peine huit fautes sur sa campagne, dont trois lors de la folle demi-finale aller contre le Bayern, son match le plus compliqué de la saison.

“Il a une grande qualité : il commet peu de fautes, a une agressivité saine, tacle peu ; on le retrouve rarement les fesses au sol, poursuit l’ancien défenseur. Ce n’est pas un défenseur d’impact, façon Rüdiger, ce qui ne l’empêche pas d’être très bon dans le duel avec l’épaule. Il n’est pas très épais mais quand même costaud.”

Pacho s’inscrit dans le jeu parisien grâce à une facilité de course. “Il sait bien se déplacer avec et sans ballon. Il est mobile, fluide dans ses courses, capable d’accélérer ou de freiner une action quand c’est nécessaire. Il a une mobilité utile sur le terrain, là où Van Dijk ou Konaté sont des défenseurs qui bougent moins.”

Rencontre avec deux supporters belges qui iront à Budapest soutenir Arsenal et le PSG

Si l’on compare ses statistiques de la saison en cours au gratin mondial, Pacho se place très haut. Seuls l’Intériste Bastoni (8,2) et le Barcelonais Garcia (8,3) réussissent plus d’actions défensives que lui par nonante minutes (7,8). Mais Pacho fait mieux que Gabriel (6,9) ou Gvardiol (6,9), par exemple. Surtout, avec 73 % de ses duels défensifs remportés, il fait mieux que tous les concurrents cités à cet égard.

Pacho a souffert contre le Bayern comme rarement cette saison. ©AFP or licensors

Seul bémol, son jeu aérien (53 % des duels aériens remportés), où il arrive loin derrière Van Dijk (70 %), Cubarsi (60 %), Gabriel (60 %) ou Ruben Dias (62 %). “Il n’est pas encore un ‘monstre’ à ce niveau : il doit progresser dans la domination aérienne.”

Le meilleur ? “Non, mais…”

Alors ; Pacho est-il le meilleur ? Notre consultant se mouille : “Je ne le vois pas comme le meilleur au monde, non. C’est un excellent central gaucher, surtout pour le foot positionnel d’Enrique. Sa qualité de passe lui permet d’amorcer les actions sur ce côté gauche où l’on retrouve aussi Kvaratskhelia et Nuno Mendes. Mais pour rentrer dans la catégorie des tout meilleurs, il faut réunir des tas de conditions, dont celle de performer dans la durée. Il le fait cette année, c’est certain, mais je lui souhaite de continuer sur trois ou quatre ans. Dias, à City, est un cran au-dessus. À l’inverse, un Van Dijk coche moins de cases qu’avant, mais a une qualité monstrueuse au niveau aérien. Pacho a des sept ou huit sur dix partout.”

Ce qui ne veut pas dire que l’Équatorien de 24 ans ne peut pas devenir le numéro 1. “Il reste jeune ; il va vivre l’expérience de la Coupe du monde où il va apprendre. On sent qu’il a le potentiel et le caractère pour s’aguerrir avec le temps.” Et continuer à soulever les trophées, avec Paris ou dans un championnat plus relevé.

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