Sondage Pallas Data–Qc125– L’actualité : la CAQ bonne dernière

La pause des Fêtes, la crise au Parti libéral et les commentaires de Paul St-Pierre Plamondon concernant les artistes n’ont rien fait pour changer l’humeur des Québécois à l’endroit de leur gouvernement, ni celle qu’ils ont envers le premier ministre François Legault lui-même.
Un nouveau sondage de Pallas Data, mené du 9 au 10 janvier 2026 pour Qc125 et L’actualité, indique que la Coalition Avenir Québec (CAQ) est à son plus bas niveau d’appui dans l’opinion publique, à des années-lumière du peloton de tête.
Ça va de mal en pis pour François Legault. La cote d’appréciation personnelle du premier ministre demeure à des niveaux historiquement bas, et il ne reste que six mois de vie parlementaire avant la pause estivale qui précédera la campagne électorale pour tenter de renverser la vapeur.
Pour la première fois depuis son accession au pouvoir, la CAQ figure au dernier rang, à égalité avec Québec solidaire (QS), avec 11 % des intentions de vote. Ce résultat s’inscrit dans la continuité de ce que Pallas a mesuré pour la CAQ depuis la fin de l’été 2025 (11 % en septembre, 13 % en novembre). La nouveauté, c’est que le parti n’en devance plus aucun autre.
À l’extérieur de Montréal et de Québec, et chez les francophones, la CAQ se retrouve même seule au fond du baril, derrière les solidaires.
Le Parti québécois (PQ) demeure en tête avec 34 % des intentions de vote parmi les électeurs décidés ou enclins à voter pour lui. Il s’agit d’un recul de deux points par rapport au précédent sondage de Pallas, publié en novembre — une variation à l’intérieur de la marge d’erreur —, et d’un résultat très près de la vitesse de croisière du PQ observée depuis 2024.
Le PQ est toujours en position de remporter une majorité de sièges, notamment grâce au soutien de la majorité francophone, les souverainistes trônant seuls au-dessus d’une opposition divisée avec 25 points devant le Parti conservateur du Québec (PCQ) dans ce segment crucial de l’électorat.
Le Parti libéral du Québec (PLQ), de nouveau sans chef, se classe deuxième avec 24 % d’appui. Il importe de noter que le précédent sondage de Pallas avait été mené au tout début de la crise qui a secoué la formation et qui a culminé avec la démission du chef Pablo Rodriguez. Pallas n’avait donc pas enregistré la chute d’appui temporaire observée par Léger durant cette brève mais bouillante période — une baisse de sept points de novembre à décembre. En novembre, Pallas plaçait le PLQ à 25 % à l’échelle nationale.
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Le Parti conservateur du Québec reste bon troisième avec 16 % d’appui, ce qui demeure son meilleur score depuis les dernières élections.
D’ailleurs, la formation d’Éric Duhaime est en train de grimper à l’extérieur de la région métropolitaine de recensement de Montréal : les conservateurs se classent deuxièmes en région avec 24 % des intentions de vote, 11 points derrière le PQ, tout en talonnant celui-ci dans la Capitale-Nationale. Après des mois — voire des années — de stagnation, le PCQ vient d’enregistrer ses deux meilleurs sondages consécutifs.
Finalement, à égalité avec la CAQ au quatrième rang, Québec solidaire montre une légère amélioration à 11 %, alors que dans les derniers sondages, sa cote d’amour était entre 6 % et 10 %.
Des chefs mal-aimés
Depuis l’été 2024, les sondages québécois de Pallas Data mesurent les taux d’appréciation des chefs en utilisant une méthodologie et une formulation constantes (« Avez-vous une impression favorable ou défavorable de… »), et en présentant les chefs en ordre aléatoire.
Pour François Legault, les chiffres désastreux observés à l’automne sont simplement restés les mêmes jusqu’à l’hiver, sans amélioration en vue. À l’échelle nationale, 75 % des répondants affirment avoir une impression défavorable du premier ministre, contre seulement 12 % qui en ont une impression favorable.
Sans surprise pour un premier ministre qui entame sa huitième année au pouvoir, François Legault laisse très peu d’électeurs indifférents : à peine 12 % des répondants se disent neutres à son endroit, la plus faible proportion parmi les chefs de parti. L’espace de croissance est ainsi bien restreint.
Ces piètres scores d’appréciation donnent une indication du plafond potentiel d’appui pour la CAQ. Rares sont les électeurs qui iront appuyer un parti dont ils n’aiment pas le chef. Le fait que les chiffres de François Legault soient demeurés remarquablement stables — et profondément dans le rouge — depuis le printemps dernier renforce l’impression d’un chef devenu une ancre pour sa formation politique.
Cela dit, tous les chefs — et le chef libéral présumé, Charles Milliard — récoltent davantage d’impressions défavorables que favorables. Manifestement, l’offre politique actuelle ne suscite guère d’enthousiasme dans l’électorat québécois.
Le plus « populaire », le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, obtient 35 % d’impressions favorables et 43 % de défavorables, pour une différence nette de –8. Il s’agit de son pire résultat depuis le début de ce suivi par Pallas, en 2024.
Pour les autres chefs, les scores nets d’appréciation sont beaucoup plus négatifs : –25 pour Ruba Ghazal, –41 pour Éric Duhaime et –63 pour François Legault. C’est pas chaud.
Quant à Charles Milliard, candidat à la chefferie du PLQ, 20 % des répondants ont une impression favorable de lui, contre 33 % qui en ont une défavorable. Près de la moitié (47 %) des répondants affirment toutefois avoir une opinion neutre de lui ou ne pas le connaître. Ce vaste bassin d’électeurs représente un potentiel de croissance à double tranchant : nouveau venu en politique, Milliard n’a pas encore été pleinement évalué par l’électorat, et ses performances au cours des prochaines semaines pourraient faire basculer ces opinions neutres ou incertaines d’un côté comme de l’autre.
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L’année électorale ne fait que commencer, et de nombreux chapitres restent à écrire avant que les électeurs ne se rendent aux urnes. Néanmoins, un constat se dégage de l’évolution des chiffres : le vent de face qu’ont ressenti la CAQ et François Legault durant la dernière année est en train de se transformer en blizzard. Avec un scrutin prévu en octobre, ils ne jouissent plus du luxe du temps.
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Ce sondage Pallas Data a été réalisé les 9 et 10 janvier 2026 auprès d’un échantillon aléatoire de 1 128 répondants québécois âgés de 18 ans et plus. Les données ont été recueillies par réponse vocale interactive au moyen d’appels téléphoniques sur des lignes terrestres et cellulaires. Le sondage a été commandé par Qc125. La marge d’erreur sur l’échantillon complet est de ±3 %, 19 fois sur 20. Vous trouverez le rapport du sondage ici.




