Autobus scolaires | Le signal d’arrêt trop souvent ignoré, déplorent les transporteurs

Chiffres à l’appui, la Fédération des transporteurs par autobus (FTA) déplore qu’encore trop d’automobilistes omettent de s’immobiliser lorsqu’un autobus jaune déploie son signal d’arrêt pour faire monter ou descendre des écoliers. Et plusieurs de ces contrevenants sont des conducteurs susceptibles d’avoir des enfants en âge scolaire.
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6 h 37
En ce début de la 38e campagne de sensibilisation pour la sécurité en transport scolaire, la FTA diffuse lundi le nombre de contraventions remises pour non-respect du panneau d’arrêt des autobus au Québec.
Selon des données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), le chiffre s’élevait à 939 en 2024, soit un bond de 15 % par rapport à 2020. Cette année-là, un peu plus de 800 constats avaient été remis pour ce type d’infraction.
Le nombre de contraventions à ce chapitre en 2024 a toutefois été un peu moindre comparativement aux trois années précédentes. En 2021 et 2022, on dénombrait autour de 1000 constats, avant de redescendre à 945 en 2023, toujours selon des statistiques de la SAAQ.
Néanmoins, sur la route, les chauffeurs d’autobus scolaire observent plusieurs fois des conducteurs qui font fi du signal d’arrêt avec les feux clignotants, et qui ne sont pas interceptés par la police, soutient le président-directeur général par intérim de la FTA, Luc Lafrance, en entrevue.
« Au-delà des chiffres que nous rapporte la SAAQ, il y a aussi les transporteurs qui nous disent que leurs conducteurs leur rapportent presque tous les jours des situations où des automobilistes n’ont pas respecté le bras d’arrêt », relate-t-il.
Ce qui surprend davantage M. Lafrance au regard des statistiques de la SAAQ, c’est l’âge d’une importante proportion des contrevenants. Les conducteurs âgés de 25 à 44 ans ont représenté près de 52 % des personnes ayant commis cette infraction. Il s’agirait d’une hausse de 26 % depuis 2020.
« C’est l’âge cible de parents d’enfants qui sont en âge scolaire primaire ou secondaire. Donc, c’est aussi très inquiétant », note M. Lafrance.
Les facteurs expliquant pourquoi tant d’automobilistes enfreignent cette règle peuvent être multiples : distractions au volant ou parents pressés après avoir reconduit leurs enfants à l’école, par exemple, avance M. Lafrance. Ce qui ne constitue pas des excuses valables, précise-t-il.
Il ne croit pas cependant que ce soit en raison d’une méconnaissance de la réglementation, qui existe depuis de nombreuses années.
« Elle est en place, je dirais, depuis qu’on fait des campagnes de sécurité. […] C’est quand même bien connu que cette infraction-là est quand même importante. C’est neuf points d’inaptitude que l’automobiliste perd à son permis de conduire. Et c’est quand même une amende de 300 $. Donc, il faut y songer à deux fois avant de ne pas respecter les feux clignotants », plaide-t-il.
La FTA mettra tout de même l’accent cette année sur l’importance de respecter le signal d’arrêt des autobus scolaires, dans le cadre de la 38e campagne de sensibilisation intitulée « M’as-tu vu ? ».
« Les élèves, lorsqu’ils embarquent ou débarquent de l’autobus scolaire, ils sont souvent plusieurs à le faire en même temps. Ils sont souvent indisciplinés, ils vont traverser sans regarder, sachant qu’ils le font en toute sécurité parce qu’il y a des feux clignotants », expose M. Lafrance.
« C’est important, lorsqu’on est automobiliste à proximité d’un autobus scolaire, d’être toujours vigilant, de surveiller les feux clignotants et de surveiller s’il n’y a pas des enfants qui pourraient surgir rapidement entre deux voitures ou devant l’autobus », poursuit-il.
Au cours de cette semaine de sensibilisation, il y aura différentes initiatives menées par des transporteurs et centres de services scolaires afin de rappeler les comportements sécuritaires en présence d’autobus scolaires.
La FTA indique qu’au cours des 18 dernières années, trois écoliers ont été mortellement impliqués dans un accident aux abords d’un autobus scolaire.



