News CA

M. Drainville, lâchez-nous avec les régions!

Entendre Bernard Drainville et des collègues caquistes parler de lui comme un gars de région et identifier la CAQ comme le parti des régions, ça fait friser les oreilles, comme on dit dans mon patelin d’origine, le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Habiter en région, ça signifie résider loin des grands centres urbains comme Québec ou Montréal, dont la réalité est bien différente. C’est vivre dans le Bas-Saint-Laurent, en Abitibi, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine, sur la Côte-Nord, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et j’en passe.

Ça veut dire qu’on habite ces joyaux québécois, des endroits dont on doit prendre soin en raison de leur éloignement, mais aussi parce qu’on y trouve le réservoir de richesses naturelles du Québec.

Pour de nombreuses raisons, le gouvernement du Québec doit supporter ces gens qui colorent et enrichissent notre paysage, avec leurs accents variés et l’accueil chaleureux qui les caractérisent.

Il doit supporter ces régions et s’assurer de contribuer à maintenir leur vitalité.

Élu de la ville

Bernard Drainville, lui, habite à Saint-Augustin-de-Desmaures, à quelques minutes de Québec, capitale nationale et deuxième plus grande ville. Il est aussi député caquiste de Lévis, situé juste en face de Québec.

Je ne vois pas en quoi il peut se permettre, comme il le fait, de s’autoproclamer comme la voix des régions dans une éventuelle course à la chefferie de la CAQ.

Je le souligne: Bernard Drainville est un individu très humain que j’ai beaucoup aimé côtoyer dans le monde de la radio, comme collaboratrice. C’est aussi quelqu’un qui travaille très fort et qui a consacré jusqu’à maintenant de nombreuses années à la politique. Ça mérite d’être souligné et salué.

Cela étant dit, ce dévouement ne devrait pas être un passe-droit pour instrumentaliser les régions du Québec. Car depuis bientôt huit ans, la CAQ n’a pas particulièrement brillé pour s’être préoccupée de leur sort.

Nombreux exemples

En mai dernier, les cinq préfets de l’Abitibi-Témiscamingue se sont d’ailleurs présentés à l’Assemblée nationale en réclamant une hausse des investissements publics chez eux.

Ils ont déploré d’avoir été oubliés par la CAQ qui avait pourtant fait élire trois députés dans trois circonscriptions de ce territoire. L’un d’eux, Pierre Dufour, a d’ailleurs été évincé de la CAQ après avoir exigé que l’Abitibi soit représentée au Conseil des ministres.

Le fait que le premier ministre se soit depuis attribué la responsabilité de ce secteur ne s’est pas traduit par les gestes attendus.

Plus récemment, la députée de Rimouski, Maïté Blanchette Vézina a claqué la porte de la CAQ pour siéger comme indépendante, déplorant le «manque de vision claire pour les régions» et le peu de place qui leur est accordée, avec une centralisation évidente.

Sur la Côte-Nord, les citoyens réclament depuis des décennies leur premier lien, pour des raisons de sécurité économique qui, dans ce cas, ont tout à fait du sens. On y trouve 25% des ressources naturelles du Québec, et l’enjeu du transport et de l’accessibilité est une préoccupation majeure, constante et vitale.

Ce ne sont là que quelques exemples patents.

Alors M. Drainville, de grâce, pour paraphraser vos propos sur les GES: lâchez-nous avec votre discours boiteux et électoraliste sur les régions.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button