Renouvellements hypothécaires douloureux: 2026 va coûter cher à plusieurs propriétaires

Le renouvellement hypothécaire frappe fort: 60% des hypothèques avec échéance d’ici 2026 entraînent déjà des hausses de paiements, parfois de plus de 400$ par mois pour de nombreux propriétaires.
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Selon la Banque du Canada, environ 60% de l’ensemble des prêts hypothécaires au pays doivent être renouvelés en 2026.
«Aujourd’hui, un de mes clients à Québec était à 1,79%. Il doit renouveler [son prêt] à 4,29 % pour son bungalow, avec encore plus de 400 000$ à rembourser. Son paiement va augmenter de près de 500$ par mois», raconte Stéphane Bruyère, courtier hypothécaire chez Les Architectes hypothécaires.
PHOTO D’ARCHIVES, DIDIER DEBUSSCHÈRE
«Et j’ai de plus en plus de clients comme lui depuis l’automne.»
«Oui, on vit le crunch en ce moment. On a beaucoup d’appels de gens qui sont avec d’autres banques et qui veulent savoir s’ils peuvent avoir mieux comme taux», confirme Roy Nakhal, courtier hypothécaire chez Multi-Prêts Hypothèques. «Et le plus gros s’en vient au printemps en plus!»
«C’est une situation qui s’accentue d’année en année. C’est un sujet assez chaud et un défi que plusieurs de nos membres vont devoir vivre», ajoute Philippe Martineau, directeur principale modernisation et performance, habitation, chez Desjardins.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Un sur trois va payer plus cher
Près du tiers des détenteurs de prêts verront leurs versements augmenter d’ici la fin de 2026, selon la Banque.
Pour la majorité, il s’agit de prêts hypothécaires à taux fixe de cinq ans contractés à l’époque des taux historiquement bas de la pandémie.
Roy Nakhal, courtier hypothécaire chez Multi-Prêts Hypothèques.
Photo Multi-Prêts Hypothèques
La Banque du Canada estime que les paiements des emprunteurs à taux fixe pourraient augmenter de 15% à 20% en moyenne par rapport à décembre 2024. À l’inverse, ceux qui sont à taux variable pourraient voir leurs versements baisser de 5% à 7%, mais ils sont beaucoup moins nombreux.
Or, au Québec, les ménages privilégient massivement le taux fixe, où plus de 85% des hypothèques sont verrouillées pour cinq ans, contre environ 75% dans le reste du pays.
«C’est presque juste des gens qui avaient un taux de 1,59% ou 1,79% et qui renouvellent au-dessus de 4%, explique Stéphane Bruyère. En ce moment, le meilleur taux fixe pour cinq ans tourne autour de 4,19%. Quand tu pars d’un taux à 1,7%, c’est un gros saut.»
Les dettes sur l’hypothèque
Pour absorber la hausse, plusieurs ménages font le même choix: refinancer.
«Un client sur deux ajoute ses dettes à son hypothèque au renouvellement», observe le courtier. Cartes de crédit, marges, prêt pour un VTT ou pour des rénovations: tout est regroupé sur l’hypothèque, souvent allongée à 25 ou même 30 ans pour réduire le paiement mensuel.
«Les gens ne sont pas si inquiets parce que leur maison a doublé de valeur. C’est ce qu’ils me disent quand ils me rencontrent.»
Se séparer coûte cher
La situation est particulièrement délicate pour les couples qui se séparent. «J’ai de plus en plus de clients qui ne peuvent pas racheter [la part de] leur ex. Les deux continuent donc de vivre ensemble, dans la même maison, même s’ils ne s’endurent plus», raconte Stéphane Bruyère.
Il cite un cas récent: un client avec une hypothèque de 400 000$ à 2%, une maison maintenant évaluée à 600 000$ et deux enfants à sa charge. Pour racheter la part de sa conjointe, il doit refinancer seul à 500 000$ au taux d’aujourd’hui. «Lui, il ne sortira pas souvent en 2026…»
Mais tout n’est pas noir pour autant. Roy Nakhal souligne qu’avec les taux qui étaient extrêmement bas depuis quelques années, les gens ont remboursé beaucoup de capital sur leur maison. «Donc le solde hypothécaire a quand même baissé depuis quelques années. La majorité des clients à qui je parle sont au courant de ce qui se passe et ils se sont préparés pour affronter ça», dit-il.
«Les gens ne mettent pas la pancarte à vendre sur le gazon pour 400$ de plus à payer par mois.»
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