L’Iran sauvé par l’incompétence américaine

Donald Trump ment. Il ment aux chefs d’État du G7, il ment au grand public et il se ment à lui-même. Un comportement habituel pour le Donald d’Amérique. Ses mensonges cachent une réalité troublante. Les États-Unis se sont engagés dans la guerre contre l’Iran avec un manque de préparation qui devient évident à mesure que la guerre avance. Personne ne doute que l’armée américaine soit la plus formidable au monde. Encore faut-il qu’elle ait à sa tête des dirigeants qui sachent la conduire. Or, tout indique que Trump ne possède aucune des qualités d’un chef de guerre. Il ne comprend pas grand-chose à la complexité du terrain du Proche et du Moyen-Orient. Son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, infatué et sans compétence militaire adéquate, a limogé de nombreux généraux pour asseoir son autorité. Qui donc exactement mène la guerre contre l’Iran ?
1) Où apparaissent des signes d’incompétence dans la stratégie américaine ?
Que des bases américaines se fassent bombarder par l’Iran ou que des aviateurs américains meurent dans des accidents de vol est normal dans le cadre d’un conflit de grande envergure. En revanche, que les dirigeants américains aient minimisé l’impact de la fermeture plus que probable du détroit d’Ormuz dépasse l’entendement. De même, ces derniers jours, le transfert en toute hâte de systèmes THAAD d’interception de missiles balistiques, de la Corée du Sud vers le Moyen-Orient, laisse penser que les sites iraniens de lancement de missiles balistiques ne sont pas détruits. Il s’agit d’un autre signe de mauvaise préparation et donc d’incompétence.
2) Que signifie cette incompétence pour la suite de la guerre ?
Un général incompétent peut toujours être remplacé par un autre plus compétent. Cependant, quand des élus incompétents sont aux commandes, la meilleure armée au monde peut devenir incohérente. Cela jette un doute considérable sur les scénarios de sortie de guerre envisagés par Trump et sa bande de joyeux lurons. Les risques d’une radicalisation du régime sont devenus plus importants que ceux d’un effondrement de celui-ci.
3) Le régime pourrait-il tomber ?
Dans les rêves de licornes orange de Donald, la population iranienne n’aurait plus qu’à se soulever une dernière fois pour renverser le régime. Mais la population n’est pas armée et les dirigeants d’opposition sont morts ou en prison. Pire, depuis le début de la guerre, une répression féroce s’abat sur les Iraniens. Les possibilités de renversement du régime sont hélas minimes.
4) Le régime va-t-il se maintenir ?
Le maintien du régime est l’hypothèse la plus probable. Parce que l’armée américaine a sous-estimé la force de celui-ci. Pourtant, l’Iran des mollahs se prépare depuis près de 50 ans à affronter Israël et les États-Unis. Au mieux, le régime pourrait éventuellement trouver un modus vivendi avec les États-Unis. En attendant, le conflit risque de durer beaucoup plus longtemps que prévu.
5) Quelle est la réponse de Trump ?
Trump est en train de paniquer. Il vient même de lever les sanctions pétrolières contre la Russie. Voilà qui va grandement satisfaire la Chine, qui reçoit normalement une grande partie du pétrole du Moyen-Orient et qui pourra compenser ses pertes avec du pétrole russe. Une suspension temporaire et partielle des sanctions, affirme Trump. Si la guerre contre l’Iran perdure, comme cela semble de plus en plus être le cas, cette suspension risque de devenir permanente. Pauvre Ukraine. Reste à savoir comment les électeurs américains réagiront face à l’inflation et aux coûts de la guerre.


