La Banque du Canada maintient son taux à 2,25 %

L’inflation s’accélère et l’économie ralentit. Face à ces signaux contradictoires, la Banque du Canada a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25 % pour une cinquième fois consécutive.
Publié à
7 h 26
Mis à jour à
10 h 42
Le message de la Banque du Canada est le même que la dernière fois : elle dit continuer de regarder au-delà de l’impact à court terme de la guerre sur l’inflation globale, et assure qu’elle ne laissera pas les prix plus élevés de l’énergie se transformer en inflation persistante.
« Nous pourrions devoir ajuster notre politique monétaire rapidement », a toutefois prévenu le gouverneur Tiff Macklem, parce que l’incertitude est plus élevée que d’habitude et que les risques pourraient changer.
Une hausse comme une baisse de taux est envisageable, a-t-il dit. « Si les États-Unis imposent d’autres restrictions commerciales importantes au Canada, nous pourrions devoir baisser davantage le taux directeur pour soutenir la croissance économique. En revanche, si le conflit au Moyen-Orient se poursuit et que la hausse des prix de l’énergie commence à se transformer en inflation persistante et généralisée, la politique monétaire devra en faire plus. Des hausses consécutives du taux directeur pourraient alors être nécessaires ».
Dans sa déclaration à la presse, le gouverneur reconnaît que « la combinaison d’un ralentissement économique et d’une montée de l’inflation pose un dilemme pour la politique monétaire ».
PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem
Une augmentation du taux directeur pour freiner l’inflation aurait pour effet d’affaiblir davantage l’économie. Mais baisser les taux d’intérêt pour aider l’économie accentuerait le risque que l’inflation élevée devienne persistante.
« Pour le moment, maintenir le taux directeur inchangé permet d’équilibrer ces risques », a-t-il dit.
Tiff Macklem estime que « jusqu’à présent, il y a peu de signes d’une transmission généralisée des prix plus élevés de l’énergie aux autres prix à la consommation ». La Banque du Canada prévoit que le prix élevé du pétrole fera grimper l’inflation globale à 3 % dans les prochains mois, soit 1 % au-dessus de sa cible.
Le mot en « R »
Les marchés, tout comme les économistes qui suivent de près la politique monétaire, s’attendaient au statu quo sur le taux directeur.
Le fait que l’économie canadienne ait encaissé deux trimestres consécutifs de croissance négative a probablement joué dans la décision de la banque centrale de maintenir son taux inchangé, même si elle garde aussi un œil sur l’inflation en hausse.
La faiblesse de l’économie est préoccupante, dit la Banque du Canada, mais le mot récession n’apparaît pas dans son message d’aujourd’hui. Elle s’attend à une reprise modeste de la croissance au deuxième trimestre en cours.
Selon le Conference Board, qui fait autorité en matière de définition d’une récession, le léger recul du produit intérieur brut au premier trimestre de l’année, une deuxième baisse trimestrielle consécutive, n’est pas assez prononcé pour qu’on puisse parler d’une récession au Canada.
Le marché de l’emploi se porte bien, ce qui n’est généralement pas le cas en période de récession. Les dernières données de Statistique Canada, celles de mai, font état d’une création d’emplois positive et d’un taux de chômage en baisse de 0,3 point de pourcentage comparativement au mois précédent, à 6,6 %.



