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«Notre point le plus vulnérable, c’est la sexualité»: Catherine Chabot explore le polyamour et le libertinage dans la comédie «Folichonneries»

Dans la comédie coquine Folichonneries, Catherine Chabot se met à nu, au sens propre comme au figuré, en incarnant une mère de famille qui accepte d’explorer le polyamour afin de pimenter son couple. «C’est un film qui ouvre l’esprit», confie l’actrice.

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Que fait-on quand un couple est sur le pilote automatique depuis trop longtemps? Cette question existentielle, François (Eric K. Boulianne) et Julie (Catherine Chabot) n’ont d’autre choix que de se la poser. Après 16 ans de vie commune, les parents de deux adorables fillettes ne réussissent plus à se rejoindre sexuellement. Dans l’espoir de raviver la flamme, ils décideront d’ouvrir leur couple afin d’explorer l’échangisme et le polyamour.

Eric K. Boulianne, qui a aussi coscénarisé et réalisé le film, dit avoir conçu Folichonneries avec l’intention de «ramener le cul dans le cinéma québécois». Mais pour Catherine Chabot, le film aborde surtout l’épuisement amoureux au sein d’un couple dont le désir s’est effrité avec le temps.

«Tous les couples sont confrontés à ça, observe l’actrice de 37 ans, en entrevue au Journal.

«Après de longues journées de travail, on se couche tard, on manque de sommeil, on attrape la gastro. Le quotidien, l’épicerie, faire la bouffe pour la semaine… Il y a tellement de choses qui nous occupent l’esprit. Et malheureusement, ça peut mener à une forme d’épuisement et de lassitude. C’est tellement universel. Ça me touche, et ça peut toucher tout le monde.»


Photo fournie par Entract Films

À l’heure où de plus en plus de gens se tournent vers le polyamour et le couple ouvert, le film s’interroge aussi sur la viabilité du modèle monogame.

«Est-ce que je serais capable, personnellement, d’ouvrir mon couple comme ça? La réponse est non», tranche Catherine Chabot.

«Mais il y a peut-être quelque chose à aller chercher là-dedans, ne serait-ce que dans notre rapport à la transparence et à l’honnêteté. Dans le film, les personnages osent parler de sexualité de façon très adulte, et je trouve ça très beau. Ils ont des doutes, des remises en question et avancent à tâtons, de façon maladroite, sans savoir si ça va marcher.

«Je pense qu’en 2026, on est rendus là. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable: la monogamie n’a pas nécessairement fait ses preuves. Est-ce qu’on peut réfléchir autrement? Pour moi, c’est la plus belle preuve d’amour que tu peux donner à ton partenaire, de le laisser vivre ses désirs, ses pulsions et d’autres relations amoureuses. Mais c’est très dangereux aussi. C’est un film qui ouvre l’esprit».

À l’aise dès le premier jour

Même si elle a plusieurs scènes de nudité et de sexualité dans le film, Catherine Chabot affirme s’être sentie à l’aise dès le premier jour de tournage.

«La plupart des gens qui ont travaillé sur le film sont des amis, alors je me sentais en sécurité», souligne-t-elle en ajoutant que la présence d’une coordonnatrice d’intimité sur le plateau était aussi rassurante.

«Il faut savoir que ces scènes ont été chorégraphiées en amont. On savait où on s’en allait, ce qui nous permettait d’être libres et en confiance en arrivant sur le plateau. J’ai eu ben du fun à faire ça.»


Photo fournie par Entract Films

Quand on lui demande quelle scène posait le plus grand défi, l’actrice répond sans hésiter: l’orgasme.

«Je pense que ça me gêne plus que la nudité. Un orgasme, c’est la chose qu’on a de plus intime. Je me suis posé la question: est-ce que je fais mon vrai son ou celui du personnage? Je ne voulais pas non plus que ce soit caricatural, comme dans les films pornos. C’est ce qui a été le plus vulnérabilisant pour moi.»

En accompagnant le film lors de projections et de festivals, Catherine Chabot a aussi constaté à quel point la sexualité demeure un sujet tabou.

«Je pense que c’est parfois plus intime d’en parler que de le faire. Notre point le plus vulnérable, c’est la sexualité. Ça vient chercher notre vulnérabilité et celle de l’autre aussi. Ça vient jouer dans des zones très sensibles.»

Folichonneries, à l’affiche le 30 janvier.

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